‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Le mobilierChapitre 232 sur 437 · Lehoreau, t. III. p · texte numérisé non relu

Lehoreau, t. III. p

4. On appelait fêtages des repas dus par l'évêque ou certains chanoines à leurs confrères et aux officiers de l’église, chantres, etc., aux grandes fêtes. Tout y était réglé avec la plus grande minutie quant au nombre et à l'espèce des plats, du vin, etc. L'évêque devait cinq fêtages par an : à la S. Maurille, à la S. Maurice, à Noël, au Jeudi saint et à Pâques. Ces fêtages, sujets de procès continuels, furent, par une transaction, faite en 1569, convertis en argent ; l'évêque devait payer aux chanoines, chapelains et autres intéressés 75 livres par fêtage.

200 onographie De la cathédrale d'Angers.

Pierre de Dourges, chargé déjà par le chapitre de l'exécution de la châsse de S. Maurille, fit marché avec lui, le 12 juin 1476, au prix de 12 livres, pour refaire la croix des Fêtages. Voici le résumé de l'opération (°).

L'or de la vieille croix pesait 2 marcs, 4 onces, 6 gros ; on y employàa l'or de deux petites croix, quatre anneaux d'or de l’ancienne croix et un autre anneau : le tout montait à 3 marcs et 5 onces. On y ajouta ensuite 59 pierres pesant 2 onces, I gros, un crucifix d'or de 4 onces, 3 gros le reste des ornements 4 onces, 4 gros, enfin un camahieu, une tête blanche et 18 pierres, tant ametistes qu'autres de 6 gros 1[2.

L'or de la nouvelle croix pesait 4 marcs, 5 onces, 7 gros: elle était ornée de 76 pierres, dont 2 saphirs, près de la vraie croix, une ametiste et une vache gravée au-dessus de la tête du Christ une topaze auprès, de quatre émaux de plique, de cinq émaux ronds et d'un petit. Du côté de la vraie croix, il y avait quatre grands et quatre petits émaux ronds. Le tout (or et pierres), pesait 5 marcs, 7 gros.

On trouva dans une des vieilles croix employées pour faire celle-ci un os croche, qui fut remis dans la nouvelle, achevée en octobre 1476.

L'inventaire de 1499 la décrit ainsi :

Une croix d'or, garnye de pierres telles quelles de diverses couleurs, d'esmaulx en quelques endroits d'un costé de la quelle croix y à un crucifix en bosse, duquel 21 manque Les doigts de la main gauche et d'aullre costé y à une croix plate, où l'on tient y avoir de la vraye croix, avecque un baston couvert d'argent doré à feurllages, auquel 1l y à une grosse ponmetle et une chesnelle d'argent, qui se démanche d'avecques le dict baston, lequel est enboutr d'un bout de fer.

Cette belle croix pesait 7 marcs, VIT onces, y compris le bois du bâton; elle exista jusqu'à la Révolution.

Du temps de Lehoreau, on adaptait une chandelle de cire jaune à la pommette de cette croix, qu'on allumait dans la nuit de Noël au moment du chant de la Généalogie de N. Seigneur et pendant la messe de minuit (‘). € On l'exposait au reposoir du Jeudi-Saint € sur un carreau avec un cierge jaune pour les stations du peuple avec un bassin pour « recevoir les offrandes (:). »

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