CHAPITRE II
Sans remonter jusqu'à Platon (430 à 437 avant J.-C), qui mentionne des îles au delà de son Atlantide submergée, nous trouvons le premier document authentique, mais un peu vague, concernant les régions de l'Amérique du Nord qui nous occupent, dans la bulle du pape Grégoire IV, intitulée Omnium fidelium dinoscentiœ^ publiée en 824 et conservée aux Archives de Rome. Cette bulle, qui confère de nouveaux pouvoirs à l'archevêque de Hambourg, nommé Auxaire, étend sa juridiction sur les peuples du Nord et de l'Est, dans lesquels sont compris les habitants du Groenland.
Dès avant Tan 1000, les anciens Normands semblent être venus sur les côtes du Labrador*, de Terre-Neuve, et jusqu'en Acadie; mais nous ignorons s'ils ont pénétré, ce qui est possible, dans le golfe Saint-Laurent, où TUe Anticosti occupe une place tellement considérable qu'op ne peut y naviguer quelque temps sans la voir. Plus.tariJ, un évêque du Groenland, Éric Upsi, tenta rétablissement du christianisme dans le Vinland (État du Massachusetts), mais l'hostilité des Indiens le fit jéciuHier dans son entreprise. En 1347, un vaisseau islandais sériait allé, j)itratt-il, faire un chargement de bois dans lellfa«ti«n4{^OUvelle-Écosse).
Ce n'est ipi'i^n 1106 ^ue nous commençons à posséder des
i, Rafn, AntiquUcitee Americansi*
renseignements un peu plus précis et nous voyons qu'alors le pilote génois Jean Cabot a atteint l'île de Terre-Neuve qui ferme à TEst le golfe Saint-Laurent, sans toutefois savoir sll est entré dans ce golfe. En 1500, d'après Malte-Brun \ en 1501 , d'après Reclus ', le Portugais Gaspard Cortereal, fils du gouverneur de Tesceira, aborde à Terre-Neuve, et en visite la côte ainsi qu'une partie de celle du Labrador. Le premier de ces géographes nous dit bien que Gortereal atteint le golfe Saint- Laurent, mais sans nous renseigner davantage.
A partir de 1504, d'après Lescarbot *, les Basques, les Normands et les Bretons péchaient la morue à Terre-Neuve.
Quelques années plus tard, en 1534, Jacques Cartier fait son premier voyage en Canada et visite le golfe Saint-Laurent, Le 15 août de cette même année ^ il découvre l'ile d'Anticosti« qu en raison de cette date il nomme Isle de l'Assomptioru Peu d'années après, en 1542, un autre Français^ M. de RobervaL accompagné de son pilote Jean-Alphonse (de Saintonge), donne à cette ile le nom à' Isle de r Ascension, Ce dernier nous fournit même sur cette contrée les renseignements suivants empreints d'une certaine fantaisie : « L'isie de l'Ascension est une bonne isle et une terre plaine, sans aucunes montagnes, assise sur des rochers blancs et d'albâtre, toute couverte d^arbres jusqu'au bord de la mer; et il s'y trouve de toutes les espèces d'arbres que l'on trouve en France; on y voit des bestes sauvages, comme ours, loups-cerviers et porcs- ^;>ÎC5 ^ Et depuis la pointe du Sud-Est de l'isie de l'Ascension, jusqu'à l'entrée du cap Breton, il n'y a que cinquante lieues. »
En 1562, un pilote de Dieppe, nommé Thomas Aubert, entra dans le golfe Saint-Laurent et remonta le fleuve à 80 lieues de son embouchure.