‹ Monographie de l'église Notre-Dame de NoyonChapitre 106 sur 129 · PLANCHE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

PLANCHE SEIZIÈME

PLAN, COUPE ET ÉLÉVATION DUNE FENÊTRE DE LA SACRISTIE ET DUNE FENÊTRE DE LA SALLE DU CHAPITRE.

Nous avons déjà dit qu'il y avait une grande analogie entre l’architecture du cloître et celle de la sacristie. C’est le même principe de décoration, savoir, deux divisions par travée, lesquelles divisions sont subdivisées chacune en deux parties : une rose à six lobes dans le sommet du tympan de la grande ogive, et dans chacune des deux ogives secondaires une autre rose également à six lobes. Jusque-là, la similitude est complète; mais voici quelques différences : les petites arcades du cloître ne sont pas à ogive, elles se composent de demi-trèfles; dans la sacristie, elles sont à ogive. Les roses de la sacristie sont ornées de petits trèfles à jour évidés dans les parties pleines qui séparent chaque lobe ; rien de semblable ne se voit sur les roses du cloître. Ces petites diversités sufliscnt-ellcs pour faire présumer que les deux constructions ne sont pas contemporaines? 11 faudrait quelque hardiesse pour l’affirmer. Des nuances aussi insensibles ne peuvent pas servir de signes chronologiques. Cependant, nous ne serions pas éloigné de croire que la sacristie fût un peu postérieure au cloître.

Quant à la salle du chapitre, nous n’avons pas besoin de dire qu'elle est d’une date moins récente et que le cloître et que la sacristie. Ces feuilles recourbées ou à crochets qui rampent sur l’archivolte, et ces trois vigoureuses nervures qui encadrent toute l’ogive, sont des indices auxquels on ne peut

se méprendre. Remarquons toutefois que si ces fenêtres de la salle du chapitre sont d'un style plus ferme et plus fortement exprimé que celles de la sacristie, elles n ont pas la même pureté de proportions. L’ogive n’y procède pas aussi exactement du triangle équilatéral : elle est indécise; son surhaussement ne vient pas, comme au xiv* siècle, d’un excès d’élégance, mais d’une sorte de maladresse : c’est pour avoir fait la rose à six lobes un peu trop grande, qu’on s’est trouvé forcé de donner trop de hauteur à l’ogive et un peu de lourdeur aux demi-trèfles qui soutiennent cette rose.

Malgré ces défauts de détail, cette ornementation n’en a pas moins quelque chose de très-hardi et de très-imposant. Nous en jugerons mieux encore en voyant l’ensemble de la façade sur la planche XIX ci-après.

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