CANAL DU LAC SAINT-GEORGES
Après son achèvement (Fig. 35)
CANAL DU LAC SAINÏ-GEORGE S Après la fonte des neiges (Fig. 30)
GEOLOGIE. 97
présente trente-quatre pieds* de calcaire gris, jaunissant à l'air, et renfermant peu de fossiles. La surface d'un des lits, vers le milieu de la masse, est caractérisée par une particularité qui est probablement le résultat de l'action du temps. Le lit a deux pouces d'épaisseur environ, et' il est percé d'une foule de cavités profondes, ayant environ un pouce de largeur, et deux ou trois de longueur : dans chacune de ces cavités, on aperçoit un fragment de coquille^ placé le bord en l'air. Les cavités affectent un parallélisme général, mais quelques-unes traversent les autres, et quelques-unes descendent à travers le lit. »
Ce fait, très bien observé, mais pour lequel l'auteur n'a pas voulu conclure, donne une preuve de plus, bien évidente, de l'exhaussement récent de l'île, puisque ce lit in situ se trouve à cinq mètres du niveau des plus hautes marées. Les trous dont parle l'auteur ont été creusés par la Saxicava arctica qui vit actuellement dans les eaux du Golfe, et les fragments de coquilles ne sont autres que ceux de mollusques de cette espèce. Cette observation d'une roche in situ perforée par des mollusques lithophages rappelle à l'esprit le phénomène analogue observé sur les colonnes du temple de Jupiter Serapis*, près de Naples. Ici, comme là, il y a eu des mouvements d'affaissement et d'exhaussement. En ce qui concerne l'île, le mouvement d'exhaussement serait suffisant à lui seul pour permettre d'expliquer la présence, à cinq mètres au-dessus de la haute mer, de roches perforées, mais nous avons vu précédemment que d'autres raisons plaidaient également en faveur d'un affaissement considérable au début de l'étage Champlain.
En arrivant à la Baie Ei/is, on trouve dans le fond de cette baie un énorme banc de cailloux roulés, peu anguleux, contrairement à ce qui se présente le plus souvent, et au milieu desquels se voient de nombreuses Mya akenaria. C'est dans ce