‹ Monographie de l'île d'Anticosti, Golfe Saint-Laurent: Golfe Saint-LaurentChapitre 20 sur 150 · v. pour plus amples détails : Mgr Ch. Ouay, loe, cit · texte numérisé non relu

v. pour plus amples détails : Mgr Ch. Ouay, loe, cit

HISTOIRK. 29

commencer la colonisation d*Anticostiy au moyen de familles de pêcheurs venues de Terre-Neuve.

Cependant, dès 1870, quelques colons étaient déjà venus s'établir sur Tlle. Deux familles, Belliveau et Wright, s'étaient installées à la baie des Anglais, où vinrent également les Terre-Neuviens, à la demande de VAniicosti Island Company, autrement dite Compagnie Forsyth en 1874. Parmi ces derniers, quelques-uns campèrent à la baie EUis où ils ne demeurèrent que quelque temps. Dans la suite, tous les pécheurs de Terre-Neuve qui restèrent h Anticosti — la plupart d'entre eux furent rapatriés — se fixèrent à la baie du Renard.

A la même époque, se trouvaient à la baie Ellis un nommé Goudreau et le « capitaine » Setters. Celui-ci avait reçu la baie Ellis de son oncle M. Mac Gilvery, qui la tenait lui-même des enfants de Gamache.

Le légendaire Louis-Olivier Gamache ' naquit à Tlslet vers 1784, d'une famille originaire de Saint-IUier-la- Ville, près de Chartres, en France, et mourut à la baie Ellis en septembre 1854. Il vint se fixera l'île d'Anlicosti vers 1810, dans cette baie Ellis qu on a souvent appelée depuis baie Gamache, et qui était fréquentée pendant Tété par des Indiens, des marins et des pêcheurs qu'un homme vivant dans l'isolement pouvait avoir à craindre. Aussi, pour sa propre sécurité, Gamache employa-t-il divers moyens propres à lui faire acquérir la renommée d'un sorcier redoutable. Aussi quelles étranges histoire n'a-t-on pas racontées de lui ? On la vu debout sur un banc de sa chaloupe, commander au diable d'apporter un plein bonnet de bon vent; un instant après, la chaloupe de Gamache faisait vent arrière, les voiles pleines, sur une mer unie comme une glace, tandis que, tout autour, les autres embarcations dormaient sur l'eau, par un calme plat.

« Pendant un grand voyage qu'il fit à Rimouski, il donna un grand souper au démon.

« Seul avec ses compagnons invisibles, il a massacré des

i. Abbé Ferland, Opuscules, Québec, 1877*

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équipages entiers et s'est ainsi emparé d'e riches carga^i^Qns.

« Vivement poursuivi par un bâtiment de )a>Gompaçaie •dos Postes du Roi, il a disparu avec sa goélette au moment où il allait ètrç saisi et Ton n'a plus aperçu, qu'une flamme bleuâtre dansant sur les eaux, etc. »; • :.

Voilà le thème de bien des histoires racontées à la veillée ou sur le pont .d'un bâtiment, et bien faites pour entourer leur héros d^un pouvoir mystérieux qui le mettait à l'abri de toute attaque.

Ein 1871, les familles Doucet et Frank Bézeau, de la baie des Chaleurs, arrivèrent à Anticosti et s'installèrent dans Tendroit qui est devenu depuis, le village de l'Anse-aux- Fraises.

Dans les années qui suivirent, la population ne tarda pas à s'augmenter, tant à la baie des Anglais qu'à l'anse aux Fraises par l'arrivée de nouvelles familles de Gaspé, de la baie des Chaleurs, etc.; mais l'accroissement ne fut pas régulier et subit des fluctuations, en raison, principalement, du plus ou moins de facilités que donnèrent les. compagnies successives aux nouveaux colons..

En 1881, eut lieu un recensement de la population générale de rile, comprenant les phares, les villages delà baie du Renard, de l'anse aux Fraises, de ,1a baie des Anglais, et quelques postes isolés. Le total des habitants s'éleva à 676 dont 359 hommes et 317 femmes; et le partage par nationalité donna : 394 individus de race française, la majorité Acadiens; 264 de race anglaise, 69 Irlandais et 31 Écossais.

Dix ans plus tard (1891), il n'y avait plus que 233 habitants.

Enfin, le recensement de 1903 nous donne 500 habitants, malgré, le départ de toute la population de la Baie-du-Renard* en 1900, comprenant une dizaine de familles. S'il n'y en a pas davantage, c'est que M. Menier n'a encore voulu y faire venir personne, avant d'être bien certain que tous les nouveaux arrivants pourraient largement y vivre. .

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