‹ Monographie de l'église Notre-Dame de Noyon [Texto impreso]Chapitre 104 sur 126 · DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE XV · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE XV

dessinent des trèfles à feuilles allongées; c’est bien le même travail, le même coup de ciseau; ainsi nous pouvons attribuer cette armoire, soit aux dernières années du xm' siècle, soit au commencement du xrv c . . ■- -

Les peintures, malheureusement bien effacées, paraissent remonter à la même époque; les draperies ne sont pas assez simples pour avoir été exécutées vers le milieu du xiir siècle. Sans cette observation et sans l’analogie de la sculpture de la frise avec celle des portes de la sacristie, hous aurions été tenté de supposer, d’après les fleurs de lis sans nombre dont certains panneaux sont semés, que ce meuble avait dû être donné au chapitre par l’évêque Pierre 1 er (Petrus karlottus ) , fils naturel de Philippe-Auguste , légitimé par le pane • Honoré III; et autorisé à porter les armes des fils de France. C’est ce prélat de sang royal auquel Guillaume Lebreton, son précepteur, a dédié sa Philippéide. Ce qui nous empêche d’insister sur notre conjecture, c’est que Pierre I" ne fut évêque que de ia43 à 1249 , selon Levasseur, et de i24o à ia5o, selon M. de Lafons; or, d’après le caractère de la sculpture, il n’est guère possible de croire que cette armoire ne soit pas postérieure de près d’un demi-siècle à l’épiscopat de Pierrè 1 er .

Quoi qu’il en soit, ce meuble paraît avoir été d’un grand prix aux yeux des chanoines, soit à cause du donatfeur, soit seulement pour le mérite du travail , car il est Ce nous semble désigné dans un inventaire du trésor de la cathédrale, à la date de 1 4 1 9 - Au milieu de l’énumération de toutes les pierreries, de tous les objets d’orfèvrerie, de toutes les broderies de soie et d’or que possédait l’église, on lit ces mots : « Item , magna fhuchia operata a parte anteriori et ad duas serruras. » Je ne sais quel est exactement le sens du mot huchia; mais eh Picardie on désigne sous le nom de huche tout meuble, coffre ou

armoire qui sert à enfermer, soit de la vaisselle, soit des objets

de ménage. Les mots operata a parte anteriori s’appliquent très-

bien à notre armoire. Seulement, au lieu de deux serrures, il y

en a quatre. Il est vrai que, dans l’inventaire, ces mots : ad duas

serniras, sont précédés de celui-ci : entre-deux. Que veut dire ce

mot? Indique-t-il une autre sorte de meuble que la magna hu-

cliia? C’est chose assez difficile à deviner.

Dans ce même inventaire, qui nous est donné par M. de Lafons (Cité picarde, '-page 1 5 1 ) , mais sans indication d’origine, on lit ces mots : « Item duo coflreti pares, trium pedum longitudi- • uis vel circiter, ferrati. » Si la phrase s’arrêtait là , j’y verrais l’indication des deux- bahuts dessinés sur cette planche. Mais l’inventaire ajoute : «etarmurati armis de la Boissière, escu- «choneti autem cuprei sunt. » Or on ne voit sur ces bahuts ni armoiries, ni écussons de cuivre. Ce ne sont donc pas eux que l’inventaire a voulu désigner, -à moins que les écussons n’ai'ent été enlevés depuis longtemps et que la trace n’en soit plus visible. Le style des ferrures pourrait très-bien, comme nous l’avons dit , appartenir au xm c siècle. Or Vermond de la Boissière était précisément évêque en 12 5 o.

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