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CHAPITRE XIV

EGHINODERMATA

Les Echinodermes * sont représentés sur les côtes de l'île par un petit nombre d'espèces dont, en revanche, quelquesunes offrent un nombre prodigieux d'individus. Je me rappelle, en particulier, un dragage fait dans la Baie Ellis et dirigé par M. Henri Menier, qui prend le plus grand intérêt aiix sciences de toutes sortes, et à l'histoire naturelle en particulier, et dans lequel la drague revenait toujours, désespérément remplie d'une seule espèce animale, un échinide. Aussi les débris de ces animaux se trouvent-ils non seulement sur le rivage, mais souvent dans la bordure de la forêt et sur le haut des falaises, oii les corneilles ont transporté, pour le dévorer tout à loisir, l'oursin que le reflux a laissé à découvert sur le rivage.

1. Agassiz (A.), Revision of the Echini. Cambridge, U. S. A., 1872-74. — Agassiz (L.), Catal. des fam. des genres et des espèces de la classe des Èchinodermes, Ann. se. nat., 1846-1847. — Clark (H. J.), Synapta vivipara. Boston, 1898. — LuDwiG (H.), Beitrûge zur Kenntniss der Holothurien. Wurzburg, 1874.

— LuDwiG (H.), Morphologische Studien an Echinodermen, in Zeit. f. wiss. Zool., 1876-1882. — Lyman, Ophiuridae and Aslrophgtidae new and old, m Bull. Mu. Comp. Zool. Cambridge, 1874.— Perrier (Ed.), Revision de la collection des Stellérides du Muséum, in Arch. zool. exp. Paris, 187o-1876. — Sti.mpson (W.), Marine Invertebrata of Grand Manan, in Sm. Cont. to Knovc. Washington, 1854.

— Whiteaves, Catal. of the Marine Invertebrata of Eastern Canada. Ottawa,

Asteroidea. — Asterias vclgaris, Stimpson*.

Toute l'année.

Un peu au-dessus de la limite de la basse mer jusqu'à trente brasses et peut-être plus. T. C.

Baie Sainte-Claire, Baie du Renard. +.

Dès que le froid se fait sentir, cette astérie quitte le voisinage immédiat de la côte pour se réfugier à de plus grandes profondeurs. C'est ainsi qu'en décembre, alors qu'on n'en trouvait plus une seule à la basse mer, il m'est arrivé d'en prendre plusieurs sur des lignes de fond tendues jusqu'à trente brasses. L'astérie qui a dévaginé son estomac sur l'appât se trouve alors remontée avec lui quand la ligne est relevée. La plus grande que j'aie prise de la sorfe, mesurait trente centimètres dans son plus grand diamètre, de l'extrémité à l'autre de deux bras opposés.

SOLASTER ENDECA, ForbeS.

Toute l'année.

A partir de deux brasses. A. R.

Baie Sainte-Claire, Grand Mac Carthy.

Baie du Renard + .

Crossaster papposus, Muller et Troschel.

Toute l'année.

A partir de deux brasses. R.

Baie Sainte-Claire, Grand Mac Carthy.

Baie du Renard +.

Cette espèce, qui possède treize bras, rappelle beaucoup, si toutefois ce n'est la même, le Solaster papposus des mers septentrionales de l'Europe et en particulier d'Héligoland. On en trouve parfois sur le rivage, en septembre et en octobre, quelques échantillons encore vivants, que la tempête a échoués.

Ophiopholis aculeata (Linn.).

Toute l'année.

A partir de dix brasses. T. C.

Baie Sainte-Claire, Baie du Renard + .

Cette ophiure est tapie dans les cavités de toutes les pierres que l'on ramène du fond. J'en ai trouvé par des profondeurs de 10 à 50 brasses. Il est très possible qu'il y en ait au delà. Je me souviens, en effet, d'avoir trouvé près de l'archipel des Glénans, en France, sur la côte Sud de Bretagne, une espèce voisine, I'Ophiotrix fragilis, par 70 brasses de fond.

1. Tous les spécimens d'i^chinodermes mentionnés ci-après, sauf I'Astro- PHYTON Agassizu, ont été revus par la Smithsonian Institution, et à son instigation, le professeur Charles L. Edwards, du Trinity Collège, de Hartford, Con- ■ecticut, a vérifié l'identification des Holothuries.

AsTROPHYTON Agassizii, Stimpson.

J'ai trouvé une seule fois un débris 'de cette ophiure sur le côté Nord de l'île, près du Camp à Caron et je considère tout à fait cela comme un accident ; aussi ne mentionnerai-je pas cet échinoderme comme existant dans la région côtière d'Anticosli. En revanche, il se trouve assez commun sur l'autre côlé du bras de mer qui nous sépare de la péninsule du Labrador, où j'ai eu l'occasion d'en ramasser dans les algues rejetées sur le rivage plusieurs échantillons, tant à Mingan qu'à la Pointe aux Esquimaux. Il y a dans ces régions de la côte Nord du golfe Saint-Laurent d'immenses et magnifiques plages de sable fin *, siliceux, contenant souvent du fer magnétique et sur lesquelles vit une faune assez différente de celle d'Anticosti, malgré la communauté de leurs eaux et la proximité de leurs côtes.

Echinoïdea. — Strogilocentro tus Drôbrachiensis (MuUer).

Toute l'année.

A partir d'une brasse. T. C.

Baie Sainte-Claire, Baie du Renard +•

La limpidité de l'eau permet, par temps calme, de voir dans les anses le fond jusqu'à trois, quatre et cinq brasses. Il se montre sonvent parsemé de ces oursins.

Ces échinides se nourrissent d'habitude de divers fucus et de laminaires"^ dont on retrouve des débris dans leur tube digestif. En hiver, la basse température de l'eau les engourdit et l'état de leur tube digestif montre qu'à cette époque ils font un jeûne relatif. Par exemple, ils se rattrapent au printemps à l'époque du frai des poissons. C'est ainsi que dans la première quinzaine de juin on les voit en grand nombre sur certains fonds de la Baie EUis qui sont tapissés d'œufs de harengs.

Les côtes de l'île ne m'ont jamais fourni d'autres espèces d'oursins, bien que sur la côte Nord du golfe, aux îles Mingan et à la Pointe aux Esquimaux, où j'en ai ramassé bon nombre, se trouve Echixarachnius parma, Lam., que les pêcheurs appellent le sou de mer.

Holothurioidea.

Si les Oursins se bornent ici à une seule espèce, les Holothuries, en revanche, sont représentées dans deux familles.

1. La finesse de ce sable cause en été, à la Pointe aux Esquimaux, des poudreries de sable qui succèdent aux poudreries de neige de l'hiver et forment des bancs compacts qui couvrent la végétation, envahissent les chemins, bloquent les maisons, etc., causant de multiples ennuis aux habitants.

2. Scott, Nourriture de l'Oursin, in Notes biologiques. Travaux de la station, de biologie du Canada. Ottawa, 1901.

Pentacta FRONDOSA, Jaeger.

Ganad. fr. : Concombre de mer *.

A la fin de l'été et l'automne dans la zone littorale. A partir d'une brasse. A. G.

Baie Sainte-Claire, Grand Mac Carthy.

Baie du Renard +.

J'ai souvent trouvé un assez grand nombre de ces holothuries échouées à mer basse sur la plate-forme littorale du Grand Mac Garthy après une tempête du Nord-Ouest. Les spécimens épanouis les plus grands que j'ai observés mesuraient vingt centimètres.

Cette holothurie se retrouve au Groenland et à Grand Manan-, dans la Baie de Fundy.

PsoLus SQUAMATUS, Duben et Koren.

Zone des laminaires. A. R.

Se rencontre accidentellement à la basse mer.

Baie Sainte-Claire, Baie du Renard +.

CeiRODOTA PELLUCiDA, Vahl.

Juin-juillet.

A partir de la limite de la basse mer. A. G.

Baie Sainte-Claire, Baie du Renard +.

Ce synapte se rencontre en été dans des dépôts de vase pierreuse, assez consistante, de quelques centimètres d'épaisseur et sur laquelle reposent des bancs de moules (Pointe Ouest, dans le fond de la petite baie).

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