‹ Monographie de l'île d'Anticosti, Golfe Saint-Laurent: Golfe Saint-LaurentChapitre 121 sur 150 · POISSONS · texte numérisé non relu

POISSONS

En ce qui concerne les poissons de mer, on peut répéter ce qui a été dit à propos des invertébrés marins, au point de vue de Tuniformité de composition de Tile et de ses côtes. L'ab-

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seace de grandes plages sableuses, par exemple, nous prive presque complètement de sélaciens, très répandus sur la côte Nord du Golfe Saint-Laurent.

Quant aux poissons d'eau douce, il peut être intéressant de noter que, malgré nos rivières et nos lacs, dont quelquesuns ont une assez grande importance, nous n'y trouvons que des formes qui peuvent vivre tant dans Teau de mer que dans l'eau douce, comme les saumons, les truites, les épinoches et les fundulus.

Selacii. — Lamna* (non déterminé).

P. G. Maralche.

Se prend pendant Tété sur les lignes à morue. J'en ai mesuré un spécimen de 3 mètres de Jongueur. A. R.

Raja senta? Garman.

Celte raie, qui se prend rarement dans nos parages, est assez répandue sur la côte Nord du Golfe et particulièrement sur les bancs de Natasqhuan. R.

Ganoidei. — Acipenster sturio, Linn.

Quelques rares iQdi?idus ont été capturés dans le golfe. En reyanche, on en prend de grandes quantités en eau douce, en aval de Québec.

Teleostei. — Anguilla chrysypa, Raf.

Les anguilles existent en quantité prodigieuse dans File d'Anticosti, surtout du côté Sud. Leur montée a lieu, à l'état adulte, dans les rivières et les ruisseaux, lors d'une grande marée de la fin d'août ou du commencement de septembre, par une nuit sombre. C'est alors qu'à la pêcbe an flambeau, qui offre une distraction pleine d'intérêt, ou par tout autre moyen connu, on peut en prendre, comme cela nous est arrivé

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maintes fois, un nombre considérable. Ces poissons passent tout rbiver enfouis dans la vase et les racines des berges, d'où on les déloge facilement en tous moments de cette saison au moyen d*une percbe que l'on projette avec force dans leur retraite; on voit alors sortir de tous côtés dans Teau glacée des anguilles engourdies qu'il est très facile de prendre à la foëne. T. C.

Clupea harenguSi Linn.^

Le hareng fait son apparition sur les côtes de Tile, le plus souvent dans la seconde quinzaine du mois de mai. Ses bancs énormes, accompagnés d'oiseaux qui les indiquent de loin, le fou de Bassan, en particulier, sont signalés toujours à la Baie du Renard quelques jours plus tôt qu'à la Baie Ellis. Gela indique bien la marche de ces poissons venant de l'Océan pour frayer dans le golfe.

Outre un précieux article de consommation, sa pêche, faite à la Baie du Renard et à la Baie Ellis où il est extrêmement abondant, fournit pour tout Tété une amorce dont les autres poissons et le homard sont très friands.

En été, par le mauvais temps, des bancs déjeunes harengs s'échouent parfois sur le rivage et, il y a quatre ans, à la Baie Sainte-Claire, il y en a eu tellement rejetés à la côte, qu'on s'en est servi comme engrais pour les terres. Ce sont ces jeunes harengs que l'on appelle sardines dans le Golfe Saint-Laurent et que l'on met en boite sous ce nom en différents endroits. La vraie sardine (celle que j'ai tant vue sur les côtes de Bretagne, à Concarneau en particulier) n'existe pas

Alosa sapidissima (Wilson).

Les pécheurs de l'Anse aux Fraises en ont pris parfois sur leurs lignes à morue.

Salmo salar, Linn.

Ce saumon, qui nous arrive en juin, est alors très commun à la Rivière Jupiter, où l'on en pêche un grand nombre à la mouche artificielle. Il se rencontre également dans les autres rivières de l'île et même dans certains ruisseaux qui se jettent directement à la mer. Il fraye en octobre. Un petit nombre de saumons se voit encore en novembre. Quelques-uns d'entre eux passent tout l'hiver dans certaines de nos rivières où on les trouve au printemps, pâles, décolorés, l'abdomen aplati, et très différents des saumons qui arrivent de la mer à cette époque. Ils ressemblent alors à des ouananiches (Salmo salar

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