Musée des Monuments français, no
2. Millin, Antiquités nationales, t. II, no xi. L'église de Royaamont était grande et belle comme une cathédrale da xiiiè siècle. Quelques chapiteau énormes et des pans de murs qui dessinent encore le plan de Tédiflce, sont toat ce qui en reste. L'abbaye subsiste avec son cloître, son réfectoire et ses bâtiments de service rx)nstrnits aux xiii« et xive siècles.
tombeaux de pierre tirés de Royaumont; ils ont transposé les noms et les épitaphes de Philippe , frère de saint Louis , et de Louis, fils aîné da même roi. Nous décrirons les monuments , sans tenir compte de cette erreur, en rendant à chacun ce qui lui appartient *.
Les deux tombeaux avaient été construits isolément au milieu du chœur de l'église abbatiale. Ils étaient en pierre et complètement pt^ints. Millin vante Téclat de l'outremer dont l'enlumineur s'était servi pour préparer les bleus et qui avait :onservé une fraîcheur extraordinaire. Depuis le rétablissement de ces tombeaux à Saint-Denis , toute la sculpture en a 'té restaurée , et la peinture ancienne a disparu sous une •ouche nouvelle qui , après une durée de trente ans à peine , en va déjà par morceaux. Les monuments ne sont plus isolés; n les adossant à des murs on les a privés d'une partie consilérable de leur ornementation.
Philippe, frère de saint Louis, était né en 4224 ; il portait le urnom de Dagobert ; la date précise de sa mort ne se trouve •as dans les généalogies de la maison de France; on sait seu- ?nîenl qu'il mourut jeune. Louis ne vécut pas tout à fait seize ns; c elait , suivant les termes de son épitaphe que l'histoire conûrmés , un jeune homme plein de grâces devant Dieu et evant les hommes , recommandable par la droiture de ses lœurs.
Le? deux princes sont couchés sur leurs tombeaux. Ils ont • \isa.i:o imberbe, les traits juvéniles, les cheveux courts et oupés en rond , les mains jointes, les pieds posés sur des animaux . Une ogive portée sur deux colonnettes et surmontée *un pignon feuillage encadre la statue de Louis; des cloche-
i . Le lecteur Vdodra donc bien se rappeler que Tépilaphe qui conviendrait au ■iure Louis a «Mé tracée sur le monument de Philippe, et réciproquement. Cette an<:|Misition doit d'ailleurs disparaître procliainemenl.
2f2 MONOGRAPHIE
tons, dos mascarons et des croàseltes décorent aussi cette a^ chitecture. Une première tunique de couleur rouge, un vêtement de dessus piMnt on bleu et or, qui peut passer pour une seconde robe ou ))Our un manteau, des bottines d'azur rehausdiH^s (l'or, composent le costume des deux jeunes princes. I^s tûtes garnies de cheveux d'or ne portent point de couronnes. Le manteau de Louis est à grandes manches pendantes; celui de Philippe, dépourvu de manches, a quelque ressemblance avec une dalmatique. Philippe est représenté dans Tattitude calme ordinaire aux figures couchées sur des tombeaux. Louis tend les mains en avant et semble invoquer avec une ferveur tonte particulière la divine miséricorde. De toutes les figures sépulcrales réunies à SaintrDenis, celle-ci est la seule à laquelle la sculpture ait voulu donner le mouvement de la vie. Un lévrier d'or se tient couché sous les pieds de Louis ; un lion ayant entre ses pattes la cuisse d'un animal qu'il a vaincu , est accroupi au-dessous de Philippe. La tête du premier de ces princes repose sur un simple coussin; l'autre a un double oreiller près duquel sont agenouillés deux anges portant la navette et l'encensoir. Par une singularité des plus bizarres, les traits d'une de ces petites figures, quia conservé sa tète ancienne , rappellent d'une manière frappante ceux de Louis XVill; l'autre tète n'est qu'une copie de celle-là.
Les sarcophages sont très-remarquables. Malheureusement il ne reste plus à chacun d'eux qu*un seul des quatre bas-reliefs qui les environnaient autrefois sur toutes leurs faces. Le sarcophage do Philippe est d'un style un peu plus ancien ; le basrelief se divise en sept ogives trilobées , d'une forme un peu lourde et surbaissée, soutenues par des colonnettes monostyles; des ileurs dejis se voient sur les montants et sur le bord supérieur de l'encadrement; des châteaux de Castille sont
entre les retombées des archivoltes. Les niches forles sept ogives sont occupées alternativement par s de moines et par des anfes. Deux moines tiennent i; un troisième tout encapuchonné croise tristement Les anges, au nombre de quatre, portent, celui-ci une elui-là un encensoir, un autre un bénitier avec Tasjn dernier est tout mutilé. Quelques fragments des tés de Tarcature existent à Saint-Denis dans les malais la plus grande partie en a été dispersée, ibeau du fils de saint Louis, l'arcature est beaucoup et plus élégante. Les huit ogives qui la composent appuis des faisceaux de trois colonnettes ; elles sont çnées de trèfles, de pignons, de crossettes, de feuils tourelles évidées et crénelées, d'un travail trèss'élèvent enlre les archivoltes; des fleurs de lis et des garnissent les montants placés aux encoignures du s statuettes debout sous les arcs figurent la marche )i de Louis. Deux évêques s avancent les premiers •s insignes ; une femme vient ensuite, la tête voilée; ime cette statuette a été fortement restaurée nous n'en rien dire; cinq autres personnages en costumes civils it être des gens de la maison du prince. Le bascorrespondait à celui-ci de l'autre côté du monument ï encore dans les magasins do Téglise ; il était destiné devant d'autel , mais nous espérons qu'il pourra être »a destination primitive. Millin signale encore les bass deux petits côtés du tombeau. Sur l'un étaient re- ?3 deux femmes en pleurs; j'ignore ce qu'il sera L'autre était d'une haute im{>ortancc historique; les le citent comme un monument précieux de la suzeu roi de France sur le roi d'Angleterre. « On y voyait, llin, le cercueil de Louis |>orté par les barons de