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TEMPERATURE MAXIMA et MINIMA .1902 Jaimer Février Mais Avril Mai Juin Juillet Août Sept. Oct Nov.
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MAXIM.V ET MINIMA DK L\ TEMPÉRATURE PAR QUINZAINES (Fig. 19) Annôes 1901 et 1902 (thermomètre centigrade)
encore de temps en temps quelques fleurs tardives et frileuses qui réjouissent toutefois le botaniste, malgré leur épanouis-sèment imparfait; mais au point de vue agricole, la plante,, suivant l'expression du chef de culture, « ne fait plus rien » à partir de ce moment, qui est Tépoque où la première gelée. du matin apparaît.
Dans le courant d'octobre, les gelées augmentent de nombre et d'intensité et souvent les lacs sont couverts le matin d*une couche de glace qui fond dans l'après-midi. Il n'y a pas encore de neige tenace. C'est le mois où la majorité des oiseaux migrateurs nous quitte. Au commencement du mois suivant, en général avant le 15 novembre, les lacs gèlent, pour ne plus dégeler de tout l'hiver, et la neige tombe pour ne plus fondre avant le mois d'avril suivant. La vie semble suspendue. C'est le sommeil de la nature !
Le maximum de température que j'ai observé dans l'espace de six années est de -h 26** centigrades et ne s'est présenté qu'une fois. Le. minimum a été de — 39^ centigrades et n'a été observé que deux fois *, comme on peut s'en rendre compte sur les courbes de la fig. 16 où les maxima et les minima ont été relevés par quinzaine dans chaque mois.
Les glaces du golfe, — On peut dire d'une façon générale.
il est vrai, dresse déjà sa belle fructiflcation rouge sur des tiges d'un jaune pâle, et que les lycopodes étendent sur le sol leurs longs rameaux grêles. Dans la forêt, bien que la terre soit encore couverte de neige, les bourgeons des sapins et des épicéas éclatent pour laisser voir les premières aiguilles vertes, qui sont les feuilles, pendant que s'allongent les chatons du peuplier baumier. Dès lors, le parfum de l'air change et la forte odeur balsamique des essences résineuses, dégagée sous Tinfluence des rayons actiniqucs de l'astre du jour, se mélange à. l'haleine salée du golfe, dont nous avaient privés pendant plusieurs mois les banquises compactes. C'est le réveil de la nature I
« Les oiseaux migrateurs, les merles et les petits passereaux de toutes sortes commencent à arriver; le roitelet, dont le corps est gros comme une noisette^ fait déjà sa pâture des premières mouches bleues, aux reflets métalliques et j'en capture un, pour le voir de plus près, je relâche aussitôt ce précieux destructeur d'insectes.
tt Sur les mares d'eau douce, formées d'hier, s'abattent quelques canards, arrivés de la veille et qui seront légion plus tard; de tous côlés, la vie reprend avec intensité »...
1. Les courbes figurées ne présentent qu'un des deux minima, le second ayant été observé cet hiver , le 6 février 1904.
que la température est assez régulière et les écarts brusques et considérables assez rares, ce qui tient évidemment à notre ceinture d'eau salée. Pendant Thiver, quand nous avons les glaces à perte de vue sans le moindre trou d'eau entre Anticosti et la côte du labrador, nous perdons momentanément ce bénéfice d'île, par les vents du Nord et du Nord-Ouest, mais en général pour peu de temps. Les courants, en effet, du bras de mer situé entre le côté Nord de l'île et la côte Nord du golfe, sont assez forts pour ne pas permettre aux banquises de se souder complètement, et les marées et les vents disjoignent constamment ces glaces pour laisser entre elles des espaces d'eau salée, souvent considérables, dans lesquels viennent s'abattre les myriades de palmipèdes qui hivernent dans le golfe. Ces oiseaux trouvent toujours, suivant les vents, d'un côté ou do l'autre de l'île, entre les banquises disjointes, des nappes d'eau libre de quelques hectares à plusieurs lieues de superficie où ils peuvent prendre leurs ébats et, en plongeant, trouver leur nourriture sur le fond.
En moyenne, les glaces font leur apparition dans le golfe vers la première quinzaine de janvier pour disparaître dans la première quinzaine d'avril; mais il y a des écarts importants dans ces dates, suivant les années. En février et mars, à leur maximum d'épaisseur, elles peuvent supporter des charges considérables et non seulement permettent les voyages en traîneau le long de la côte, mais même, comme cet hiver, le transport d'une machine à vapeur de huit mille livres, du Camp Caron à la baie Ellis. Les rapports des différents gardiens de phares nous indiquent que les glaces ont toujours tendance, dans le golfe, à se diriger vers le Sud, où elles se massent entre la Gaspésie, la Nouvelle-Ecosse et l'île du Cap- Breton. Elles entourent alors l'île du Prince-Edouard et les lies de la Madeleine. Mais entre la pointe Est d'Anticosti et l'Océan Atlantique, elles se trouvent, pour employer une expression du pays, constamment dégolfées par les courants*,
i. Cinq heures de flot et sept heures de jusant.
à^ 2te.
de sorte que du côté Sud d'Anticosti, et surtout de la pointe du Sud-Ouest h la pointe Est, l'eau se trouve fréquemment libre*, ainsi que dans le détroit de Cabot, qui fait largement communiquer le golfe Saint-Laurent avec TOcéan Atlantique.
Plusieurs auteurs ont dit que les animaux à fourrures qui se trouvent sur Tlle d'Anticosti y sont venus sur le pont de glace qui relierait l'ile à la côte Nord. C'est ainsi qu'Elisée Reclus* écrit : « Anticosti semble n'avoir jamais fait partie du continent, car on n'y voit ni les serpents, ni les batraciens des côtes de la terre ferme opposée ; des familles entières d'insectes, très richement représentées sur les terres voisines, y manquent aussi complètement. Quant à l'ours noir, il est sans doute venu sur le pont de glace qui recouvre en hiver la surface du golfe ; cet animal a les pattes et le museau teints en rouge par l'eau de mer dans laquelle il cherche sa nourriture. » Nul plus que moi n'est admirateur de notre grand géographe, auquel j'ai eu l'honneur d'être présenté, et je n'hésiterai pas à dire que ses descriptions géographiques de toute la vallée du Saint-Laurent sont saisissantes de vérité et d'exactitude.
Raison de plus pour que je me permette une petite observation à propos d' Anticosti. D'abord, les glaces ne forment jamais un pont continu pouvant permettre le passage d'un animal qui craint autant l'eau de mer, que l'ours, le renard ou la martre.
Difficulté du passage sur la glace de la côte ferme à Anticosti. — Le passage sur la glace, de la côte ferme à Anticosti, à l'endroit du bras de mer le plus étroit, a été tenté par des pêcheurs et des Indiens de la côte Nord. Les voyageurs s'étaient munis d'uu bon canot qu'ils traînèrent avec eux sur la glace, comme cela est la coutume quand on va chasser dans les nappes d'eau libre. A quelques milles de leur point de départ de la côte Nord, ils ont rencontré un assez fort courant qui
1. 16 février 1903. Un garde particulier arrivant de sa tournée m'annonçait qu'à partir de la Pointe du Sud-Ouest jusqu'à la crique de la Chaloupe, la mer était parfaitement libre de glaces, il y a une quinzaine de jours, alors qu'ici, à la baie Sainte-Clairo nous en avions à perte de vue.