‹ Monographie de gomphinesChapitre 142 sur 190 · SECONDE SOUS-DIVISION · texte numérisé non relu

SECONDE SOUS-DIVISION

VACUIBASES (vacuIBAsÆ).

Espace basilaire libre. Triangle discoïdal des inférieures à côté interne plus court que les autres. Ecaille vulvaire de la femelle divisée en deux lames con-

tiguës, beaucoup plus longues que le 9° segment.

Cette sous-division se compose de deux Légions, caractérisées par la position des yeux , contigus par un point ou non, confirmée par la forme de l’écaille vulvaire. L'une et l’autre Légion ont des rapports marqués avec la sous-famille suivante (Æschnines), dont nous ne nous occupons pas dans ce volume.

Sous le rapport de la position des yeux, se touchant par un point, les Cordulégasters ressemblent davantage aux Æschnes, tandis que les Pétalures les imitent tout-à-fait par les lames vulvaires, Caractère trés-important, qui m'a décidé à placer cette Légion Ja dernière de toutes. Il est à regretter que l’écaille vulvaire des Pétalies soit encore inconnue.

Be LÉGION. CORDULEGASTER.

Yeux contigus par un point, ou à peine séparés l’un de l'autre. Membra- P ra p

pule des ailes assez grande. Ptérostigma médiocre ou long, assez mince. Lames vulvaires des femelles droites, longues, simples, non garnies de valvules

externes.

Ces insectes habitent l’Europe, l'Asie et l'Amérique. Ils ont à

peu près le vol et les proportions des Æschnes. Le thorax, qui est |

velu , porte un système de coloration fixe; 1l est noir avec deux bandes en avant , et deux de chaque côté jaunâtres,

Le détail des généralités, par M. Hagen, se trouve plus haut, |

dans l'exposé des Fissilabiées.

Je divise la Légion en deux grands genres, d’après la proportion du front, moins élevé, ou aussi élevé que l’occiput, les ailes sans taches, ou avec des points costaux opaques ; et les mâles à appen-

dices dentés ou non, et à fémurs postérieurs dentés d'un côté ou ciliés de tous les deux (1).

(1) Dans le Synopsis j'avais considéré la Thecaphora comme un grand genre,

GENRE IX. — CORDULEGASTER (coRDULEGASTER), Leach.

Æscawa, Latr. — Burm.— Charp. 1825. — Vander L.

Leerruca, Harris. — Scopoli.

CorpureGasrer, Leach, Edinburg Encyclop. 1815. — De Selys. — Ramb.— Hagen. — Steph. — Evans, — Curtis.

THecapnorA, Charp.

Corpyrecasrer, Billberg.

Front ordinaire, moins élevé que l’occiput; yeux contigus par un point, ou à peine séparés; antennes à soie articulée. Lèvre inférieure fendue et échancrée au bout.

Ailes non tachées ; ptérostigma mince.

o" Appendices anals supérieurs presque droits , dentés en dessous; l’inférieur presque égal, plus ou moins en quadrilatère.

Les quatretibias postérieurs ciliés en dedans, denticulés en dehors.

Q Lames vulvaires au moins aussi longues que le bout de l’abdomen, conti-

guës, Tous les tibias semblables, ciliés des deux côtés.

Les Cordulégasters se distinguent des Æschnes par les yeux contigus par un point seulement, les triangles plus courts, plus simples, et la vulve. Ils ont la stature et la coloration des Libellulidées du genre Macromie, mais on les en sépare de suite par les yeux à peine contigus , ct la lèvre inférieure fendue.

Les Cordulégasters se divisent en plusieurs groupes, auxquels on peut attribuer une valeur plus ou moins grande, selon la manière de voir de chaque auteur.

4° Dans le Synopsis des Gomphines , considérant l’importance de la position des yeux, j'avais cru pouvoir établir un grand genre pour la seule espèce qui les a légèrement distants. — J’en avais formé le genre Thecaphora, en me servant de ce nom, maintenant sans emploi, donné par Charpentier aux Cordulégasters.

Aujourd'hui , d'accord avec M. Hagen, je ne considère plus la Thecaphora que comme un sous-genre, qui est jusqu'ici le seul représentant du G. Cordulegaster dans l'Amérique méridionale.

re

Parce que ses yeux ne sont pas tout-à-fait contigus, Je pense aujourd’hui que ce Caractère n’est pas assez tranché, pour que l’on puisse lui attribuer cette valeur.

378 Eou. De Sezrs Lonccnamps. — Monographie

2° Dans le même Synopsis , j'ai subdivisé les Cordulegaster proprement dits en quatre sous-genres : Anotogaster — Thecagaster — Cordulegaster — Tœniagaster.

L’absence d’oreillettes, et le bord anal des aïles du mâle arrondi m'ont paru un caractère assez important, pour isoler deux espèces sous le nom d’Anotogaster. Le sous-genre est du Nord de l'Inde.

Les groupes restants ont des oreillettes, et le bord anal des seeondes ailes du mâle est droit ou excavé. Ce sera le sous-genre Cordulegaster, dont je n’isole plus les Thecagaster ni les Tœniogaster.

J'avais fondé les Thecagaster sur le caractère de la lèvre inférieure large, peu fendue.

M. Hagen n’est pas d’avis de maintenir le titre de sous-genre à ce groupe, qui a besoin, en effet, d'être de nouveau étudié et qui habite l'inde.

Les Tœniogaster étaient établis sur une espèce de l'Amérique septentrionale, qui diffère des autres par les taches jaunes de l'abdomen, qui forment une raie dorsale; son occiput relevé en pointe; le derrière des yeux jaune, et les fémurs roussâtres.

Malgré le facies notable de cette espèce (ubliquus),j’adopte d’au-

tant plus volontiers l'opinion de M. Hagen, qui supprime le sous-

genre, qu'il a distingué depuis, sous le nom de dorsalis, une espèce

voisine,égalem ent américaine, chez qui l’occiput n’est pas relevé”

en pointe, et dont les taches dorsales ne forment pas une strie.

En décrivant plus bas ces différents sous-genres et groupes, je signalerai les autres caractères qui servent à les distinguer, et no-* tamment la largeur relative des ailes, le volume des yeux, les formes des appendices anals des mâles, la couleur du derrière des yeux et des fémurs , les marques jaunes de l’abdomen en raie dor-M sale , en taches dorsales, en demi-anneaux, ou en anneaux, et en-M

fin en taches latérales.

J'extrais ce qui suit des remarques de M. Hagen :

& L'article second des palpes de la Ièvre inférieure est denticulé intérieure="

ment, structure jusqu'ici unique chez les Odonates ; la lèvre supérieure montre“

à la base, en dedans, deux pinceaux comme chez les Æschna; la soie des antennes est articulée, la vésicule du vertex petite, et les yeux par leur échane Ê crure l’enchâssent ; les quatre pieds postérieurs ont les tibias en scie en dedans chez le mâle; le côté interne du ptérostigma non prolongé, le secteur supérieur

du triangle presque droit; les parties génitales du mâle semblables dans toutes

des Gomphines. 579 les espèces. La vulve est intermédiaire entre celle des Gomphus précédents et celle des Petalura, qui l'ont comme les Æschna.

» II manque encore le développement excessif de la plaque ventrale dn 9° segment, qui forme chez les Æschnes les lames latérales, et, au lieu de leur palpe terminal mobile, on voit seulement un pinceau de poils, mais en revanche la plaque ventrale du 8e segment montre deux lames contiguës très-longues, et la base du 9° porte deux lames semblables, mais plus petites (non denticulées comme chez les Æschnes); entre la base de ces quatre lames se trouve l’ouverture de la vulve. La nervule transversale qui ferme en dedans le triangle interne, est ordinairem ent faible.

» M. Burminster s’est trompé en disant (page 836) que le second article des palpes de la lèvre inférieure n’a pas de dent apicale près du troisième article.

» Cette dent est mince, longue, courbée en dedans.

» La description de Rambur est juste, si ce n’est que la lèvre inférieure est de la longueur du second article des palpes, et non un peu plus longue, comme il le dit. »

SOUS-GENRE. — THECAPHORE (rnecapaonA), De Selys, ex Charp. Syn. Genre Thecaphora , De Seiys Syn. Gomph.

Aïles assez larges, à réticulation serrée. Triangles dicoïdaux libres ou ds deux cellules, les internes libres. Ptérostigma médiocre: yeux non contigus, mais très-rapprochés; occiput non élevé. Lèvre inférieure plus longue que large, bifide.

Abdomen noirâtre, à taches latérales subconiques , jaunes. Pieds noirs, assez

longs.

© Appendices anals supérieurs dolabriformes, assez étroits, avec une seule

dent médiane en dessous; l’inférieur presque carré, plus large que long, et plus large au bout qu'à la base; des oreillettes au 2e segment; bord anal droit,

L'espèce connue, Th. diastatops , est de la Colombie, et par conséquent le seul Cordulégaster de l'Amérique méridionale.

Elle diffère des autres Cordulégasters par ses yeux un peu séparés, et par les taches jaunes de l'abdomen, qui sont latérales.

J'ai expliqué plus baut pourquoi je ne regarde plus cette coupe que comme un sous-genre.

580 Eon. De Seuts Loncchamps, — Monographie:

Page 1