‹ Monographie de gomphinesChapitre 160 sur 190 · PETALURA GIGANTEA, Leach · texte numérisé non relu

PETALURA GIGANTEA, Leach

PÉTALURE GÉANTE:

Syn. Petalura gigantea; Leach. Zoo]. mise. 41. 95. tab. 95. — Ramb. page 180.—

De Selys, Syn. n° 115.

Diastatomma gigantea ; Burm. n°9.

Dimensions. Longueur totale o" 88-97nm Q 82-95mm Abdomen 64-73 58-69 Appendices supérieurs 6 1 Largeur de l’append. supér, 5 Appendice inférieur 2 4f2 Largeur de la tête 11-12 12-13

— dufront 6 7 Fémur postérieur 12-13 12-13 Aïle supérieure 54-58 - 56-60

— inférieure 52-56 54-58 Largeur de l’aile supér. 11-12 11-12

— — infér. 13-15 13-14

Ptérostigma des supér. 9 11 — des infér. 10 11 4/2

o* Tête jaune, à villosités blanc grisâtre; mandibules noires; bord de la lèvre supérieure un peu brun en avant , sa base avec un point médian noirâtre. Rhinarium et nasus brun foncé, bordés de noir en avant; la même couleur brun foncé formant une bande transverse sur le devant du front contre le nasus. Front très-saillant , légèrement échancré et arrondi dans sa partie saillante, avec une bande basale noïre devant les ocelles en dessus, un peu saillante au milieu, où elle est échancrée. Vertex noir, occiput brun, épais, renflé en arrière, un peu arrondi en dessus, très-velu, couvert de petites pointes noires; une grande tache supérieure noirâtre derrière les yeux, contre l’occiput. Yeux brun clair.

Prothorax très-velu, noirâtre, son bord basal et le milieu du postérieur jaunes ,une tache jaunâtre au milieu.

Thorax très-robuste, velu, brun foncé, marqué de jaunâtre ainsi qu'il suit: Deux bandes dorsales, à peine séparées par l’arête qui est noire, un peu rétrécies vers les sinus qu’elles touchent, et qui sont jaunâtres, bordés finement de noir. Deux bandes obliques sur chaque côté du thorax, la première, médiane, traversant le dos entre les aïles; la seconde avant le bord postérieur, aboutissant après les secondes ailes ; la poitrine jaunâtre après les pieds,

Abdomen très-long , cylindrique, un peu plus épais à la base, diminuant in-

des Gomplhines. 627 sensiblement ensuite, sans étranglement. Les bords des &e et 9€ segments à peine dilatés en dessous; les deux premiers segments velus ; oreillettes peu saillantes, mais marquées en arrière par un sillon transversal profond. Couleur de l'abdomen brun jaunâtre; le dessous, une bordure rugueuse sur les côtés noirs, ainsi que l'articulation postérieure des 2e,3e, 4e, 50,66, 78 et la fine suture médiane des mêmes segments, chez lesquels le brun du dessus passe au noir vers leur extrémité. Les huit premiers segments marqués d’une strie étroite dorsale jaune, interrompue aux articulations; le 99 jaune en dessus; le 10° noir, son bord postérieur et un point basal dorsal jaunes; le bord postérieur rabattu, avancé, arrondi au milieu, x dentelures brunes sur les côtés.

Appendices anals supérieurs écartés, étroits et noirâtres à la base, où ils for. ment en dessous une forte dent aiguë; ils se dilatent immédiatement ensuite, en une très-large feuille membraneuse brune, plate, mince, subcarrée, grossièrement arrondie; le bord interne, un peu plus long que le 10€ segment, est jaunâtre, un peu plus épais, un peu courbé en dedans, et semble la tige normale des appendices, où la feuille prend naissance sur les côtés et au bout; celle-ci plus longue que les deux derniers segments, est d’abord droite, divariquée, plus arrondie en dehors; le bout coupé presque à angle droit, avec l'extrémité du bord interne.

Appendice inférieur jaunâtre, plus long que le 10e segment, plus épais et recourbé en haut à son extrémité, qui est aplatie, fortement élargie, et formant une pointe noirâtre de chaque côté ; le bout un peu arrondi au milieu; où il forme aussi une très-petite pointe.

Pieds noirs un peu pruineux, très-longs, à épines très-courtes.

Aiïles hyalines, presque incolores; réticulation brun foncé; costale jaune en dehors ; ptérostigma très-long , très-mince, non dilaté, brun noirâtre , surmontant 8 cellules. Bord anal très-excavé, l'angle aigu. Membranule très-étroite, blanchâtre, triangle discoïdal des ailes supérieures formant un angle très-aigu , tourné en bas, le côté supérieur étant presque moitié plus court que les deux autres. Deux transversales entre le côté interne et l'externe, qui est suivi de 3-4 cellules, puis de deux rangs. Le triangle interne de 3 à 6 cellules, plus grand que le discoïdal. Triangle discoïdal des inférioures court, traversé par une veine; l’interne libre, encore plus petit; 18-21 antécubitales aux supérieures, 14-16 aux inférieures ; 8-12 postcubitales aux quatre ailes.

Q Elle est colorée comme le mâle, si ce n’est que la bande noirâtre de la base du front n’est pas échancrée ni prolongée au milieu, et que le 8e segment et le 9° sont noirâtres, avec une bordure basale, une terminale étroite, et une strie dorsale jaune ; la première interrompue en dessus:

L’abdomen est un peu plus court, plus épais; le 9° et le 10° segments sont relevés en haut, le 9° très-tronqué et étroit en dessus, où il n’a que la moitié du

8e ; le 10€ de même forme, mais encore plus court, noir, à bord supérieur brun, droit,

623 Epx. De Sezvs Loxccuaurs. — Monographie

Appendices anals supérieurs noirâtres, très-écartés, un peu plus longs que le dernier segment, coniques, à pointe obtuse.

Lames vulvaires brunes, en partie roussâtres, arquées vers Le haut, minces, pointues, contiguës, dépassant lo bout de l'abdomen.

Pieds noirs.

Ailes inférieures un peu plus étroites à la base, dont le bord anal est arrondi.

Réticulation semblable, mais trois rangs de cellules postrigonales.

HPaé£rie. La Nouvelle-Hollande , d’après un grand nombre d’exemplaires mâles et femelles, reçus de la Nouvelle-Galle du Sud.

Cet insecte, l’un des plus grands Odonates connus, a quelques rapports avec le Cordulegaster obliquus , par sa coloration.

Il s’en distingue de suite par la direction du triangle des ailes supérieures , le ptérostigma , les yeux non contigus, les appendices du mâle , les lames vulvaires de la femelle.

SOUS-GENRE II. -— UROPÉTALE (urorerara), De Selys. Petalura, Ad. White; De Selys, Syn.

Soie des antennes articulée,

Triangle discoïdal des ailes supérieures divisé en trois cellules, dont deux supérieures. Le côté supérieur un peu plus long que l'intérieur, l'extérieur le plus long.

co Appendice anal inférieur non échancré, un peu plus court que les supé-

rieurs, non dilaté en feuille.

Ce sous-senre diffère des Pétalures proprement dites, en ce que le triangle discoïdai des ailes supérieures et l’appendice anal inférieur des mâles, reprennent la forme normale des Gomphines.

M. Hagen vient de reconnaitre chez la Carrovei un caractère important, qui légitime encore la séparation que je propose ; c’est la soie des antennes, qui est articulée, tandis que chez la gigantea on ne distingue aucune division (1).

(1) Antennes de la U. Carrovei: article basal cylindrique, court; le 2° un peu plus long, arrondi et aminci au bout; la soie articulée ayant son 1°7 article un

Les deux espèces sont assez différentes pour constituer deux groupes d’un rang inférieur , d’après la forme des appendices anals des mâles.

1er GROUPE (U. Carovei.)

o* Appendices anals supérieurs très-dilatés en feuilles, avec une dent médiane

en dessous. L'inférieur en triangle allongé, mince et échancré à son extrémité.

L'espèce connue, U. Carovei, de la Nouvelle Zélande, a la stature, la coloration et les appendices supérieurs des mâles des vraies Pelalura ; aussi est-on tout surpris de rencontrer une si notable différence dans la construction de la soie des antennes, dans fa forme du triangle discoïdal et dans celle de l’appendice inférieur.

Qme GROUPE (U. Thoreyi.)

o* Appendices anals supérieurs à peine dilatés en feuilles rudimentaires , avec un vestige de dent médiane en dessous. L’inférieur élargi et échancré au bout,

rétréci et muni de deux dents au milieu,

L'espèce, U. Thoreyi, appartient bien réellement au grandgenre Petalura, quoique la dilatation des appendices supérieurs soit presque rudimentaire,et ressemble un peu à ce qui se voit chez quelques Æschna et Anax. Il en est de même de la coloration du corps. Si la patrie indiquée (New-York) est exacte, c'est bien extraordinaire; pour mon compte, je doute encore, et Je la supposerais plutôt de l'Océanie, malgré certains rapports de coloration et de granulation du thorax , qu’elle a avec le Phenès du Chili.

un peu plus long que les deux basals réunis; le 2° moitié plus court, le 3e et dernier aussi long , ou même un peu plus long que le dernier. H.-A. HAGEN.

650 Eou. De Secys Lonccnamps. — Monographie 121. UROPETALA CAROVEÏI, A. White.

UROPÉTALE DE CAROW.

Syn. Petalura Carovei; Adam White. Voy. of the Erebus and Terror 1846. pl. 6. fig. 4 et 12 (sans texte).

Dimensions. Longueur totale go 86m Q 8472 Abdomen 65 60 Appendices supérieurs 5 1 Largeur des append, supér. 3 4/2 Appendice inférieur 2 1j Largeur de la tête 14 4} 12

— dufront 5 12 Fémur postérieur 13 Aile supérieure 57 62 — inférieure 53 61 Largeur de l’aile supér. 11 . — infér. 14 Ptérostigma des supér, 8 afe 9 — des infér. 9 9

o" Tête jaune pâle, à villosités noirâtres: mandibules brunes, noires à la pointe; leur base formant une tache jaune aux coins de la bouche; lèvre supérieure, rhinarium et nasus brun foncé, touchant une bande transverse noirâtre du bas du front; les bords latéraux de la lèvre et du nasus finement jaunâtres ; front très-saillant, légèrement échancré et arrondi dans sa partie saillante, avec un vestige basal et une grande tache noirâtre médiane arrondie devant les ocelles, au milieu de la partie excavée.

Vertex noir. Occiput jaune pâle, épais, renflé en arrière, lisse; crète arrondie , relevée au milieu en un petit tubereule fourni de poils, ainsi que le derrière; une grande tache supérieure brune mal arrêtée derrière les yeux contre l’occiput; yeux brun foncé.

Prothorax très-velu , brun noirâtre; le bord basal et deux taches submédianes presque en forme d’anneaux, jaunâtres.

Thorax robuste, velu, noirâtre, marqué de jaune pâle ainsi qu’il suit: Deux bandes dorsales bien séparées par l’arête, qui est largement noirâtre; ces bandes très-larges, presque aussi larges vers les sinus, qui sont jaunâtres, bien bordés et séparés par du noirâtre.

Deux bandes obliques sur chaque côté du thorax; la première médiane, traversant le dos entre les ailes, la seconde avant le bord postérieur, aboutissant après les secondes ailes ; la poitrine jaunâtre après les pieds.

des Gomphines. 651

Abdomen long, cylindrique, un peu plus épais à la base, diminuant insensiblement ensuite,sans étranglement. Les bords des 8° et 9° segments pas visiblement dilatés: les deux premiers segments à villosité jaunâtre sale; oreillettes

peu saillantes , mais marquées en arrière par un sillon transversal profond.

Couleur de l'abdomen brun foncé, presque uniforme; la base du 1er et du 2° segment un peu plus claire en dessus; le 8 marqué en dessus de deux demilunes jaune vif, séparées par l’arête dorsale , occupant le quart basal. Bord postérieur du 109 un peu rabattu, avancé, arrondi au milieu; à dentelures noirâtres sur les côtés.

Appendices anals supérieurs étroits, écartés à la base, après laquelle ils forment, en dessous, une dent aiguë assez forte; ils se dilatent immédiatement après en une large feuille membraneuse brun foncé, mince, subtriangulaire ; mais à angles arrondis; le bord interne un peu plus long que le 108 segment ,est un peu plus clair, un peu plus épais et concave; marqué d’une pointe mousse avant son extrémité, et semble la tige normale des appendices où la feuille prend naissance sur les côtés et au bout; celle-ci presque aussi longue que les deux derniers segments, est d’abord droite, divariquée, puis arrondie en dehors; le bout, presque droit, se réunit au bord interne par une courbe.

Appendice inférieur un peu plus long que le 10€ segment; brun foncé, velu ,;en forme de triangle très-allongé, diminuant de largeur et d'épaisseur depuis la base; les bords munis de chaque côté, à leur premier tiers, d'une dent aiguë dirigée en haut; la pointe de l’appendice mousse, armée de deux petites dents obtuses , rapprochées, recourbées en haut.

Pieds longs, à épines rudimentaires ; fémurs jaune roussâtre, noirâtres à leur extrémité en dehors; tibias noirâtres.

Ailes hyalines presque incolores, l'extrémité des supérieures salie après le ptérostigma. Réticulation brun noirâtre, y compris la costale; ptérostigma très. long, très-mince, non dilaté, brun, surmontant 8-10 cellules. Bord anal peu excavé, l'angle presque droit; membranule très-étroite , blanchâtre; triangle discoïdal des aïles supérieures à côté supérieur plus long que l’interne avec lequel il forme un angle droit; l’externe le plus long, divisé en trois cellules par trois veines partant du milieu de chaque côté et confluentes au milieu; suivi de quatre cellules puis de 3 rangs. Triangle interne divisé comme le discoïdal, mais plus petit; triangle discoïdal des ailes inférieures assez long, traversé par deux veines: l’interne libre, très-petit; 22 antécubitales aux supérieures , 15-16 aux in. févieures; 14 postcubitales aux quatre ailes.

© Lèvre inférieure brun clair; rhinarium et nasus noirs. Occiput jaune, cilié de noir, grand, aplati en dessus et de chaque côté, excavé; son bord postérieur arrondi , finement traversé de noir, ayant au milieu un tubercule élevé orangé; la partie postérieure de l’occiput renflée, canaliculée dans sa partie inférieure et montrant, avant cet enfoncement, un petit tubereule moindre que celui d'en haut,

652 Epu. De Sezys Loncenaups, — ffonographie

Prothorax noir.

Pieds noirs, fémurs bruns , noirs à leur extrémité en dehors.

Abdomen fort, peu à peu aminei, un peu comprimé, noir, à villosité brune ;les segments 2 à 7 ayant de chaque côté une tache basale jaune. Dessous de l’abdomen brun clair. Appendices anals très-courts, bruns, cylindriques, aplatis au bout et tronqués,

Bord costal des ailes un peu lavé de jaune; réticulation noire, costale à peine lignée de jaune. La couleur brun jaunâtre du ptérostigma dépasse quelquefois la cellule suivante. 20 antécubitales aux supérieures, 16 aux inférieures; 15 post-

cubitales aux quatre ailes. Il n’y a que 3 cellules postrigonales. (Description par M. Hagen).

Hatrie. La Nouvelle Zélande; d'après un mâle que M. Adam White, qui a signalé cette espèce , a bien voulu me communiquer.

Ïl en existe d’autres et des femelles dans les collections anglaises,

Cette espèce est intéressante à plus d'un titre. Elle nous montre d’abord le genre Petalura de la Nouvelle Hollande continentale, représenté à la Nouvelle Zélande ; ensuite quoique d'une stature et d'une coloration presque semblables à celle de la gigantea, elle en diffère notablement par la conformation de l'appendice anal inféricur du mâle, les proportions du triangle discoïdal des ailes supérieures, et la construction de la soie des antennes, qui est articuiée,

Chez la P. Carovei , le côté externe du triangle des supérieures est le plus long, il en résulte que le triangle a son angle extérieur le plus aigu ; le contraire a lieu chez la gigantea, dont le triangle al angle inférieur très-aigu, imite celui des Libellules. L’appendicen anal inférieur du mâle de la Carovei est aminei à sa pointe, qui est bifide , relevée en haut, et il porte à son premier tiers deux pointes, conformation qui rappelle l'Onychogomphus forcipatus. Chez la gigantea , au contraire, il n'y a pas de pointes au premier Uers, et | le bout de l’appendice est trés-élargi avec deux pointes latérales très-rapprochées, Chez la Caroveï, les appendices supérieurs sont moins larges, à pointes basales noires, rapprochées de la base. Il y« a chez la Carovei, d’autres caractères distinctifs qui se rappor-« tent aussi aux deux sexes : La lèvre supérieure brune, Ia tache du dessus du front, l'occiput jaune, pointu au milieu, les deux bandes médianes jaunes du thorax plus larges, celle des côtés non prolongée jusqu'à la base des pieds, les fémurs jaunâtress l'abdomen brun uniforme, sans strie dorsale jaure , les deux taches

des Gomphines. 639

jaunes du 8° segment, enfin un plus grand nombre de nervules posteubitales.

Par l’appendice inférieur du mâle et les triangles, cette espèce

s'éloigne moins des autres Gomphines que le sous-genre Petalura. 122. UROPETALA THOREYTI, Hagen.

UROPÉTALE DE THOREY.

Syn. Petalura Thoreyi; Hagen in Litteris.

Dimensions Longueur totale OP TEFE Abdomen 48 Appendices supérieurs 4

— inférieur 3 Tibias postérieurs 7 Largeur de la tête 10 Aiïle supérieure b2

— inférieure 50 Largeur de l’aile super. 11 - — infér. 15 Ptérostigma des supér. 8 — des infér. 9

o Tête un peu moins forte et plus courte que chez l’U. Carovei. Occiput un peu moins renflé, arrondi en dessus, avec une ligne enfoncée en arrière, jaunâtre , entouré de noir de tous côtés , un peu velu de blanchôtre. Le dessus et le devant ont quelques petites dentelures noires , qui se continvent en arrière sur le bord supérieur des yeux. Vertex noir; antennes de même couleur (il n’y a que les deux premiers articles).

Angles latéraux du nasus arrondis, non triangulaires. Front jaune, moins excavé que chez la Carovei, avec une bordure basale étroite noire. La crète, sur chaque côté, offre environ dix dentelures noirâtres.

Nasus jaune ; environ sa moitié inférieure noire. Rhinarium noir; lèvre supérieure oblongue, jaune, entourée largement de noir, avec un point central de même couleur, ciliée de jaune, Mandibules noîires, leur base jaunâtre au milieu. Lièvre inférieure jaunâtre, bordée de noir de même que les palpes. Elle est presque carrée , et vue en dessous, elle est échancrée au milieu, mais, des deux bouts arrondis, partent très-subitement, et dirigés tout-à-fait en haut, deux épines longues pointues ; derrière des yeux noir.

Prothorax noir, le bord élevé antérieur jaunâtre; au milieu sont deux festons doubles, jaunes, avec de longs cils plus pâles. Lobe postérieur court, peu repflé,

654 Eou. De Servs Lonccaaurs. — Monogranhie

Thorax un peu plus court que chez la Carovei, à sinus antéalaires plus étroits. IT est jaunâtre (peut-être verdâtre dans le vivant). L’arête mésothoracique, la médiane, les bords des sinus, les sutures en général sont noirs, mais l’humérale et celle du milieu des côtés le sont largement, et s’anastomosent en taches vertes après les pieds; le devant du thorax est parsemé de très-petits points granuleux noirs, très-nombreux, dans le genre de ceux du Rhenes raptor, excepté près du bord antérieur et de l’arête dorsale, et l’on voit un commencement inférieur de bande antéhumérale foncée. Les villosités du thorax sont jaunâtre pâle.

Abdomen très-long, cylindrique, un peu plus épais à la base, noir en dessous, varié en dessus de noir et de couleur claire (probablement verdâtre) ainsi qu'il suit : 1°* segment noirâtre à ses deux extrémités , 2° avec quatre taches dorsales noires ; les deux antérieures réniformes , les deux postérieures presque carrées, séparées par l’arête après la suture transverse médiane,qui est de même couleur. Les oreillettes peu saillantes, denticulées de noir; les 3°, 4e, 5°, 6°, 7° segments jaunâtres dans leur première moitié jusqu’à la suture transverse , avec une bande dorsale noire, plus large à la base; leur seconde moitié noire, marquée d’une tache latérale oblongue claire, et d’un trait latéral transverse presque terminal, confluent avec elle au 3°, nul aux 7° et 8°, où la tache est réduite à un point; 9° et 10° noirs; avec une tache dorsale jaunâtre, basale au 9°, médiane au 10e.

Tout l'abdomen est pointillé, granuleux, la base velue, le bord postérieur du 10€ segment un peu relevé, arrondi.

Appeudices anals noirs, les supérieurs un tiers plus longs que le dernier segment, en forme de hache ou de doloire, à feuilles membraneuses rudimentaires. La base courte, un peu courbée, forte, cylindrique (sans dent basale) ensuite dilatés en dedans, (Leur plus grande largeur est de 1 1/2 millim.) un peu arrondis en dedans avant le bout, moins en dehors; le bout triangulaire, son bord interne un peu redressé. En dessous des appendices, on aperçoit un pelit tubercule médian. Le dessous est d’ailleurs tout-à-fait plat, tandis que le dessus offre un fort bourrelet central, qui est la tige principale qui se dilate en petite feuille plate à partir du premier tiers en dehors, et de la moitié en dedans, avec cette différence qu’en dedans cette feuille cesse avant le bout.

Appendice inférieur un peu moins long que les supérieurs, large, fort, à bout subitement dilaté en deux pointes aiguës , tournées en haut et en dehors; le bord interne de cette fourche évidé, et muni en dessus , un peu avant le milieu de l’appendice, de deux dents en hameçons.

Parties génitales comme chez les Petalura. Gaîne libre, petite, tres-redressée au milieu, à bout largement canaliculé en dessus. Cuillère un peu plus large au

bout; pénis à gland obtus, et deux tubercules un peu auparavant. Picds noirs, la dent des onglets très-petite , et un peu plus vers le bout que

chez la Carover.

des Gomphines. 659

Aïles hyalines à réticulation noire, excepté l'extérieur de la costale et quelques-unes des nervules antécubitales jaunâtres. Ptérostigma très-mince, très. long, brun jaunâtre, entre des nervures noires, surmontant 8 cellules. La nerxule oblique de son bord interne prolongée jusqu’au secteur principal comme chez la gigantea (chez la Carovei cette nervule est brisée en deux parties).

Triangles à peu près comme chez la Carovei, mais proportionnellement plus grands , et les discoïdaux autrement divisés, celui des supérieures divisé en 3 cellules par deux veines non confluentes, partant, l’une du côté supérieur, et l’autre de l’interne, et aboutissant séparément à l’externe; celui des inférieures de deux cellules. 3-4 cellules, suivies de 2 rangs, puis de 3 rangs après les triangles. 18-20 antécubitales aux supérieures, 13 aux inférieures ; 11.13 posteubitales aux quatre; membranule blanche, courte ; bord anal moins excavé que chez 1a Carovei, à angle presque arrondi.

Q (Inconnue).

Patrie. L'Amérique septentrionale? d’après un mâle unique de la collection de M. Hagen, recu de M. Thorey, de Hambourg, auquel il l’a dédié.

Ce dernier l'avait trouvé chez un marchand, avec d’autres insectes réellement américains, venant des environs de New-York.

Peut-être cette espèce vient-elle plutôt de l'Océanie, bien que certains caractères rappellent les Phènes et les Pétalies du Chili, car elle appartient au sous-genre de la Carovei , bien que la dilatation en feuille de ses appendices supérieurs soit si peu marquée, qu'il faut examiner soigneusement l'insecte pour en retrouver les rudients.

D'un autre côté, l’appendice inférieur élargi et fourchu au bout ient en quelque sorte plus de la P. gigantea que de lV'U. Carovei. es granulations noires du devant du thorax se retrouvent dans le hènes.

Les appendices anals ne sont pas du reste sans une certaine anaogie avec ceux des Pétalies du Chili.

L’Uropetala Thoreyi est lune des découvertes les plus curieuses ailes depuis peu parmi les Odonates.

GENRE XII ET DERNIER. — PHÈNE (P#enes, Ramb).

Soie des antennes divisée en trois articulations. Occiput muni de deux cornes ostérieures et d’un tubercule supérieur. Côtés du thorax armés d'une forte

oïinte saillante.

Ptérostigma très-long, très-mince, Triangle discoïdal des supérieures divisé

656 Eou. De Sezys Lonccnaups. — Monographie

par une nervule allant du côté interne à l’externe; ce dernier Île plus long, les deux autres presque égaux, le supérieur un peu plus court; triangle interne des supérieures divisé en deux ou trois cellules, les triangles des ailes inférieures libres, petits, surtout l’interne.

og" Appendices anals supérieurs très-grands , contournés et brisés en crochet inférieur, presque à angle droit, munis d’une forte dent interne; l'inférieur étroit, encore plus long, très-recourbé en haut et un peu dilaté au bout. Oreillettes en tubercules saillants. 98 et 10° segments très-courts.

Q Appendices anals petits, coniques, séparés par une plaque aplatie, rudiment d’un 11° segment. Lames vulvaires recourbées, munies de valvules exter-

nes; pas d’oreillettes.

L'occiput cornu, la pointe des côtés du thorax, les triangles des ailes inférieures libres, et la forme des appendices anals des mâles distinguent ce genre du Chili, des Pétalures océaniennes, auxquelles il ressemble par la stature, le ptérostigma , la lèvre, comme par la vulve des femeltes.

L'espèce unique, Ph. raptor, rappelle un peu certains Onychogomphus (O. grammicus) par les appendices anals du mâle.

Voici quelques caractères génériques additionnels, extraits de l'ouvrage de M. le D° Rambur , qui a créé le genre Phenes :

« Tête médiocrement grosse; yeux petits, vertex nul. Ocelles très-rapprochées placées un peu en triangle. Occiput vésiculeux, au moins aussi épais que large, bord postérieur de la tête à peu près aussi épais que les yeux à sa partie supé= rieure; lèvre inférieure plus courte que le second article des palpes, presque | de la même largeur, divisée en deux portions ovoides, écailleuses, réunies par une membrane, et portant une épine à leur extrémité (N. B. M. Hagen ne re-, trouve pas cette épine) ; second article des palpes presque de forme ovale, échancré supérieurement. De l'angle interne de cette échancrure part une très-longue épine courbée ; de l’angle externe une petite pointe, et dans le milieu, s'articule le troisième article, qui est très-apparent, aplati, cultriforme, ayant les deux | tiers de la longueur du précédent; côtés de l'épistome très-saillants, s'avançant

en pointe sur la base de la lèvre supérieure. »

des Gomplines. 657

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