‹ Monographie de l'Ile d'AnticostiChapitre 45 sur 154 · Geological Survey Department, Ottawa · texte numérisé non relu

Geological Survey Department, Ottawa

gnalé pour la première fois par M^"" J.-C.-K. Lallamme * que, pour mon plus grand profit, j'ai eu l'honneur d'accompagner dans plusieurs de ses excursions géologiques à l'île d'Anticosti, en août 1901. Quelques pages publiées par le savant professeur de l'Université Laval dans le Summary Report of the Geological Survey Department pour l'année 1901 nous donnent le résumé du résultat de ses opérations. On en trouvera quelques extraits plus loin, à propos du quaternaire.

Position géologique d'Anticosti. — Anticosti se trouve situé dans les Basses Terres Laurentiennes des géologues, au Nord- Est de la grande faille Champlain-Appalachienne qui sépare le Canada en deux parties, un bassin oriental et un bassin occidental.

Cette grande ligne de rupture part de l'Alabama aux Etats- Unis, passe à Québec, suit le chenal du fleuve Saint-Laurent pour arriver dans le golfe, en laissant sur la terre ferme de la côte de Gaspé vme étroite bande de silurien de même nature que celle que l'on retrouve sur le côté Nord d'Anticosti. Le reste de l'île présente un caractère qui semble lui être spécial et qui a frappé tous les géologues. Richardson nous dit qu'il a trouvé que les roches de l'Ile étaient, tant par leurs caractères lithologiques que par les fossiles qu'elles contiennent, un peu différentes de celles dont il avait eu connaissance auparavant.

D'un autre côté, j'ai entretenu une longue correspondance avec M. Charles Schuchert, géologue de la Smithsonian Institution, auquel j'avais envoyé des fossiles d'Anticosti, dont il a bien voulu faire la détermination. Les spécimens et les renseignements que je lui avais adressés lui avaient donné le désir de se rendre sur les lieux, et j'aurais eu l'agrément de sa visite, l'an passé, s'il n'avait été obligé de se rendre

1. M»"" J.-C.-K. Laflammc, professeur de géolojjie à TUniversité Laval, chevalier delà Légion d'iionneur, membre de la Société Géologique de France, viceprésident du Congres géologique international de Washington, 1891, vice-président du Congrès géologique international de Saint-Pétersbourg, 1897, etc.

au Congrès de Vienne. Je trouve dans une de ses lettres' : « A un certain point de vue, Anticosti est géologiquenient la plus intéressnte région de l'Amérique. Billings a établi que nous avions là une transition complète du silurien intérieur au silurien supérieur. Si cela est vrai, et apparemment il en est ainsi, Anticosti est le seul endroit de FAmé-. rique du Nord qui présente cette particularité. »

Enfin, M. H. M. Ami, membre de la Commission géologique du Canada, que je n'ai eu l'honneur de voir qu'un instant trop court, m'a remis lui-même un de ses ouvrages ^ dans lequel je lis ce qui suit, à la page 28, à propos du silurien :

« Les Basses Terres Laurentiennes. — Sur l'ile d'Anticosti, des calcaires et des schistes en couches peu épaisses forment une étendue importante de roches siluriennes. M. Billings a donné à ce développement singulier le nom de Silurien Moyen ; on remarque que les calcaires- de Lorraine' de l'Ordovicien Supérieur oflrcnt ici un passage ascendant, sans aucune brèche de continuité dans le caractère lithologique ou l'origine de sédimentation des couches, aux diverses divisions correspondant aux formations Médina, Clinton et Niagara. — On a assigné aux diverses strates siluriennes d'Anticosti, certaines désignations locales basées sur la faune telle qu'elle est classitiée par Billings.

« L'auteur de cette Esquissera l'intention d'entreprendre sous peu la discussion et la revision de ces divisions. »

En attendant la réalisation de cette intention qui pourra éclairer d'un jour nouveau le développement singulier du silurien d'Anticosti et faire peut-être adopter d'autres divisions, je me contenterai pour le moment de suivre celles qui ont été proposées par Richardson et adoptées jusqu'à présent par la majorité des géologues. Je joindrai à ce tableau, comme

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