Joidem N° 270. — 30 Oct
3. Archives de Maïne et Loire, N° 269. — 16 Août 1770. 4. Züidem Série G. N. 385. Comptes de 1754 à 1771.
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Broderies et tissus. 71
Enfin, le chanoine Rousseau de Pontigny donna, le 10 janvier 1780, une chasuble de drap d'or et, en 1781, quinze à seize aunes de velours ciselé et deux orfrois pour faire des chapes (). | |
Tels sont les menus détails, glanés dans les comptes de 1754 à 1781: ils suppléent d'une façon bien insuffisante à la perte si regrettable du V° volume, intitulé Fabrique, dont j'ai parlé à la page 67 et à celle de l'inventaire de 1788.
Ici, trois remarques nous semblent indispensables ; elles serviront de transition.
À. — L'expression Drap d'or, pendant le cours du moyen âge, comme au XVIIeet au XVITTS siècle, n'a jamais désigné cette misérable étoffe de soie jaune, mêlée d'or frisé, si répandue de nos jours, mais des fissus de soie, de velours et d'or, d'une valeur souvent très considérable : nous avons vu que le drap d'or, acheté en 1768, revenait à 120 livres l’aune. Tous les anciens draps d'or, mêlés de diverses couleurs, étaient ornés de dessins variés, suivant le goût de l’époque et non pas ##is comme celui d'aujourd'hui : ilest facile de s'en faire une idée par les désignations données dans les chapitres précédents, En voici quelques-unes : p. 27... de fanno auri rubei coloris, cum avibus aureis et losençirs (1353).— p. 32... Pannt auri preciosissimi figurati (floribus cardonum) (1467). — p. 33...
| pannt aurez de velosio nigro super velostum, cum foliis cardonum et arboribus (1467) — p. 41... cappa pulcherrima fannti aurei diversorum colorum (1383). — p. 45... de panno aureo cramoseo, figurato ad folie aurea ad modum palmarum de veluto Purpureo (1418). — de panno aurt ad bandas (1424). — panni auri, rubei coloris folits et rosis coopertt (1425). — p.47... Pannt aurei de velosio figurato de rubeo et nigro, seminati follagis aureis. — p.52... de fannoaureo allo seminato rosis, pomis et floribus argenteis, cum Jfiguris de velousio rubeo cramosiano (1544). — drap d'or sur velours vert.… drap d'or violet. changeant (1595), L'ornement des Tissus, de Dupont-Auberville et l'ouvrage de Fishbach, sur le même sujet en donnent de nombreuses reproductions. Les anciens tableaux, les miniatures et les tapisseries des XV® et XVIe siècles fournissent aussi d'excellents types de ces précieuses étoffes. On les reproduit aujourd’hui avec succès (*); nous ne saurions assez recommander au clergé de les préférer aux vulgaires draps d'or unis et même à moive, au Aston où au cul de dé d'or, d'un aspect si peu décoratif, malgré leur valeur intrinsèque.
B. — Rallions-nous pleinement aux justes appréciations de M. Baudrillart, écrivant dans son livre I du Zure au X VIII siècle . € L'A ntiquilé et le Moyen-Age offraient ce trait commun que l'art y dominait beaucoup sur l'industrie, le beau, ou du moins Le fastueux, sur l'utile. Tout change avec les temps modernes ; l'industrie Prend le pas sur l'art. Le luxe religieux passe au second rang : ce n'est plus du sanctuaire que part l'inspiration des arts d'ornementalion, non plus que de l'art même en général. La balance se déplace en faveur du luxe laïque et civil (*)...» Rien de plus exact, notamment en ce qui concerne les vêtements sacrés.
C. — L'influence, exercée sur les ornements d'église par la fabrication des admirables brocarts d'or et d'argent de Paris et de Lyon surtout, dont le Mobilier de la Couronne
1. Archives de Maine et Loire, N. 269. 10 janvier 1781 au 21 Janvier 1781.
2. Lyon et Créfeld se distinguent entre toutes les villes sous ce rapport. 3. Pages 2 et 3.
72 gponographie De la cathédrale D Angers.
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nous fait connaître les splendeurs ('), est incontestable, Ces riches étoffes perdent zout caractère religieux. Ce ne sont plus que palmes d'or et d'argent, cornes d'abondance remplies de fleurs au naturel, bouquets de roses, d'anémones et de fleurs exotiques, noués de rubans et de dentelles : il ne reste plus de place pour les emblèmes sacrés. Au XVIII: siècle, ces riches tissus furent employés presque partout à l'exclusion des travaux à l'atourille, pourtant bien autrement artistiques. La faveur dont ils jouissaient, s'est maintenue jusque vers 1840 ; nous allons en retrouver la preuve dans le chapitre suivant.
Papillon de la Ferté raconte dans son jonrnal qu’à l'occasion du baptême d'une cloche à Sainte-Geneviève de Paris, le roi et la reine donnèrent un grand ornement composé d'une chasuble, de huit tuniques et de treize chapes, etc. en velours rouge, avec orfrois d’étoffe d'or, du prix de 13,214 livres : aucune broderie sinon vingt-six écussons aux armes
du Roi.
I1 y avait à la sacristie de l'abbaye de Saint-Étienne de Caen, au moment de la Révolution, dix grands ornements de dix chapes chacun avec leur chasuble et leurs tuniques : ils étaient en tissu d’or, à fleurs d'or, en drap d'argent à fond rouge, en moire d'argent, en velours noir, etc., sans broderies, pour ainsi dire. Toute la dépense consistait en riche brocart ou étoffe de grand prix, galons, franges et passementeries d'argent et d'or : aussi quelle proie pour la Nation en 1791 et années suivantes (*°) !
PP PP PSP PSS SNL NS SSL NN NT SNL NS NL RS NS SES SSL NN SNS NS NN LS NT NN NT NE RE
Chapitre iv. — Broderies, tissus précieux et dentelles conservées aujourd’hui dans la sacristie.