‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Le mobilierChapitre 43 sur 437 · LINGES DIVERS. — (LINTHEAMINA DIVERSA · texte numérisé non relu

LINGES DIVERS. — (LINTHEAMINA DIVERSA

1418. — Jlem repertum juil unum paramentum de lineo, quod non erat in inventario.

1467. — Unum magnum velum sive lintheamen, quod ponitur super majus allare in dre paschæ (Un grand drap frangé qui sert à la cérémonie des Matines le jour de Pâques 1643) (*). — {cm unum longum velum antiquum ad lesendum ymagines existentes sub Crucifixo () lempore Kadragesimeæe (ex quo fiant lintheamina ad tegendum ymagines in Kadragesima 1505). — {em plura lintheamina ad cooperiendas ymagines.

1505. — Z{em aliud linthcamen novum ex lino ad ponendum sublus crucifixum in navt ecclesiæ 1525.

1596. — {em quinze coueffes pour couvrir les callices. — Item deux voilles pour porter

les saintes Huilles au jeudy absolu.

1599. — Deux grands draps, qui se lendent ung au grand autel durant le Caresme et l'aultre en la nef devant nostre Dame.

1645. — Once pochettes à calices.

Je ne terminerai pas cette analyse des anciens inventaires sans dire un mot des meubles, qui renfermaient les ornements de l'église.

Presque tous ont un chapitre consacré aux meubles de la sacristie : Armarie, arche extislentes 1n reveslarto.

1467. — Unumm pulchrum chappier, gallice, coopertum de corio nigro cum tribus ferraturits, senanatuin clavis cuprers cl deauralis el fuit factum ad reponendum cappelles et cappas ditiores.

Un ancien compte de fabrique nous donne à son sujet de minutieux détails :

Misia extraordinaria, facta pro capario novo ubt ponuntur pulchre cape, quas dedit rex Srcrlie eccleste.

EE primo, decima die jullir tradidit presens bursarius Petro du Perray, minutarto, pro Jactione dicti caparu, gallice chappier XTIT scuta nova, vallentia in moneta nova XIII L. X VIT s.—Llem XX VI januartt tradidit prefatus bursarius Geraldo le Noyr,pro cooperiendo diclun caparium de corio nigro et clavis rotundis de electro gallice leton XL L. — Item dicto Geraldo le Noyr, pro portando dictun caparium in refectorio et reportando illud in loco bi est de present in revestilorio X V11 5. VI d. … tem pro una trochea, gallice poullie, de electro, pondere sex liôris solvit idem bursarius XX 5. — llem pro uno lathomo, qui posuit dictan trochcam, gallice poullie, in muro dicte ecclesie ad operiendum dictum caparium, pro pena el plastro ad hoc necessario {111 5. IT d. — tem pro novem brachiatis corde ad ponenduin 2n dicla trochea, gallice poullie, tradidit X S$.

1. [1 faut remarquer ici, que c’est seulement à partir de 1643, qu'on rencontre de la dentelle aux nappes d’autel; c'était évidemment une innovation à la cathédrale d'Angers.

2. J'ai décrit cette cérémonie dans l’ancien Trésor de la Cathédrale d'Angers, À article des œufs d’autruche; j'y renvoie le lecteur. (Xevue de l'Art chrétien, 1882.)

3. Un dessin, exécuté en 1699 au moment de la démolition du jubé, permet de se rendre compte des statues, dont on parle ici. Il y en avait quatre entre les cinq arcatures trilobées, assez basses, qui soutenaient le jubé du XIII siècle, mais d'une simplicité très grande.

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Broveries et tissus. 67

Ce meuble, dont le couvercle devait s'ouvrir à l’aide d'une poulie est ainsi décrit en 1539: (Unum grande repositorium, chapier dictum, corio nigro coopertum cum tribus ferris, habens clavos cupreos multis in locis deauratos, confertum ad reponendum capas ditiores et preciosiores).

— Ltem unum aliud chapphier fere novum cum tribus magnis lectis et cum ferraturis (1532).

— Îtem unum aliud chappier vetus, factum in figura triangulari (quod est modo in refectorio 1532) (Un grand coffre dans le réfectoire, de forme demi-ronde, renfermant les vaisselles, linges et ustensiles nécessaires aux fêtages) (1). Ce chapier devait être plus ancien que ceux décrits en 1467.

ltem quatuor armaria cum fenestris clausis, ubi ponuntur libri et ornamenta. (Vendita fuerunt succentori Salmon 1530.)

[tem seplem arche diversarum factionum ad reponendum mapas, albas el alias res presentis inventarir. (Fuerunt venditæ quando nova sedilia et scamna in revestario existentia fabricata fuerunt 1530.)

1714.— € Le 7 mai, on posa dans notre sacristie le nouveau chapier tel qu'on le voit à présent, « dit Lehoreau; ox doit en ajouter un second, auquel on travaille actuellement. Ce qui ornera la {sacristie et conservera les précieux ornements qu'elle renferme et les nouveaux, que les chanotnes «se sont donnés depuis 1711, 12 el 13, qui sont douze à trerise chapes des plus belles du temps, « quant au drap d'or. Je ne comprends pas ici les beaux ornements que la fabrique à donnés & dans ces mêmes temps, 1l y a peu & d'églises ausst riches en ornements que celle-ci (2). »

Les inventaires postérieurs à 1643 étaient réunis dans le 5° des volumes intitulés: l'abrique, avec des marchés, conventions, etc... Ce précieux manuscrit a disparu ; estimons-nous heureux d'avoir les quatre premiers à notre disposition. C'est de là que j'ai tiré presque tous les renseignements consignés dans ce long travail. Aessieurs Quillan et Charlepin avaient été nommés commissaires, le 153 Novembre 1788, pour faire inventaire des croix, calices, joyaux, chapes, chapelles, parements, argenteries, corporaliers, linges et autres ustensiles de l'Église en présence de M. le chanoine fabriqueur (°).

Ce fut le dernier avant la Révolution.

Du 1 au 24 frimaire, an ITT, on vendit aux enchères dans le magasin du district d'Angers (maison ci-devant épiscopale) pour 24,351 livres de soieries, étoffes et tapisseries provenant des diverses églises. Certaines chapes de velours, dégarnies de leurs galons furent vendues 695, et même jusqu'à 800 livres. On dépareillait soigneusement les pentes de dais, et les diverses pièces d'un même ornement, afin de rendre plus difficile le rachat de ces objets par des personnes dévouées. Les ouvrières, employées à découdre les galons et toutes les matières d'or et d'argent destinées à être brûlées au profit de la Nation, devaient mutiler les figures des saints, de peur, est-il dit dans le procès-verbal, que si la superstition venait à reprendre le dessus, on pût jamais s'en servir. Quel raffinement dans le fanatisme et quel vandalisme!

Du 3 au 13 fructidor de l'an III, ces ventes produisirent 65,269 livres.

L'inventaire des galons et broderies d’or, expédiés à la monnaie de Paris le 1 brumaire, an VII, montait à 2126 marcs (+).

Tout ceci comprenait évidemment les ornements de la ville entière; mais la cathédrale y

1. Cérémonial de Lehoreau, À, p. 511. — 2. Zdem. — XII, p. 142. 3. Archiv. Départementales. Registre des délibérations du Chapitre, 1786-1790, p. 355. 4. Archives de la Préfecture. Registres de l'Evêché.

68 æonographie De la cathédrale D'Angers.

entrait pour une part considérable. Outre la valeur intrinsèque de tous ces objets, on ne saurait assez regretter l’inestimable ornement et les parements, appelés /a grande Broderie, don du Roi René, merveilleuse broderie à personnages, estimée du temps de Lehoreau 40,000 écus (') et encore admirée au XVIIIe siècle, malgré les préjugés alors à la mode.

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