CHANDELIERS D’ACOLYTE ET AUTRES
Il y avait deux chandeliers d'acolyte en argent blanc pesant 14 marcs, donnés comme neufs dans l'inventaire 1286 et deux autres très grands laissés à l'église par Louis II, comte d'Anjou, qui mourut le 29 avril 1417.
Ils sont qualifiés de so/abrlia, dorés par endroits et pesaient 26 marcs et demi. On les trouve dans l'inventaire 1643 ainsi désignés: Deux grands chandelers d'argent dorés au bout et à la pommette du milieu, à chacun desquels y a huit ymages en bosse d'argent doré, supportés de trois lions par dessoubs la patte et se démontent à virolles.
Un chandelier était destiné à porter un cierge devant les reliques, quand on Îles exposait sur une petite table pliante a Loc, attachée à la balustrade du sanctuaire (*): Unum candelabrum ligneum argento operato coopertum el munilum cum disco sive bassineto et clave argenteis, quod deservit ad reponendum cereum ante reliquias.
Enfin le chanoine Jean de la Barre donna un petit chandelier (°): Ürum minus candelabrunm GODERONÉ galice de argento vartato pondere II m. II On. II £g. Qui servait au grand autel et à la chaire de Monsieur d'Angers, au quel y avait deux bobèckhes ; il était fait en orme de salière.
FLABELLA.
XII ou XIII: siècle,
Sous le nom de Fabella, philaciæ rotunde et de dyademata, je trouve dans les inventaires deux éventatls, sur lesquels je m 'arrêterai un peu longuement. |
Celui de 1255 dit: {em duo FABELLA, argentea deaurata, cum lapidibus et baculis argenters.
Celui de 1286 : Duo PHILACIX rotunde de argento, cum baculis de argento.
Celui de 1421: /{em unum DYADEMA per modum PATENA, ?n qua sunt XX V1] lapides. Ltem aliud DYADEMA fractum, in quo sunt TX lapides el vocalur DYADEMA VETUS TESTA- MENTUM.
Enfin, d'après l'inventaire de 1495, une croix était figurée sur le seul qui existât alors : Quoddam DYADEMA cum baculo argenteo, et in eo qguedam CRUX figuratur et circulus ille in modum dyadematis. 11 est réparé par l'orfèvre /ean Ogtrer, d'après le compte 1495-1496.
is Fab, Ep. 2107: Inv..de 1606, 2. Fab. II, pp. 190 et 334.
L'ancien Trésor. 217
Les textes précédents se complètent les uns les autres et désignent à ne pas s’y tromper les disques, ornés de croix avec filigranes et pierreries, d'émaux champlevés et de cabochons, des anciennes collections de M M. Basilewski et Sellière, ou conservés sous le nom de croix stationales à la cathédrale d'Hildesheim.
Quelques archéologues y ont vu des croix Processionnelles ou stationales (‘), les autres des croix de consécration (*). Cette dernière explication paraît ingénieuse si on les compare avec les croix de consécration, portées par les statues d'Apôtres de la Sainte-Chapelle ou de la cathédrale de Cologne.
Pour moi, les textes précédents enlèvent toute incertitude, et je n'hésite pas à voir dans ces disques émaillés des Jfabella ou esmouchouers (appareils destinés à écarter les mouches du prêtre pendant le saint sacrifice).
€ Dès les premiers siècles du christianisme, cet ustensile fut considéré comme nécessaire € à la célébration des saints mystères. Dans les coutumes de Cluny, il est dit que deux € diacres doivent toujours se tenir près du célébrant, munis d'esouchoners pour empêcher € les mouches d'approcher de l'autel (3). »
L'usage du fabellun paraît avoir été généralement abandonné vers la fin du XIVe siècle.
On les faisait en diverses matières. Un inventaire de la cathédrale de Salisbury, daté de 1222, en inscrit un ex arsent, deux en bo’s et en parchemin. Saint Paul de Londres, vers la même époque, en avait un en f/umes de paon. La cathédrale d'York, mieux pourvue, en pouvait montrer un en argent doré du poids de cinq onces, décoré de la représentation émaillée d'un évêque. À Rochester, en 1346, le ffabellum était de sorte, ajusté sur un manche d'ivorre (+).
La signification symbolique de cet instrument est expliquée dans une lettre d'Hildebert, évêque du Mans, à la fin du XIe siècle, I] devait écarter les mouches de l'autel et rappeler à l’officiant qu'il faut éloigner de son esprit les tentations et vaines pensées. Æ/abel{um congruum pro pulsanais muscis instrumentum. Dum igilur.…. flabello descendentes super sacrificia muscas abigeris, a sacrificantis mente supervententiun incursus lentalionut.
Les inscriptions, tracées en lettres d'or sur le Wabellum en parchemin de Tournus (;) (XIIe siècle), conservé dans la collection de M. Carrand, expliquent le rôle de cet instrument : il rafraichit et chasse les mouches ; il éloigne les oiseaux importuns.
Sunt duo que modicum confert æstate flabellun: Infestas abioit muscas el miligal æstum.
Hoc decus eximium pulchro moderamine gestum Condecet in sacro semper adesse loco ;
Namque suo volucres infestas flamine pellit.
Fugat et oëscenas tmporlunasque volucres.
1. Vouveaux Mélanges d'archéologie, par le P. Cahier. Décorations d'églises, pp. 277 et 278.
2. Catalogue raisonné de la collection de M. Basilewski, par M. Darcel, p. 76.
3. Dictionnaire du Mobilier français de M. Viollet-le-Duc, t. Il, p. 103. Éventail.