‹ Monographie de l'île d'Anticosti, Golfe Saint-Laurent: Golfe Saint-LaurentChapitre 137 sur 150 · ANTHROPOLOGIE · texte numérisé non relu

ANTHROPOLOGIE

de blancs le long de la rive Nord du golfe Saint-Laurent et sur la côte de TAtlantique, et de quelques blancs employés par la Compagnie de la Baie d'Hudson, les habitants de la Péninsule du Labrador sont ou des sauvages ou des Esquimaux. » Les premiers appartiennent à la grande famille algongiiine; les seconds proviennent d'un rantpau Inniiit de la branche américaine, rameau qui a donné naissance à la famille esquimale.

Les Esquimaux habitaient la côte Nord du golfe Saint- Laurent lors de la découverte du Canada, et avant cette époque, leurs incursions ont pu être fréquentes dans Tîle.

Ils étaient établis à FOuest jusqu'à la Pointe aux Esquimaux qui a conservé leur nom, et môme jusqu'à Mingan. C'est alors que vers 1600, des Indiens appartenant à des tribus de la famille algonquine, pourvus d'armes à feu qu'ils avaient obtenues des Français, eurent par ce moyen un avantage incontestable sur leurs anciens ennemis et les repoussèrent à l'Est vers le détroit de Belle-Isle, où l'on voit encore sur quelques îles de petits camps fortifiés dont le plus important se trouve dans le fond de la baie du Bradore, à environ sept kilomètres à TOuest de Blanc-Sablon. Les Esquimaux se retirèrent de plus en plus vers le Nord et actuellement le Goulet d'Hamilton leur sert de limite méridionale.

Ils furent donc remplacés sur la côte Nord du Saint- Laurent par les Indiens dont quelques-uns prirent bientôt, chaque printemps, la route d'Anticosti. Dans leur dernier voyage à l'Ile, vers, le milieu de mai 1882, ils arrivèrent au nombre de six à la Baie Martin, et traversèrent la forêt pour arriver à l'embouchure de la rivière à la Loutre, chassant, chemin faisant, renards, martres, loutres et ours. Ces Indiens étaient des Montagnais qui viennent camper en été sur la rive Nord du Saint-Laurent et accomplissent en hiver d'étonnantes migrations de chasse vers le Nord dans l'intérieur de la Péninsule. Quelques femmes de cette tribu de Montagnais se sont alliées avec des descendants de Français ou d'Anglais habitant le long de la côte, donnant ainsi naissance à des métis.

A rintéricur de la Péninsule se trouve une tribu de Nas* caupis. Ceux-ci ne viennent pas à la côte et présentent par conséquent un type beaucoup plus pur.

Les Montagnais semblent en voie de décroissance. Voici la dernière statistique, donnée par M. Huart* : « Il vient chaque année à Betsiamis environ 120 familles; aux Sept-Iles, 90; à Mingan, 90; à Musquarro, 100 ; à la Baie des Esquimaux, 35; à la Baie d'Ungava, 35. Cela fait en tout 370 familles, et comme les familles, chez les Montagnais, ne comprennent guère en moyenne que quatre personnes, on arrive au nombre de 1 480 individus. On peut dire, en tout cas, que le peuple des Montagnais compte à présent à peine 2000 âmes, y compris le groupe du lac Saint-Jean. Voilà tout ce qui reste de la florissante nation d'autrefois! »

Le recensement total de cette Péninsule du Labrador, plus étendue que la France, donne d'après M. Low* : « 3 500 sauvages, 2000 Esquimaux et 8 800 blancs, ce qui porte la population totale de la Péninsule à 14300, approximativement une personne par chaque 35 milles carrés. »

Lorsque l'on connaît les mœurs et les coutumes de ces peuples chasseurs et pécheurs, on n'est pas surpris de voir qu'ils n'aient presque rien laissé de leurs incursions dans rile et tout ce que j'ai trouvé d'eux jusqu'à présent se borne i. un vieux canot d'écorce enfoui dans la vase d'un lac.

^1. HuART, Labrador et AnticosU.

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