‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Le mobilierChapitre 45 sur 437 · A YA AR · texte numérisé non relu

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« Le fond de toute l'étoffe est d’or violet pourpre : chaque cartouche du milieu est rempli € par une coquille en or brodé. Les galons sont en or travaillé, comme au métier le plus fin.

€ Dans les cartouches du fond de la grandeur d'un pied sont deux espèces de griffons « se regardant: entreux une espèce de tigre en or, dont les griffes sont de soye verte.

« Le derrière est orné d’un arbre de Jessé.

«L'arbre naît du ventre d'Adam((sic)on voit du racines en dessous, qui naissent de la terre.»

1. Cérémontal, V, p. 14. — 2. Note 3° de la première colonne. — 3. Bibl. Nat., manuscrit 11,918, f°. 165. 4. C'est grâce à une restitution de cet ornement par M. Rohault de Fleury, que j'ai pu faire exécuter ces deux dessins : les croquis donnés dans le manuscrit 11,918 étaient informes.

Broderies et tissus. 69

La chasuble de saint Gohard, mort en 1038, conservée à Hildesheim ('), ressemble à celle-ci. Lorsqu'Hubert de Vendôme, évêque d'Angers, déposa, vers 1012, dans une châsse précieuse les reliques de saint Loup, il les enveloppa sans doute dans ce superbe vêtement (°).

On a pu lire, à la page 235, combien les habitués de l'église étaient nombreux et en conclure la quantité d'ornements à renouveler ou à réparer (*). Tantôt le: chanoine fabriqueur faisait tailler des vêtements sacrés dans les draps d'or offerts par de généreux bienfaiteurs (+) ou dans les anciennes tentures (baudequini, paelles, culcitrae pictae), tantôt de plusieurs objets il en composait un seul (5). |

Les ornements étaient-ils usés ? semblaient-ils démodés ? On les brûlait sans scrupule. Ainsi furent vendues à un juif, en 1719, bon nombre de chapes de velours rouge, aux armes des chevaliers du Croissant.

C'étaient, au dire de Bruneau de Tartifume, /es flus belles de France. Exagération évidente. il faut quand même en déplorer la perte, puisque, faites avec les manteaux et les coussins des chevaliers, e//es portaient en broderie leurs armoiries et celles de plusieurs autres seigneurs (°).

Misérablement brûlées aussi, en 1762, avec une chasuble, deux dalmatiques et deux orfrois de chape fort anciens, tissus d'or et de soie verte, les tuniques des grands bedeaux: l'une, en velours rouge, était celle du hérault d'armes de l'ordre du Croissant (7); l'autre, en satin, portait les armes du chapitre. Nous voyons vendre, la même année, une ancienne mitre pour la somme relativement considérable de 250 liv. et une vieille chape de velours violet, avec orfrois brodés pour 166 liv.

Comme compensation, la fabrique avait acheté à Lyon, l'année précédente, quatre chapes de velours violet, ciselé en soie blanche à 39 L. 10 5. l’aune, dont les orfrois et les chaperons, ciselés en argent, revenaient à 87 liv. l'aune.

La négligence des chanoines à donner leur chape, ou à sa place, une somme de 200 liv.., motiva, en 1776, les justes réclamations de M. Cassin, fabriqueur. Sur ses instances et vus les statuts des années 1272, 1482, 1634, 1647, 1658, 1679 et 1693, le chapitre rappela cette obligation et fit écrire aux absents ou à leurs héritiers (*). La chapelle, due par l'évêque, était estimée alors 3000 livres pour le moins. Quelquefois, la chape de chanoine était donnée en nature : ainsi nous voyons M. Frain de la Vrillière remettre, le 23 sept. 1750, une belle chape blanche, brodée d'or (°) ; M. de Crussol, chanoine honoraire, puis

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