‹ Monographie de l'église Notre-Dame de Noyon. Plans, coupes, élévations et détailsChapitre 129 sur 139 · DES ÉVÉQUES DE NOYON · texte numérisé non relu

DES ÉVÉQUES DE NOYON

Nous ne pensons pas qu'on puisse attacher grande importance à-connaître les noms des évêques de Vermand. Ces prédécesseurs de saint Médard appartiennent à une époque fort ténébreuse, où la critique historique pénètre difficilement. Voici cependant les noms de ces évêques; on en compte quatorze \ savoir :

HiLAIRE I". DOMITIEN.

Martin. Remudic ou Remy.

Germain. Mercusinus ou Mereo.

Maximin. Promotos,

fossonius. soffronius.

ŒtERNUS OU yf^TERNUS. AlOMER.

Hilaire il Medardus (saint Médard)

Saint Médard est à la fois le dernier évêque de Vermand et le premier évêque de Noyon et de Tournay. C'est en 53 1 qu'il paraît avoir transporté son siège de Vermand à Noyon; quel-

' Gallia christiana, t. IX , p. 969.

ques années plus tard, il fut élu évêque de Tournay, el, dans l'ardeur de son zèle, il accepta ce double fardeau. Saint Médard joue un grand rôle dans l'histoire du cliristianisme au vi^ siècle. Il passa sa.vie à défendre son troupeau contre les barbares , et à semer la parole de fEvangile dans les provinces qui s'étendaient entre ses deux sièges épiscopaux. Ses vertus et ses miracles ont été chantés par Fortunat dans un de ses poëmes commençant par ces vers :

Inter christicolas quos actio vexît ad astra

Pars tibi pro meritis magna , Medarde , patet , etc.

(Fortunati Carminum lib. sec. xvii.)

C'est à Noyon, dans les bras de saint Médard, que la reine Radegonde, fuyant la demeure de Clotaire P^ son époux, vint chercher un refuge. Ce fut de ses mains qu'elle reçut le voile; puis, devenue abbesse du monastère de Sainte-Croix fondé par elle dans la ville de Poitiers, elle mérita d'être, après sa mort, comptée parmi les saintes, bien que, de son vivant, la calomnie ne l'eût point épargnée et eût malignement interprété l'hospitalité généreuse qu'elle accordait au poëte Fortunat.

Saint Médard, né à Salency, village près Noyon, est le fondateur d'une touchante institution qui a le mérite d'avoir subsisté pendant quatorze cents ans, la rosière de Salency. Grâce aux opéras-comiques et aux faiseurs de petits vers, tout le monde sait ce que c'est que la rosière de Salency; mais bien peu de gens se doutent que cette antique coutume remonte jusqu'à saint Médard. C'est à l'institution de la rosière que Fortunat fait allusion dans ces deux vers :

Te inter mundanos vêpres gradiente, fatemur, Calcatis spinis, promeruisse rosas.

DEUXIÈME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE. 235 Saint Médard meurt en 545, et, au bout d'un siècle environ, en 648, le siège de Noyon est occupé par un autre saint personnage dont la célébrité est plus grande encore, nous voulons parler de saint Eloi. Mettons de côté le refrain populaire , et cherchons la vraie physionomie de l'âmi et du trésorier de Dagobert. C'était à la fois le plus saint homme, le plus intègre ministre et le plus habile artiste de son temps. Pour connaître la vie et les travaux de l'évêque de Noyon, il faut lire le récit que nous en a laissé saint Ouen. Là nous le voyons tour à tour édifier ou restaurer les églises, ciseler avec une dextérité merveilleuse des pièces d'orfèvrerie, enseigner les secrets de son art à toute une communauté de jeunes néophytes, racheter à prix d'or de pauvres esclaves, briser les fers des captifs, les sanctifier par le baptême, les consoler par une infatigable charité : admirable vie! belle et noble figure qui luit d'un éclat consolant au milieu de ces tristes ténèbres de la barbarie.

Depuis le vii^ siècle jusqu'au xviii% la chaire épiscopale de Noyon n'est plus occupée par d'aussi éminents prélats que saint Médard et saint Eloi, mais on y voit encore monter de loin en loin quelques hommes remarquables, soit par de grands talents et de nobles vertus, soit seulement par leur naissance.

Nous allons en donner la liste; il y en aura plusieurs, surtout dans les premiers siècles, dont nous ne pourrons citer que le nom, parce que l'histoire est muette sur leurs actions, et nous laisse même ignorer la date de leur naissance et de leur mort Quant à ceux dont elle a conservé le souvenir, nous indiquerons très-sommairement les faits principaux qui les concernent.

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