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Le luminaire et les appareils D’éclairage. 295

nécessaires pour la célébration des Messes. En outre, de dupplicibus dues par le trésorier, on ferait faire des czerges pour le jour de la chandeleur, pesant un quarteron, sous la surveillance d'un commis du chapitre. Les chanoines les auraient pendant la grand’ messe, les présenteraient à l’offerte et les reprendraient ensuite... (°).

J'ai dit (p. 163) que l’évêque Guillaume la Mouche signait ses actes sous la chässe de saint Maurille et qu'il fonda en 1177 deux cierges d'une demi-livre, qui devaient brûler jour et nuit devant les reliques ; il laissa pour cela cent sols de rente de son patrimoine (°).

Yves, chanoine, donna quelques vignes, pour établir à perpétuité sx crerges de cinq livres chacun, pour le /xmrnaire des fêtes doubles et de celles à cinq chapes. Le chapitre fonda de son côté 30 sols de rente en faveur de la Celérerie pour le /xminaire par acte de 1199().

Le érésorier, dont les revenus étaient considérables, fut chargé du /#minaire et de quelques autres parties du service jusqu'en 1215. À la suite de contestations entre le chapitre et lui, l'évêque Guillaume de Beaumont fit alors abandonner à l'église par le trésorier soixante livres de son revenu, à la condition que les chanoines prendraient soin dorénavant du /#mnatre, du son des cloches et de plusieurs autres détails (*). € Capitulum verd in se suscipret curam et sumptus de cetero factendos circa querenda luminaria, pulsandas campanas el omnia hujusmodi oneraque per thesaurarium et ministros ejus solebant hactenus exerceri...» On lui laissa cependant l'obligation de fournir XX V livres de cire & 2x media quadragesima » pour le cierge pascal. Chose curieuse: il pouvait en certains cas faire éteindre les cierges et empêcher les cloches de sonner : « Sz contingat eliam quod thesaurarius habeat contra capzlulum querimoniam aliquam, super qua nollet capitulum justitiam et judicium exhibere, penes thesaurarium remaneret dignilas et potestas interdicendi pulsationem campanarum et extinguendi luminaria, sicut circa alios thesaurarios Andegavenses fuit in nostra ecclesia observalunt.

Dans la suite, ce prélèvement de soixante livres sur les revenus du trésorier fut élevé au double. Le trésorier, toutefois, obtint en 1294 une diminution de dix livres sur les cent vingt, qu'il payait chaque année en abandonnant au chapitre les oblations des lundi, mardi et mercredi de la Pentecôte (5). Voilà pourquoi le compte de fabrique de 1463 n’enregistre plus, au nombre des recettes, que cent-dix livres, dues par le trésorier (‘) « anno guohbet

Pro supportando onus luminaris, vestimentorum et aliorum ecclesie necessarium, ultra XX V /6. ceræ pro cereo paschal. Il en est de même dans le compte de 1540 à 1541 (’).

D'après les comptes de l'église de 1381 à 1383 (*), la fabrique employait annuellement de douze à quatorze cent livres de cire, à trois sols, deux deniers la livre, £uit à neuf

Jallais d'huile de noix, valant de six sous et demi à douze sous et demi le jallais et 4xzt

livres d'huile d'olive pour le saint Chrême, du prix de deux sols, un denier la livre.

. Bibliothèque d'Angers, Ms. 886, t. I, p. 273.

. Ibid., Ms. N° 669, p. 19" et Ms. N° 618, t. III, p. 205".

. Ibid., Ms. N° 669, p. 20.

. Archives de Maine et Loire. Série G. N° 378, p. 64.

. Ibid., Série G, N° 378, p. 68.

. Fabrique. Registre sans pagination.

. Bibliothèque d'Angers, Ms. N° 667. Recepta pensionis annuæ huic bursæ debitæ per dominum thesaurarium

N Qui & Q) D

qui debet quolibet anno summam centum decem librarum turonensium.…

8. Ces comptes sont perdus. La citation est empruntée à la Voice de la Ville d Angers, de Thorode, rééditée par M,

l’abbé Longin, p. 82.

296 Sponographie de la cathédrale D Angers.

L'Aurle de noix servait à entretenir la lampe suspendue devant les reliques et aussi celles qui étaient attachées au haut de la nef devant le crucifix, dont il est fait mention dans le Calendrier de l'église d'Angers en ces termes : «€ Junius. 4 kal. Gilbertus, laicus, qui dedit ecclesiæ nostræ 30 solidos, quorum 15 destinavit emendo oleo ad opus lampadarum, que sunt ante crucifixum ('). 3

Le luminaire était évidemment une lourde charge. Le décret d'union de la cure de Chatelain à la fabrique, fait par l'évêque Hardouin de Bueil, le 22 mars 1389, en est la preuve : € gravibus expensis circa luminare in cera el oleo, nocte dieque horis diurnis et nocturnis el alias continue ardens.… » (*)

Outre les revenus fixes, dont je viens de parler, la fabrique avait encore pour le luminaire des ressources éventuelles. Ainsi, sur les seize cent vingt neuf livres de cire, fournies du 1 mai 1417 au samedi d'après la saint Jean 1418, onze cent dix-sept provenaient des obsèques de Louis, roi de Jérusalem et de Sicile (*). La refonte se payait en ce temps-là deux deniers par livre : « Debent eidem ceratori pro factione seu operatione lotius dicte ceræ, pro qualibet libra IT d. que ascendit ad summam X\II I]. XI d. » Cette opération ne se faisait pas sans une grande diminution de poids, ainsi le luminaire neuf pour 1417-1418 ne monte qu'à onze cent deux livres dont voici le détail (+) :

À PRO MAGNO LUMINARI FESTI PENTHECOSTES DOMINI, CZ27 L. cum dimidia cere. — Lien in dicto festo et de dxta cera pro XX XV cereis, pro pondere XX XV À cere.

D 1TEM PRO FESTO SANCTI MARCIALIS, XX V cereos pro ponendo circa altare, quilibet unius libre, sic XX V L. cere.

C Ztem XV julit pro CEREIS PUERORUM e/ BACINORUM ad deserviendum in ecclesia III7* l. cer.

À PRO MAGNO LUMINARII ASSUMPTIONIS BEAT-E MARLE C777 L. cum dimidia cere.

B {em in FESTO NATIVITATIS BEATÆ MARLE pro À V1] cereis, pro LANCEA, quilibet de dunidia libra, vallentia VIII L. cum dimidia cere.

À PRO MAGNO LUMINARI SANCTI MAURICII CZZ7 L. cum dimidia cere.

C Zlem quinta die octobris pro PUERIS ef BACINIS ZL XII L. cere.

À PRO MAGNO LUMINARI FESTIVITATIS OMNIUM SANCTORUM. CZ77 L. cum dimidia cere.

B D. Pro LANCEA in FESTO BEATI RENATI V77171 / cum dimaidia ceræ. — tem in dricto festo pro ponendo circa allare dicti sancti Renati XX VTT l. cere.

1. Bibliothèque du M' de Villoutreys. — Dubuisson-Aubenay. Afémoires historiques du pais d'Anjou et duché de Beaufort. Manuscrit. Ex Calendario Sancti Mauritii Andegavensis, p. 8°.

2. Archives de Maine et Loire. Série G. N° 379, Fab. 7. L'importance de la dîime de Chatelain ressort de cet article du compte de Fabrique de 1463. Xecepta.…. Pro firma decime ecclesiæ parochialis de Castellano huic bursæ spectantis affirmalæ hoc anno rectori ejusdem loci tanqguam plus offerenti, XX VII ZX Ss.

3. Les sépultures et les anniversaires solennels, de plus en plus nombreux, procuraient à l’église beaucoup de cire. Nous en avons, la preuve dans les recettes de 1418-1419. « Alia recepta pro caduco luminari Anniversariorum solemniurm facta per manus bursarit..… Ab heredibus defuncti Johannis de Cherbayo, XII torchas et IT[[° cereos, quilitef duarum lidrarum, ponderantes post solemnitates sepulture et septimi, X'XV L. ceræ.— Ab executoribus defuncti Andre Gaudun sex torchas el I1IT cereos, quilibet unius libre ponderantes post solemnitates, XIT l.cere, — Ab executoribus defuncti domint Penitentiarii NII torchas el quingue cereos, quilibet duurum librarum et decem parvos (cereos), quilibef unius quarterti, ponderantes post solemnitates XXX l. ceræ. — El est sciendum quod tsta cera remansit et exvpansala fuit cum alia cera ecclesie. >

4. Registre de la Fabrique, sans pagination. — Les grandes lettres en tête de chaque article n'existent pas dans l'original : je les ai ajoutées ici pour faciliter les observations.

EP e nn

Le luminaire et les appareils D’éclaitage. 207

À. PRO MAGNO LUMINARI NATIVITATIS DOMINI C7/777 /. cum dimidin cerce (*). — /tem in dicto festo pro duabus torchis X VJIT L. cere.

BE Z/em in FESTO PURIFICATIONIS BEATÆ MARIÆ P70 CEREIS DOMINOKUM, P70 LANCEA ac etiam (CEKEIS) cappellanorum L L. cere.

A F {em pro FESTO PASCHÆ, {am pro TENEBRIS, g4a2 pro MAGNO LUMINARI, #ecnon COM- PLEMENTO CEREI PASCHALIS #/{ra XX V /. cere, quas thesaurarius solvit quolidet anno CALE CNP.

B Z{em in FESTO ASCENSIONIS DOMINI pro LANCEA 777 /. cum dimidia cere. llem X111 matt pro PUERIS ef BACINIS À Z.

À Îlem pro MAGNO LUMINARI PENTHECOSTES DOMINI /7/77X%X 77 /.cere. Residuum fuit de cera eccleste.

B Z{em pro FESTO CONSECRATIONIS CORPORIS CHRISTI, #70 LANCEA W777 L. cum dimidia cere de ecclesta.

B Z{em pro LANCEA #2 festo NATIVITATIS BEATI JOHANNIS BAPTISTÆ V777 À. cum aimidia ceræe de ecclesta.

Cette liste des fournitures du cirier, pour le cours de l’année, donne de précieux renseignements ; je vais les grouper et les compléter, d'après divers documents.

1° En quoi consistait ce grand luminaire À de CIITI 1. ‘/, renouvelé à la Pentecôte, à l'Assomption, à la Saint-Maurice, à la Toussaint, à Noël et à Pâques ? J'en trouve le détail dans le compte de fabrique de 1477 (°) ; il comprenait :

{ 1° XIX cierges de cinq livres chacun, soit IIIIx* XV I.

| 2° XVII cierges d’une demi-livre (#ro lancea) soit VIIT 1. ’/,

2° La Zancea B était un appareil de luminaire, placé en avant de l’autel et suppléait aux

DPoutres où aux rateaux, chargés de cierges, en usage ailleurs. C'était vraisemblablement une longue perche ou tringle de bois, analogue à la hampe d'une lance (/ancea) (°), suspendue à la voûte par ses deux extrémités, sur laquelle étaient fixés les dix-sept cierges dont nous avons parlé, treize au-dessus, au moyen de pointes de fer, et quatre en dessous dans les lampes d'argent, de l'inventaire de 1297. (Voir page 229.) Les cierges de la /ancea étaient renouvelés aux six principales fêtes de l’année A et entraient dans la composition du grand luminaire ; ils l'étaient encore aux 6 fêtes B de la Nativité de la Vierge, de saint René, de la Purification, de l’Ascension, de la Fête-Dieu et de la Saint-Jean.

ten tout CIII 1. :/,

1. Remarquons ce chiffre de CIIII livres et demie au lieu de CIII livres et demie : l'explication nous en est donnée par Lehoreau, dans son Cérémonial (Livre IV, p. 303) : { Dans la nuit de Noël, au moment du chant de la généalogie, arrive le plus ancien chanoine, portant le plus beau texte des Évangiles, tenant en main un flambeau de cire jaune de Za pesanteur d'une livre, au haut du quel est attachée une chandelle allumée de pareille cire d'environ un quarteron, quasi lumen de lumine... >

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