VI. Différences spécifiques
» Pour les groupes : le front, la vésicule du vertex, les appendices, les parties génitales. Le dessin, les couleurs. Le contenu du triangle. Le ptérostigma.
» Pour les espèces : les feuilles de l'abdomen, les appendices, surtout le bout des supérieurs , les hamecons des mâles et l’écaille des femelles.
» Le dessin de la tête, du thorax, de l'abdomen. »
La légion des Lindénies se compose de 16 espèces, toutes des contrées chaudes de l’ancien monde; une seule , la Lindenia, touche à nos confins par l'Italie et une autre (Cacus) à l'Océanie.Gette dernitre aurait aussi été trouvée à la Guyane, d'après des renseignements qu’on me permettra, jusqu'à preuve nouvelle, de eroire douteux,
Nous avons vu la légion des Gomphoïdes s'éloigner de celle des Gomphus par ses triangles divisés. Celle des Lindénies s’en distingue par le même caractère, et en plus par la présence d'une membranule distincte , qui la sépare des unes et des autres. La lèvre inférieure non fendue distingue les Lindénies des trois légions suivanies,
Toutes les espèces sont de grande taille.
Elles se divisent naturellement en deux grands genres analogues aux deux de la légion des Gomphoïdes.
$ 1. Pieds très-courts.
Le genre Diastatomme (analogue au G. Gomphoïde.)
$ 2. Pieds longs, robustes.
Le genre Lindénie (analogue au G. Hagénius.)
J'ai formé pour les genres, sous-genres, groupes et espèces de la légion , le tableau suivant :
D14 Eox, De Sezys Loxccuamrs. — Monographie
GENRE VI, — DIASTATOMME (prasrarommaA), De Selys, ex-Burm.
Synonymie. ÆscrHNa. Pal. Beauvois.
DrastTatTomMma. Burm. Ramb, (Pars). De Selys, Syn.
Membranule petite, nervule interne du ptérostigma non prolongée jusqu’aw secteur principal. Trois cellules dans le triangle interne des ailes supérieures, quatre dans les discoïdaux. Celui des supérieures suivi de trois cellules, puis de deux rangs.
Vésicule du vertex peu développée , à bouts arrondis; pas d'impression séparant la lèvre du rhinarium. Face noire marquée de jaunâtre ; thorax noirâtre avec une bande médiane large, fourchue, et trois raies latérales étroites, isolées, jaunâtres. Pas de feuilles au 8° segment, les 9° et 10° moitié plus courts, plus larges. Pieds très-courts.
o* Occiput élevé, presque arrondi.
Pieds noirs, fémurs en partie bruns en dehors. Appendices anals supérieurs presque deux fois aussi longs que le 10° segment, brisés en crochets convergents; l’inférieur beaucoup plus court , complètement fourchu, formant deux pointes écartées, penchées l’une vers l’autre.
L'espèce connue, D. tricolur, est de la côte occidentale d'Afrique. M. Hagen ajoute les notes suivantes :
» Front peu avancé, presque rétréci comme chez les Gomphoïdes ; thorax court; sinus antéalaires grands , à bout très-aigu, tourné en dehors et en haut. Secteurs de l’arculus naissants presque du même point. Bouche comme celle des Ictinus.
Moitié apicale des oreillettes libre, le bord dentelé. Le bord apical du 1° segment en dessous manque. Pièce antérieure un peu enfoncée, courte, largement échancrée, Bord ventral du 2° segment un peu ondulé, longé par un petit bourrelet qui s’en détache un peu postérieurement. Hameçons et gaîne du pénis peu proéminents ; les antérieurs tout.h-fait cachés en lame aplatie, un peu excavée vers le bout en dedans, une fois plus longue que large, à bout obtus, obliquement tronquée en dessous ; les postérieurs un peu plus grands, la base plus large, digitiforme, un peu courbée, obtuse ; gaîne petite, triangulaire, tronquée en avant en | forme de carène, ne couvrant pas le pénis. Le dernier article de celui-ci droit, avec une dépression allongée en dessus, élargi au milieu, atténué ensuite, le | bout échancré bifide, à glande courte , carrée, échancrée, Cuillère à bout tron- |
qué large. Toutes ces parties peu villeuses.
M, Hagen aurait désiré que la Diastatomma füt placée parmi les
des Gomphines. 515
Gomphoïdes, à cause de la vésieule verticale, des pieds, de la membranule, de la courbure des appendices supérieurs.
Je conviens que €cs caractères sont plus voisins de ceux des Gomphoïdes que de ceux des Lindénies, mais j'ai conservé cependant ma première manière de voir par les motifs suivants :
4° La patrie (ancien monde). M. Hagen pourrait répondre qu'il a bien fallu s’en écarter pour le Sieboldius. Je fais observer que là il semblait y avoir évidence; qu’une exception vaut mieux que deux, et qu'’enfin il faudra étudier de nouveau ce Sieboldius.
2° La membranule est petite, il est vrai, mais bien plus visible que chez les Gomphoïdes. C’est le caractère de la légion, et il permet de conserver les relations géographiques.
3° La longueur äes pieds n’est pas pour moi un caractère de lésion, les Hagenius ayant les pieds forts, quoique Gomphoïdes.
4° La vésicule encore moins.
5° Les appendices anals non plus.
Is diffèrent d’ailleurs tout autant, par leur brisement, des Gomphoîides à appendices courbés, que des Lindenia à appendices presque droits; les Zonophora, d'ailleurs, ont lesappendices presque droits. Ceux de la Diastatomma n'ont d’analogues que chez les Phenes (Légion des Pétalures).
6° La stature et la réticulation des ailes sont celles des Lindenia, excepté la nervule interne du ptérostigma, qui est moins importante que les triangles.
Il n’en est pas moins vrai que la Diastatomma est celle d’entre toutes qui se rapproche le plus des Gomphoïdes.
Il est curieux de remarquer que l'Hagenius de la légion des Gomphoïdes, qui se rapproche le plus des Gomphus selon M. Hagen, ou des Lindénies selon moi, est peut-être le moins voisin des Diastatomma parmi tous , ses appendices anals n'ayant d’analogues que dans Ja légion des Cordulégasters. -
Ces exemples se reproduisent dans beaucoup de genres prétendûment oscillants parmi d’autres classes (mammifères, oiscaux,ete.), et ils ont servi très-bien à M. Waterhouse (classif. des mammifères), pour démontrer que, lorsque des familles sont réellement naturelles, les prétendus passages de l’une à l'autre sont plutôt apparents que réels.
On peut citer entre autres cet exemple: Le Phascoleme, celui des Marsupiaux qui approche le plus des Rongeurs, diffère totalement du Lagostome, celui des Rongeurs qui approche le plus des Marsupiaux,
6 Evo. De SeLvs Lonccaamrs. — Monographie