V. fig
Si j'ai donné la traduction de toute cette partie de l'intéressant mémoire du professeur de géologie de l'Université Laval, c'est que, évidemment, on ne saurait mieux dire. Je me permettrai toutefois de ne manifester aucune inquiétude en ce qui concerne le comblement futur du magnifique havre de la Baie Ellis. D'abord, les dépôts qui se trouvent actuellement dans la partie qui sert de port sont des dépôts meubles dont une drague aurait facilement raison, s'ils venaient à être gênants dans un avenir plus ou moins éloigné. Cette action de la drague pourrait être augmentée par une retenue d'eau qui donnerait une chasse à mer basse et faciliterait l'entretien d'un chenal, là où il serait nécessaire, De plus, l'appontement actuellement construit est en bois et n'aura pas par conséquent une durée indéfinie; il aura donc bien le temps d'être usé avant qu'il ne devienne hors de service par l'exhaussement. Rien n'empêchera alors nos arrière-petitsneveux de construire des maisons dans cette partie de la baie actuellement navigable. Mais alors un autre appontement pourra être établi à la hauteur du Cap Blanc, des Rosselets ou même du Cap à l'Aigle, et si le fond de la baie se comble dans la suite des siècles, la plate-forme sortant de l'eau de plus en plus remplacera les falaises actuelles, et par exemple la PoiiUe des Ivrognes^ remplacera le Cap Hejiri. Les sondages de la carte de Bayfield nous montrent que, de cette façon, la durée de la Baie Ellis sera, pour ainsi dire, illimitée.
L'emplacement de Chicago est bien menacé d'être envahi par les eaux dans deux mille ans, ce qui n'a pas empêché d'y construire et d'y reconstruire l'immense cité que l'on connaît. Il vaut mieux pour Anticosti sortir de l'eau que s'y enfoncer, bien que les marins puissent désirer le contraire à cause des dangers que présente pour eux cette île en plein golfe. Quoiqu'il en soit, l'île d' Anticosti, qui a eu autrefois des mouvements d'affaissement, est maintenant en voie d'exhaussement. Que de pays florissants sont dans la même situation !
]. Qui, espérons-le, aura change de nom.
DEFRICHEMENT AUGER. — TERRAIN DE TRANSPORT (Fig. 33)
DÉFRICHEMENT AUGER. — BLOCS ERRATIQUES ANGULEUX (Fig. 32)
GEOLOGIE. 93
et qui peut dire, même au point de vue géologique, ce que réserve l'avenir?
A la suite de M?' Laflamme, je reprendrai rapidement la question du quaternaire d'Anticosti en notant quelques observations personnelles. Je distinguerai, à propos* de cette époque pléistocène, trois étages comme cela a été fait pour le même terrain en Canada : 1" l'étage glaciaire, 2° l'étage Champlain, 3» l'étage des terrasses.
Étage glaciaire. — Sans vouloir entrer dans les distinctions des phases glaciaires de cette période, je constaterai simplement qu'à l'île d'Anticosti les traces de l'étage glaciaire sont nombreuses. Dans le cours de cette étude, il a été parlé à différentes reprises des blocs erratiques que l'on rencontre sur l'Ile à chaque instant. Ce qui a frappé M»'" Laflamme qui a une grande habitude d'en voir en Canada, c'est que ceux de l'Ile sont plus arrondis, moins anguleux que ceux du Continent. Cette observation est, en effet, parfaitement exacte^ tant qu'il s'agit de tous les blocs erratiques que l'on rencontre le long de la côte et même souvent un peu loin du rivage, tant à la Baie Ellis, où ils sont légion, en particulier, qu'à la Baie Sainte-Clai?'e; mais, à quelques kilomètres dans l'intérieur -, où l'action destructive des vagues s'est fait moins longtemps sentir, nous les retrouvons anguleux, comme en plein milieu du Canada.
Dans ce même défrichement Anger, dont la fig. 32 montre une petite portion, se trouve un véritable drift ou terrain de transport (fig. 33), un peu remanié et constituant un mélange de roches cristallines et de roches calcaires, sorte d'argile à blocaux. Tout à côté, à l'Est se trouve une savane, et au Sud, un petit étang, qui se touchent. A l'intersection des deux, le fossé de la route nous montre une argile à Saxicava qui fait partie de l'étage suivant.