‹ Monographie de l'église royale de Saint-Denis: tombeaux et figures historiquesChapitre 72 sur 102 · Musée des Monuments français , no 5K · texte numérisé non relu

Musée des Monuments français , no 5K

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Dis , son tombeau se trouvait placé en travers au pied de celui de son père Louis X. Elle mourut le 6 octobre 4319 , en sa maison de Conflans près Paris. Elle était née de la première femme de I^uis X, la trop fameuse IVlarguerite de Bourgogne, dpnt les désordres ont fourni le sujet de tant de drames et de romans.

Jeanne de France est représentée de petite taille. Pour décrire son costume il faudrait répéter les détails que nous avons donnés sur ceux de Blanche de Bretagne et de Clémence de Hongrie. Le voile encadr.e exactement la face ; il couvre le front et le menton. Un bout de sceptre en marbre , resté dans la main droite, est creusé comme s'il avait dû recevoir un bâton de métal ; les points d'attache indiquent que ce sceptre était trèslong. D'autres clous et marques de scellement prouvent aussi que la couronne et le cordon du manteau étaient en métal , sans doute en cuivre émaillé. Ces ornements devaient produire un excellent effet en se détachant sur le marbre blanc. *

Le massif qui sert de support à l'effigie date du xiii« siècle. De petits pilastres décorés de fleurs de«lis sculptées en creux garnissent les angles de ce tombeau. Sur le devant on voyait encore, il y a environ quatre ans, une dalle toute pareille à celle que nous avons fait connaître en décrivant le prétendu tombeau de Blanche de Casttlle. L'architecte d'alors en a fait briser à coups de marteau toute l'ornementation , afin de répondre aux interpellations de quelques fâcheux qui lui reprochaient d'avoir composé deux tombeaux semblables à deux reines dont l'une était morte en 1252, l'autre en 4319 , à un siècle environ de dislance. La réponse était brutale. Le ciseau n'a pu effacer complètement les traces des compartiments losanges qui existaient sur la pierre. Quelques débris conservés en magasin nous ont aussi révélé le procédé suivi pour la confection de ce genre de monuments. Après avoir établi les com-

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partimcnts , on appliquait dans chacun d'eux une matière bituininouso, sur laquelle on venait coller ensuite une plaque de verre peinte et dorée par derrière. Le devant d'autel ou de tombeau dont nous avons parlé sous le n^ 44 est certainement devenu , depuis la destruction de celui-ci , un objet unique en France.

74. Philippe A' •. — Nous ne pouvons, pour la description de la statue de ce prince, que renvoyer le lecteur à ce que nous avons dit du monument de Louis X. Il y a complète identité de pose et de costume. Ces figures sont d'une très-bônhe exé^ cution ; le ciseau les a franchement et hardimrent taillées dans le marbre ; les détails ont tous été traités avec un soin extrême. Philippe le Long n*est pas entièrement imberbe , comme son père et ses frères ; une petite toufTe de poils a été laissée vers lo milieu de chacune de ses joues. Ce roi mourut le 3 juin 1322, à l'abbaye de Longchamp, laissant son corpd à Saini-Deftiâ, «son cœur aux Cordeliers, ses entrailles aux Jacobins. Pendant sa maladie , les religieux de Saint-Denis étaient allés prooessionneliement et nu-pieds lui faire toucher les saintes reliques; un moment on le crut guéri , mais il retomba dans son mal. « Je sais, disait-il, que j'ai été guéri par les mérites et les prières de saint Denis ; ma rechute provient de ce que j'ai manqué de prudence *. » L'ancienne épitaphe du roi Philippe, rapportée par Germain Millet, a été reproduite sùir un marbre noir comme plusieurs de celles qui précèdent î

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