Musée des MonumeiUn français, no
« (4034) au commencement de la journée du mardi, au châ- «r teau de Melun, et il fut porté à Paris, puis enseveli à Saintc Denis, près de son père. Il y eut là un grand deuil, une doua leur intolérable; car la foule des moines gémissait sur la « perte d'un tel père, et une multitude innombrable de clercs <r se plaignait de leur misère que soulageait avec tant de piété « ce saint homme. Un nombre infini de veuves et d'orphelins a regrettait tant de bienfaits reçus de lui. Tous poussaient « de grands cris jusqu'au ciel , disant d'une commune voix : a Grand Roi , Dieu bon , pourquoi nous tuer ainsi en nous « ôtant ce bon pcreet l'unissant à toi ! » Ils se frappaient avec a les poings la poitrine, allaient et venaient au saint tombeau, « répétaient encore les paroles marquées plus haut, et se joia gnaient aux prières des saints afin que Dieu eût pitié de lui dans le siècle éternel. Dieu ! quelle douleur causa cette « mort. Tous s'écriaient avec des clameurs redoublées : « Tant « que Robert a régné et commandé , nous avons vécu Iran- « quilles , nous n'avons rien craint ; que l'âme de ce père V pieux , ce père du sénat, ce père de tout bien, soit heureuse « et sauvée î qu'elle monte et habite pour toujours avec Jésusce Christ, Roi des rois! Dans tout cela nous avons un
a grand sujet de douleur, en voyant qu'un tel et si grand « homme repose sans une pierre ornée d'inscriptions , sans a monument, sans épitaphe, lui dont la gloire et la mémoire c ont été en bénédiction à toute la terre. »
Saint Louis répara envers le roi Robert la négligence des contemporains. Doublet nous apprend qu'à la fin du xvi* siècle le tombeau de ce prince était encore enrichi de peintures bien conservées, et que des fleurs de lis d'or s'y relevaient partout sur Tazur des vêtements. Quelques traces de cette décoration fie distinguent encore.
Le costume de Robert rappelle celui du roi Eudes; la statue
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de Constance d'Arles présente aussi, quant à rajustement des vêlements , beaucoup de ressemblance avec celle d*Ennentrude. Indiquons seulement les différences. Robert porte la barbe et les moustaches plus courtes que ses prédécesseors; il a les pieds chaussés de bottes comme le roi Louis III. Des fleurs de lis remplacent les fleurons ordinaires sur la couronne de la reine Constance ; le voile de cette princesse encadre le visage, et ses deux bouts vont se rejoindre sur la poitrine ; la main gauche tient un petit livre de prières, et la droite se porte vers le lien du manteau. L'épitaphe a été rétablie :
ROBBRTTS RRX. C0N8TANTIA REGIRA YXOR BOBIITI.
38. Henri /'•'. —La statue de ce prince paraît avoir été détruite en 1793 ; elle ne figure pas dans les catalogues des Petits- Auguslins Celle qui porte aujourd'hui le nom de Henri 1" n'est autre chose que l'effigie de Carloman, frère de Charlemagne *. L'examen du costume ne nous fournit aucune observation que nous n'ayons déjà faite au sujet des rois Eudes et Hugues Capet. Voici l'inscription :
HENRICYS BBX FIUV8 ROBIBTI.
39. Louh VL— L'effigie de Louis le Gros avait eu le mèn« sort que celle de Henri P". On en a refait une nouvelle j l'époque du rétablissement des tombeaux ; elle est composé d'un corps de plâtre moulé sur une des anciennes statue royales, et d'une tète de même matière inventée par un sculp teur moderne qui s'est évidemment proposé de jasti6er pa l'ampleur de la face le surnom de Gros donné à Louis Yl L'inscription ancienne a été remise sur le plâtre :
\ . Musée (lea Monuments français, n» 13.
l>fi SAINT-DENIS. 231
LTDOTICVS 6R0S8T8 BBX.
Nous regrettons vivement que l'espace dont nous pouvons disposer pour chaque personnage, ne nous permette pas de rapporter en son entier ie beau passage deThistoire de Louis le Gros , dans lequel Suger nous peint les . grauds et nobles sentimenti de ce prince aux derniers jours de sa vie. Nous en choisirons cependant quelques lignes. « Après avoir reçu en c communion le corps et le sang de Jésus-Christ, le roi rejetant a loin de lui toutes les pompes de l'orgueil du siècle , s'étendit a sur un lit de simple toile. M'ayant vu pleurer sur lui qui , a par le sort commun aux hommes, était devenu si petit et si a humble de si grand et si élevé qu'il était, il me dit: a Ne a pleure pas sur moi, très-cher ami, mais plutôt triomphe et « réjouis-toi do ce que Dieu , dans sa miséricorde, m'a donné, « comme tu le vois , les moyens de me préparer à paraître
« devant lui Un peu avant de mourir, il ordonna qu'on
« étendit un tapis par terre , et que sur ce tapis on jetât des cendres en forme de croix ; puis il s'y fit porter et déposer a par ses serviteurs, et fortifiant toute sa personne par le signe c de la croix , il rendit l'âme le jour des calendes d'août a (l^^août 4137), dans la trentième année de son règne et c presque la soixantième de son âge. Son corps fut à l'heure a même enveloppé de riches étoffes pour être transporté et c enterré dans l'église des saints martyrs. »
Suger raconte ensuite comment on trouva la sépulture du roi des Français, Carloman, dans le lieu où l'on se disposait à inhumer le corps de Louis VI , et comment on fut amené à le placer entre l'autel de la Sainte-Trinilé et celui des martyrs, dans un endroit où le prince avait témoigné lui-môme, pa une sorte de
pressentiment miraculeux, le désir d'avoir son tombeau. « On
« l'y déposa donc avec le cérémonial d'usage pour les « au milieu de chants nombreux , d'hymnes et de prit (( après hii avoir fait de pieuses et solennelles funérailles, u là qu'il attend d'être admis à jouir de sa résurrection fu a et qu'il est d'autant plus près de se réunir en esprit « troupe des esprits célestes, que son corps est plus voisii « corps des saints martyrs et plus à portée d'en être prot
« Félix qui potuit round! nutante ruina « Que jaceat pnescisse loc>
« Puisse le Rédempteur ressusciter l'âme de ce roi à l'ii « cession des saints martyrs pour lesquels il avait un si p « dévouement 1 puisse cette âme être placée au rang des si « par celui qui a donné la sienne pour le salut du monde, i « seigneur Jésus-Christ qui vit et règne, Roi des rois, et m « des puissances, aux siècles des siècles. Amen *. »
40 , 41 . Louis VU et Constance de Castille, — Coi celle de son prédécesseur, l'effigie de Louis Vil n'est q moulage exécuté en plâtre qui n'a droit de notre part â cune attention. La statue de la reine Constance, au contn date du xiii« siècle; son visage est calme et souriant , son tume diffère à peine de celui de Constance d'Arles. La rolx longue et serrée au corps par une ceinture ; de larges fleu s'épanouissent à la couronne ; la main gauche tient un sce à pomme de pin, tandis que la droite relève un pan du e teau. On a gravé auprès du roi :
LVDOVICYS RBX.
\. SuGER, Vie de Louis^e-Gros.
A côté de la reine :