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POISSONS

En ce qui concerne les poissons de mer, on peut répéter ce qui a été dit à propos des invertébrés marins, au point de vue de l'uniformité de composition de l'île et de ses côtes. L'ab-

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2. Berthelot, Poissons voyageurs et Oiseaux de passage. Paris, 1870. — De LA Blanchère, La Pêche et les Poissons. Paris, 1868. — Duméril(A.), Ichthyologie. Paris, 1865. — Jordan et Everman, The Fishes of North and Middle America. Washington, 1900. — Jordan, American food and Game Fishes. Dou-

sence de grandes plages sableuses, par exemple, nous prive presque complètement de sélaciens, très répandus sur la côte Nord du Golfe Saint-Laurent.

Quant aux poissons d'eau douce, il peut être intéressant de noter que, malgré nos rivières et nos lacs, dont quelquesuns ont une assez grande importance, nous n'y trouvons que des formes qui peuvent vivre tant dans l'eau de mer que dans l'eau douce, comme les saumons, les truites, les épinoches et les fundulus.

Selacii. — Lamna' (non déterminé).

P. G. Maraîche.

Se prend pendant l'été sur les lignes à morue. J'en ai mesuré un spécimen de 3 mètres de longueur. A. R.

Raja sent a? Garman.

Celle raie, qui se prend rarement dans nos parages, est assez répandue sur la côte Nord du Golfe et particulièrement sur les bancs de Natasqhuan. R.

Ganoidei. — Acipenster sturto, Linn.

Quelques rares individus ont été capturés dans le golfe. En revanche, on en prend de grandes quantités en eau douce, en aval de Québec.

Teleostei. — Anguilla chrysypa, Raf.

Les anguilles existent en quantité prodigieuse dans l'île d'Anticosti, surtout du côté Sud. Leur montée a lieu, à l'état adulte, dans les rivières et les ruisseaux, lors d'une grande marée de la fin d'août ou du commencement de septembre, par une nuit sombre. C'est alors qu'à la pêche au flambeau, qui offre une distraction pleine d'intérêt, ou par tout autre moyen connu, on peut en prendre, comme cela nous est arrivé

bleday Page. New-York, 1902. — Lemoixe (J.), L^s Pêcheries du Canada, 1863.— MoxTPETiT (A. N.i, Les Poissons d'eau douce du Canada (V. De la Blanchère). Beauchemin, Montréal, 1897. — Prince (E.), Les Pêcheries du Canada. Ottawa, 1898. — Rapport annuel du Minisière de la Marine et des Pêcheries, Ottawa. — Sauvage, Les fomons, Paris. — Valexciennes, ]//«/. nat. du hareng. Paris, 1850. 1. Une bonne partie des poissons de l'ile (tous ceux ayant un nota) ont été déterminés par la Smilhsonian Institution sur des échantillons que je lui ai adressés et qu'elle a conservés. Elle a bien voulu, en outre, m'otfrir gracieusement le splendide ouvrage de Jordan et Everman : The Fishes of North and Middle America, qui m'a servi à déterminer les autres. Qu'elle veuille bien accepter, une fois de plus, mes bien vifs remerciements.

maintes fois, un nombre considérable. Ces poissons passent tout l'hiver enfouis dans la vase et les racines des berges, d'où on les déloge facilement en tous moments de cette saison au moyen d'une perche que l'on projette avec force dans leur retraite; on voit alors sortir de tous côtés dans l'eau glacée des anguilles engourdies qu'il est très facile de prendi^e à la foëne. T. C.

Clupea harengus, Linn.*.

Le hareng fait son apparition sur les côtes de l'île, le plus souvent dans la seconde quinzaine du mois de mai. Ses bancs énormes, accompagnés d'oiseaux qui les indiquent de loin, le fou de Bassan, en particulier, sont signalés toujours à la Baie du Renard quelques jours plus tôt qu'à la Baie Ellis. Gela indique bien la marche de ces poissons venant de l'Océan pour frayer dans le golfe.

Outre un précieux article de consommation, sa pêche, faite à la Baie du Renard et à la Baie Ellis où il est extrêmement abondant, fournit pour tout l'été une amorce dont les autres poissons et le homard sont très friands.

En été, par le mauvais temps, des bancs déjeunes harengs s'échouent parfois sur le rivage et, il y a quatre ans, à la Baie Sainte-Claire, il y en a eu tellement rejetés à la côte, qu'on s'en est servi comme engrais pour les terres. Ce sont ces jeunes harengs que l'on appelle sardines dans le Golfe Saint-Laurent et que l'on met en boîte sous ce nom en différents endroits. La vraie sardine (celle que j'ai tant vue sur les côtes de Bretagne, à Concarneau en particulier) n'existe pas

Alosa sapidissima (Wilson).

Les pêcheurs de l'Anse aux Fraises en ont pris parfois sur leurs lignes à morue.

Salmo salar, Linn.

Ce saumon, qui nous arrive en juin, est alors très commun a la Rivière Jupiter, où l'on en pêche un grand nombre à la mouche artificielle. Il se rencontre également dans les autres rivières de l'île et même dans certains ruisseaux qui se jettent directement à la mer. Il fraye en octobre. Un petit nombre de saumons se voit encore en novembre. Quelques-uns d'entre eux passent tout l'hiver dans certaines de nos rivières où on les trouve au printemps, pâles, décolorés, l'abdomen aplati, et très différents des saumons qui arrivent de la mer à cette époque. Ils ressemblent alors à des ouananiches (Salmo salar

■1. Dét. par Smith. Inst.

OuANANicHE, Mac Cartliy), au point de faire hésiter un ichthyologiste bien connu qui ignorait Je séjour d'hiver en eau doace de l'échantillon que je lui avais adressé.

Salvelinus'fontinalis (Mitchill). — {Sm.).

Ruisseaux. Rivières. Étangs. Lacs. T. G.

En 1901, les officiers d'une frégate anglaise, hôtes de M. Henri Menier, ont pris à la ligne, en sa compagnie, 1 300 de ces truites dans un après-midi, rien qu'à l'embouchure de la Rivière aux Canards et en remontant ce cours d'eau sur un petit parcours.

Mallotus yillosus ( Millier) .

P. G. : Capelan.

15 juin au 15 juillet. T. C.

Très utile comme amorce pour la pêche de la morue.

OSMERUS MORDAX (MitchlU).

P. G. • Éplan. Fr. : Éperlan.

Beaucoup plus commun à la côte Nord du Golfe. (Pointe aux Esquimaux).

FuNDULUS heteroclitds (Linn.). — (Sm.).

P. G. : Job.

Cours d'eau. Étangs. Lacs. T. C.

Gasterosteus bispinosus, Walbaum. — {Sm.). Épinoche.

Cours d'eau. Étangs. Lacs. T. C.

ScoMBER scoMBRUs, Linn. — {Sm.).

Maquereau.

ScoMBER COLIAS, Gmclin.

p. G. : Spanish Mackerel.

Apparitions irrégulières.

TflDNNUs THYNNUS (Linn.).

p. G. :Horse Mackerel. Fr. : Thon.

Au large de l'île. A. C.

MoLAMOLA (Linnaeus).

Vu sa rareté dans nos parages, je citerai ce poisson qui a été pris l'été dernier au large de la Pointe des Monts dans le Golfe Saint-Laurent et monté par M. Dionne, conservateur du Musée de l'Université Laval à Québec.

Myoxocephalus GROENLANDicus (Cuv. et Val.)- — (Sm.). p. G. : Crapaud de mer.

Vient frayer en juin sur toute la côte de l'île. Nombreux jeunes eu août trouvés dans l'estomac des plies. T. G.

Hemitripterus americanus (Gmelin). — {Sm.). P. G. : Crapaud de mer. • A. R.

Cyclopterus Lumpus, Linn. — (Sm.).

P. G. : Poule de mer.

Cette espèce arrive pour frayer dans la seconde quinzaine de mai. On trouve alors sur le rivage de nombreux paquets de ses œufs rejetés par les vents du large à la mer haute. T. C.

LiPARis LiPARis, Linn. — {Sm.).

On le trouve à partir de la fin de mai sous les pierres de la zone littorale. A. R.

Pholis gunellus, Linn. — {Sm.).

Ces poissons très voraces nous arrivent avec la grande marée de la fin de mai.

Sous les pierres de la zone littorale. T. C.

Lumpenus Fabricii (Cuv. et Val.).

Avec les précédents. A. R.

Anarrhicas lupus, Linn.

Été. Se prend sur les lignes à morue. A. R.

ZOARCES ANGUILLARIS, Peck. — [Sm.).

Comme le précédent. A. R.

Gadus gallarias, Linn. »

Morue commune.

Fin mai à fin novembre, T. C.

Ce poisson, d'une si grande importance dans notre région, se montre surtout abondant de la seconde quinzaine de juin à la première quinzaine d'août inclus. J'ai pris toutefois encore quelques rares morues le 1" décembre 1901 ; elles avaient dans l'estomac de jeunes Myoxocephalus groenlandicus (Cuv. et Val.).

Melanogrammus aeglefinus, Linn.

P. G. : Poisson de Saint-Pierre. Fr. : Égrefin. Angl, : Haddock, Avec l'espèce précédente. A. R.

HiPPOGLOSSUS HIPPOGLOSSUS, Ljnn.

Fr. : Flétan. Angl. : Halibut.

Été. C.

Cet énorme poisson se pêche avec la ligne à morue. A cause de son poids et de sa vigueur, il est souvent très difficile à hisser abord des embarcations, qu'il a parfois remorquées auparavant sur de longues distances.

PsEUDOPLEURONECTES AMERiCANUS (Walbaum). — {Sm.).

p. G. : Plie.

Été. T. C.

Nos pêcheurs, qui le prennent en grand nombre sur leurs lignes à morue, ne l'utilisent même pas pour leur consommalion* et le rejettent à l'eau.

1. '< Itis a very good-fisli and tells readily in the markets », in Jordan and EvERMANN, Fishes ofNorth America, p. 2647.

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