‹ Monographie de l'Ile d'AnticostiChapitre 52 sur 154 · Échantillons déterminé par. M. Schuchert · texte numérisé non relu

Échantillons déterminé par. M. Schuchert

2. Marnes à Stricklandinia . Ile de Gothland (Scandinavie), Traité de Géologie de Lapparent, ji. 813.

PHARE DE LA POJNTE SUD A MER HAUTE (Fig. 13)

GEOLOGIE. 85

Si nous examinons maintenant les roches de la division E, dans la partie Occidentale de l'Ile, nous voyons qu'elles commencent au Cap Jupiter pour finir à la Pointe du Sud- Ouest. Leur plongement est très régulier et sa moyenne est S. T*» 1/2 0. ; leur inclinaison est, au contraire, très variable.

Certains lits de cette division sont formés de pierres particulièrement gélives et la plage qui ferme l'estuaire de la Rivière Jupiter en présente de nombreux échantillons. Aussi, par les vents du Nord-Ouest, les falaises de cette partie se trouvent-elles très affouillées et l'eau du golfe présente alors à plusieurs centaines de mètres du rivage un aspect trouble dû à la dissolution des roches. Dans l'estuaire de la Rivière Jupiter, sur la rive droite, les assises supérieures de cette division sont recouvertes d'une puissante couche d'argile calcaire dans laquelle s'est produit un glissement perpendiculaire à la direction du lit de la rivière.

Les roches de cette division sont formées de schistes d'un gris verdâtre peu ou pas fossilifère et de calcaires gris jaunâtre, jaune clair, gris cendre, brun clair, le plus souvent légèrement bitumineux.

Division F. — Cette division est la dernière de la série des assises siluriennes de l'île, et la plus élevée. Son caractère lithologique est si tranché qu'il est impossible de la confondre avec aucune autre. Les couches ont souvent, de plus, un aspect tourmenté, leur plongement et leur direction sont irréguliers et leur inclinaison atteint parfois douze degrés. Les roches se présentent principalement sous forme de calcaire cristallin dur, rempli de tiges d'encrines et variant du blanc jaunâtre à la couleur saumon. Le calcaire de cette dernière teinte forme un marbre superbe, visible en maints endroits sur le rivage, auprès de la Rivière Galiote et de la Rivière Chicotle principalement, où il se trouve poli par les marées. C'est d'un charmant effet, en été, par une brise fraîche du matin, que cette côte rose éclairée par les premiers rayons du soleil.

A la Rivière Chicotte, on voit ce calcaire se prolonger dans l'intérieur et la rivière même s'est creusé un lit en plein marbre, lit assez régulier, dont les bords, comme coupés à l'emporte-pièce, forment des baignoires naturelles de un jusqu'à deux mètres de profondeur, et présentent de place en place des marmites de géants.

A moins d'un kilomètre dans l'intérieur, le marbre cesse et la pierre, qui nous montre alors d'assez gros fragments de pyrite de fer, reprend l'aspect gris, commun à toutes les autres régions de l'île. Elle forme, en cet endroit', une succession de gradins semblables à ceux qui se trouvent audessus de la Chute de Montmorency , près de Québec, oiî ils sont appelés les Marches naturelles.

A la Rivière GaliotCj le marbre se présente au niveau de la haute mer où les tempêtes l'ont entaillé en forme d'énormes dents qui s'avancent dans l'eau ^

En gagnant vers l'Ouest, nous rencontrons la falaise des Sauteurs [Jumpers) d'une dizaine de mètres de haut, qui nous montre à sa base des couches de la Division E, et à son sommet celles de la Division F, à calcaire crinoïdal. Un peu plus loin, nous arrivons à la Pointe du Sud-Ouest qui ne nous présente que des assises de la Division F. Les fossiles, autres que les débris d'encrines, y sont rares, mais ces Crinoïdes, en revanche, y ont pris un développement considérable et forment des lits presque entièrement composés de leurs débris, et qui ont jusqu'à dix mètres d'épaisseur.

De la Pointe du Sud-Ouest, pour revenir à la Baie Sainte- Claire, notre point de départ, nous ne rencontrons plus que les affleurements des Divisions E, D, G, B, A, près desquels

1. A partir de ce point, les pierres du fond du lit de la rivière présentent un ispect gris bleuâtre qui s'observe également sur le fond de différentes rivières de

l'île, entre autres, la Rivière Mac-Donald. Ce gris bleuâtre doit être formé comme celui dont parle de Lapparent, Traité de Géologie, 4" éd., p. 1611) « tant par les matières organiques que renferment les vases des rivières que par l'état des sels de fer qui s'y trouvent contenus ».

2. "Vu l'état sableux du sol et la proximité de l'eau salée, la végétation de cet endroit de la côte, comme de plusieurs autres, d'ailleurs, est maigre et les arbres } sont rabougris Mais il serait tout à fait injuste de juger des arbres de l'intérieur

GÉOLOGIE. a7

nous avons dû pousser des pointes, chemin faisant, afin d'examiner chaque division à son affleurement oriental et de suile après, à son affleurement occidental, avant de passer à la suivante.

Il en résulte qu'ayant fait en cours de route des incursions dans la partie occidentale du côté Sud, dont il nous resterait autrement à faire l'examen, notre voyage géologique autouide l'île &e trouve terminé.

Pour en finir avec le silurien, je donnerai, d'après Richardson, l'épaisseur des assises de ce terrain depuis la côte Nord du Saint-Laurent jusqu'à et y compris la Division F :

mètres.

Ile du Havre (archipel des Mingan) reposant sur gneiss

laurentien 46 640

Assises du C^ena/ de Mn^an, cachées par l'eau .... 37 908

Grande lie Mingan (différentes couches supposées de

l'âge des calcaires Chazy, Birdseye et Black-River) . 90 400

Assises cachées par l'eau entre cette Grande Ile Mingan et Vile d'Anticosti. Elles sont supposées de l'âge des couches supérieures de Birdseye et Black-River, du calcaire de Jj-ewfow, des schistes d'6'7ica et des couches inférieures de Hudson River 550 800

Division A 74 196

Total 1474 712

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