‹ Monographie de l'église Notre-Dame de Noyon. Plans, coupes, élévations et détailsChapitre 67 sur 139 · DEUXIÈME PARTIE. —PLANCHE I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. —PLANCHE I

étant donnée la hauteur de ces voûtes, il faut nécessairement que leurs courbes soient brisées par le haut, et qu'elles forment par conséquent un berceau h ogive. Ces voûtes sont traitées exactement comme celles des églises du xiii'' siècle, sauf toutefois que, dans le xiii" siècle, les séparations de chaque travée sont uniformes, et qu'ici elles sont altcrnalivcs. En effet, les piliers carrés, placés vis-à-vis l'un de l'autre de chaque côté de la nef, sont reliés par un arc doublcau épais et robuste, tandis que les supports cylindriques ne sont rattachés l'un à l'autre que par une simple arote.

Du reste, le principe de Yaltcrnance semble avoir présidé à la construction de cette église comme si elle était à plein cintre : ce n'est pas seulement au rez-de-chaussée que les supports varient alternativement de force et d'épaisseur; on peut voir à la planche deuxième que cette différence se fait également remarquer au premier étage, et elle continue jusqu'au sommet de l'édifice. Ce n'est que dans les voûtes qu'il y a, comme nous l'avons déjà dit, une modification notable des an« ciens usages et pour ainsi dire un oubli du principe de l'alternance. Celte circonstance vient encore à l'appui de l'opinion que nous avons émise au sujet de la longue durée des travaux. A l'époque où l'on travaillait aux voûtes, il est probable que, malgré la tendance si manifeste à conserver dans cette église quelque chose des formes anciennes, il était déjà trop lard pour ne pas faire des voûtes à ogive et à arêtes croisées sans allernance.

Maintenant, si, laissant ce qu'on peut appeler la partie archaïque do cette église, nous voulions constater, au contraire, la part d'innovations qui distingue son architecture, il faudrait signaler, sans sortir de l'examen du plan, les cinq chapelles qui enveloppent fabside en rayonnant vers un centre

commun, disposition qui appartient spécialement au style à ogive. Dans le xiii" siècle, lorsque la nouvelle architecture est parvenue à sa perfection, on voit, comme dans les cathédrales d'Amiens, de Beauvais, de Cologne, le nombre des chapelles de l'abside s'élever jusqu'à sept; mais dans la cathédrale de Reims, qui est aussi un chef-d'œuvre, antérieure aux trois autres de quelques années seulement, on ne compte que cinq chapelles autour du chœur, comme à Noyon. Dans d'autres églises, au contraire, qui, quoique exécutées, en grande partie, dans le xiii* siècle, ont été conçues dans le xii®, telles que les cathédrales de Chartres, de Rouen, etc. etc. le plan de l'abside ne présente que trois chapelles, et la manière dont elles sont groupées offre plus d'analogie avec les anciennes traditions romanes qu'avec les règles adoptées par les architectes du XIII® siècle.

A Noyon, non-seulement nous voyons le collatéral se prolonger à l'entour du chœur comme dans les églises à ogive, mais les cinq chapelles dont se compose la partie inférieure de l'abside sont groupées d'après les lois qui deviennent générales au XIII* siècle. Seulement, au xiii" siècle, la forme de ces chapelles eût été polygonale, tandis qu'elle est senii- circulaire. Enfin, comme s'il eût fallu que, dans cette église, les innovations fussent toujours mélangées d'anciens souvenirs, ces chapelles sont éclairées par des fenêtres à ogive, et le bas de leurs murailles à l'intérieur est décoré de petites arcades à plein cintre taillées dans la pierre, et reposant sur des chapiteaux qui, par le style de leur sculpture, sembleraient appartenir aussi bien au xi* siècle qu'au xii* ^

En somme, le plan seul de la cathédrale de Noyon suffît

' Voir quelques-uns de ces chapiteaux à la planche XIV.

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