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AVANT-PROPOS

La Monographie des Gomphines que nous offrons au public entomologique , est faite sur le même modèle que celle des Caloptérygines, qui a paru en 1854 (1). À cette même époque, en présentant un Synopsis des Gomphines (2), qui est le prodrome de notre travail actuel, je pensais que ce dernier serait imprimé en 1855. La principale cause du retard que nous avons éprouvé à cet égard , provient

, du désir de perfectionner notre œuvre, et de la nécessité de com-

parer et de décrire les objets nouveaux , qui n’ont pas cessé de nous parvenir, gràce au concours obligeant de la plupart des entomologistes.

Les Gomphines, dans les ouvrages de Linné, font partie de son grand genre Libellula sous les noms forcipata et vulgatissima , les deux seules espèces que le célèbre naturaliste suédois ait décrites.

(1) Tome IX des Mémoires de la Société Royale des Sciences de Liége.

(2) Tome 21 des Bulletins de l'Académie Royale de Belgique.

258 Eox. De Seys Lonccnamps, — Âfonograplhie

Fabricius les plaça dans le genre Æschna démembré des Libellula, en ajoutant une espèce exotique, et en laissant, fauie de la bien connaitre, la vulgalissima dans l’ancien genre , ce qu'imita Latreille par le même motif. Ce dernier fit cependant connaitre une espèce nouvelle, sous le nom d’Æschna annulata.

Jusqu'à ce moment on en était resté à la subdivision de Geoffroy en trois genres : Libellula , Æschna et Agrion, qui forment aujourd'hui les types des trois familles d'Odonates. Leach créa plusieurs nouveaux genres et entre autres aux dépens des Æschna "ceux de Gomphus , Cordulegaster et Petalura.

Vander Linden, en 1825, sectionnant les Æschna d’après la position des yeux , contigus ou non, pensa qu'on pourrait former un genre de ceux qui ne les ont pas contigus, en adoptant pour eux le nom de Petalura, mais il n’y plaçait pas les Cordulegaster , parce que leurs yeux se touchent par un point.

De Haan et Vander Hæven, divisant les Odonates d’après un caractère nouveau, la forme des triangles discoïdaux des ailes , sont arrivés également à réunir les Gomphines sous le nom nouveau de Lindenia, que j'ai remis en activité depuis pour désigner un genre que j'ai démembré des Gomphus.

Le professeur Burmeister (1859) a pris pour caractère la position des yeux, de sorte qu’en constituant pour les Gomphines le genre Diastatomma (Charp.) il a, comme Vander Linden, laissé les Cordulegaster avec les Æschna ; il s’est en outre trompé, en donnant pour caractère commun avec les Æschna, la lèvre inférieure fendue, qui ne se trouve que chez la gigantea parmi les dix espèces qu’il signale.

Le docteur Rambur (1842) est entré dans la voie véritable, en prenant comme caractère de sa famille des Gomphides, pour la séparer des Æschnides , les yeux à peine contigus ou éloignés l’un de l'autre, ce qui lui a permis d'y comprendre les Cordulegaster. Il a décrit trente espèces, divisées en sept genres. Les caractères des divisions principales dans son tableau synoptique sont si clairs et si naturels, que c’est au même résultat que nous sommes arrivés, après avoir étudié consciencicusement tout ce groupe sans parti pris

des Gomphines. 259 à l'avance. Deux ans auparavant (1840) dans la Monographie des Libellulidées d'Europe, j'avais déjà, il est vrai, formé la même agglomération naturelle, mais sur le caractère des appendices anals des mâles en tenaille, qui n’est plus juste pour tous les groupes que j'ai connus depuis.

En 1854 , dans le Synopsis des Gomphines, j'ai divisé cette sousfamille que je subordonne à la famille des Æschnides, en cinq légions, seize grands genres, et trente-cinq sous-genres, parmi lesquels j'en ai créé vingt-huit. Le nambre des espèces est porté à cent dix-sept, y compris celles qui ont été découvertes et nommées par mon collaborateur le docteur Hagen. Donner aujourd'hui des diagnoses serait répéter ce qui se trouve dans le Synopsis, que voudront sans doute avoir sous les yeux ceux qui liront la fonographie des Gomphines , dans laquelle nous décrirons 57 sousgenres et 125 espèces malgré la suppression de quelques coupes sousgénériques , et de quelques espèces qui ne nous ont pas paru assez tranchées.

Je crois inutile de répéter ici ce que j'ai dit dans la Monographie des Caloptérygines (avant-propos) sur la manière d'entendre les mots genre et sous-genre, sur les larves, sur les mesures employées, sur Îles collections classiques acquises ou consultées, sur les communications reçues et enfin sur la part respective de travail qui appartent à M. Hagen et à moi.

Il m'est impossible cependant de ne pas me féliciter hautement d'avoir encore pour collaborateur le docteur Hagen, et de ne pas exprimer de nouveau avec lui notre vive reconnaissance à ceux qui ont continué à nous favoriser de leurs précieuses communications , comme à ceux qui nous en ont fait pour la première fois.

Ce sont principalement :

Paris : MM. Millnes Edwards, Blanchard, Lucas, Gucrin- Méneville, Sichel et Signoret.

Londres : MM. A. White, Smith, Dale, Fr. Walcker.

à Leyde : MM. Herklots et Snellen Van Vollcuhoven.

Francfort : MM, Ed. Rüppel et Von Heyden.

Len} ©

SE

260 Eos. De Sezvs Lonccnawps. — Monograplue, etc.

à Wisbaden : M. Kirschbaum.

à Berlin : MM. Hopfer, Schaum et feu M. Klug. à Halle : M. Burmeister.

a Vienne : M. Kollar.

à Breslau : M. Schneider.

à Lunébourg : M. Heyer.

& Hambourg : M. Thorey.

à Altona : M. Sommer.

à Stettin : M. Dohrn.

à Zurich : M. Heer et feu M. Escher Zollikofer. à Copenhague : M. Schiodte.

a Stockholm : M. Boheman.

à Bruxelles : Ja Direction du Musée,

Avec le concours efficace de tant d'hommes haut placés dans la science, nous serions blämables de laisser inachevée l'Histoire des Insectes Odonates. Voilà deux sous-familles terminées : nous espérons publier dans quelque temps les trois ou quatre autres qui restent à décrire.

Liége, 20 novembre 1856.

Epx. DE SELYS LONGCHAMPS.

MONOGRAPHLE

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