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102 @onograpbie De la cathédrale D'Angers.
âge : homme, aigle, lion et veau ('), ils sont nimbés, ailés de six aïles et portent le phylactère sur lequel leurs chants sont écrits. Les vingt-quatre vieillards sont rangés de part et d'autre : à la gauche du Fils de l'homme, les prophètes; à la droite, comme à la placela plus honorable, les apôtres, dont les lis fleuris signifient la royauté sur le monde, le parfum des vertus et l'intégrité de la foi.
Cu. IV, — v. 1. Après cela je regardai, et je vis une porte ouverte dans le ciel ; et la première voix que j'avais ouïe, qui m'avait parlé avec un son éclatant comme celui d’une trompette, me dit: Monte ici haut, et je te montrerai les choses qui doivent arriver ci-après.
2. Je fus aussitôt ravi en esprit, et je vis un trône placé dans le ciel et quelqu'un assis sur le trône.
3. Celui qui était assis paraissait semblable à une pierre de jaspe et de sardoine, et il y avait autour du trône un arc-en-ciel, qui paraissait semblable à une émeraude.
4. Autour du trône, il y avait encore vingt-quatre trônes, et sur les trônes vingtquatre vieillards assis, revêtus d'habits blancs, avec des couronnes d’or sur leurs têtes.
5. Il sortait du trône des éclairs, des tonnerres et des voix; et il y avait sept lampes brûlantes devant le trône, qui sont les sept esprits de Dieu.
6. Et devant le trône, il y avait une mer transparente comme le verre et semblable à du cristal; et au milieu du trône, et autour du trône, il y avait quatre animaux pleins d’yeux devant et derrière. |
7. Le premier animal était semblable à un lion (saint Marc); le second à un veau (saint Luc); le troisième avait un visage comme celui d'un homme (saint Matthieu); et le quatrième était semblable à un aigle qui vole (saint Jean).
8. Les quatre animaux avaient chacun six ailes; et au dedans, ils étaient pleins d'yeux, et 1ls ne cessaient de dire jour et nuit : Saint, saint, saint, le Seigneur, Dieu tout-puissant, qui était, qui est et qui doit venir.
| sc TABLEAU. (Fond bleu.)
Un ange déroule le philactère qui contient l'appel à celui qui est digne d'ouvrir le livre. Saint Jean pleure de tristesse. Un vieillard s'approche de lui et, le prenant par son manteau, le conduit à une scène plus consolante.
CH. V. — v. 2. Et je vis un ange fort, qui criait à haute voix: Qui est digne d'ouvrir le livre et d'en lever les sceaux ?
3. Et nul ne pouvait, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, ouvrir le livre ni le regarder.
4. Je fondais en larmes de ce que personne ne s'était trouvé digne d'ouvrir le livre, ni de le regarder.
5. Mais l'un des vieillards me dit : Ne pleure pas, voici le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, qui a obtenu par sa victoire le pouvoir d'ouvrir le livre et d'en lever les sept sceaux.
1. Cet ordre a été également observé au portail de Saint-Maurice, sur la fin du XII° siècle. — Saint Matthieu, qui raconte la généalogie selon la chair de JÉSUS-CHRIST, est représenté en homme ; saint Marc, en lion, à cause de la résurrection; saint Luc, en veau, parce qu’il traite du sacerdoce ; enfin saint Jean, qui décrit les mystères incompréhensibles de la génération du Verbe, en aigle qui vole et plane dans les airs. Aattheus in homine intelligitur, quia circa humuanitatem Christi principaliter immoratur, Marcus in leone, quia agit de resurrectione. Lucas in vilulo, agens ge sacerdolio. Johannes in aquilà, scribens sacramenta divinitatis. Christus vero quem describunt, homo fuit de Virgine natus ; vilulus ?n immolatione ; leo in resurrectione ; aquilu in ascensione; vel in homine, humanitas ; in vitulo, sacerdotium ; in leone, regnum;, in aquil® exprimilur divinilatis sacramentum. (Manuscrit du XIII° siècle, à la Bibliothèque de la ville.)
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Les tapisseries. 103
Saint Jean, debout à l’intérieur d'une maison crénelée, regarde par la fenêtre et voit les vieillards enlever leurs couronnes et se prosterner devant JÉSUS-CHRIST, en chantant ses louanges.
Cu. IV. — v. 9. Et lorsque ces animaux donnaient gloire, honneur et bénédiction à celui qui est assis sur le trône, qui vit dans les siècles des siècles,
10. Les vingt-quatre vieillards se prosternaient devant celui qui est assis sur le trône, et ils adoraient celui qui vit dans les siècles des siècles, et ils jetaient leurs couronnes devant le trône, en disant :
11. Vous êtes digne, 6 Seigneur notre Dieu, de recevoir gloire, honneur et puissance, parce que vous avez créé toutes choses, et que c'est par votre volonté qu'elles étaient et quelles ont été créées. |
7° TABLEAU. (Fond bleu.)
Les vieillards chantent un cantique à l'Agneau, immolé, sanglant et tenant l'étendard de la Résurrection, en signe de vie. Saint Jean contemple cette scène.
CH. V. — v. 6. Je regardai, et je vis au milieu du trône et des quatre animaux, et au milieu des vieillards, un agneau, debout, comme égorgé, ayant sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu, envoyés par toute la terre (°).
Au-dessus de ces six derniers tableaux est cousu un C%e/ nuagé, où des anges forment un concert qu'ils accompagnent de l'oliphant, de la viole, du tambourin, du monocorde, du triangle, de la trompette, de l'orgue et des cymbales. Le pennon de la trompette est armorié d'Anjou : semé de France à la bordure de gueules.
Il n'existe plus. J'en donne la description en note, d'après les anciens manuscrits ().
CH. V. — v. 7. L'agneau vint et prit le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône.
8. Et l'ayant ouvert, les quatre animaux et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l'Agneau, ayant chacun des harpes et des coupes d'or pleines de parfums, qui sont les prières des saints.
9. Ils chantaient un cantique nouveau, en disant : Vous êtes digne, Seigneur, de prendre le livre et d'en lever les sceaux, parce que vous avez été mis à mort, et que vous nous avez rachetés pour Dieu, par votre sang, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation.
0° TABLEAU. (Fond bleu.)
Un ange au ciel parle à saint Jean et lui montre le vainqueur éperonné et couronné, qui part, l'arc et la flèche en main, sur un cheval blanc, pour frapper et gagner la victoire.
1. Ce tableau aurait sa place naturelle avant le précédent, sans une inversion du tapissier.
Il a été reproduit en couleurs, pour La Tapisserie, de M. Guiffrey, un des plus beaux livres de M. Mame, de Tours. Il a bien voulu m’autoriser à en faire un tirage. On peut juger par cette planche du caractère et du coloris de l’ensemble.
2. Le nombre sept est consacré dans l’Apocalypse pour exprimer une certaine universalité et perfection.
Ici, le Christ, dans une vesica piscis entourée de nuages, remet le livre à l’Agneau en présence des quatre animaux et des vingt-quatre vieillards, prosternés comme au n° 6.
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104 gonograpbie de la cathédrale d'Angers.
MMnss Bruné et Maloyer en ont rassemblé les divers morceaux en 1872, et ont refait à neuf au moins un mètre carré.
Cu. VI. — v. 1. Et je vis que l'Agneau avait ouvert un des sept sceaux, et j'entendis l’un des quatre animaux, l’'Ange, qui dit avec une voix d’un tonnerre : Viens et vois.
2. Je regardai et je vis un cheval blanc. Celui qui était monté dessus avait un arc; et on lui donna une couronne, et il partit en vainqueur qui va remporter victoire sur victoire.
Il n'existe plus (').
Cu. VI. — v. 3. A l'ouverture du second sceau, j'entendis le second animal, le Lion, qui
dit : Viens et vois.
4. Il partit aussitôt un autre cheval qui était roux, et il fut donné à celui qui était monté dessus, d'ôter la paix de dessus la terre, et de faire que les hommes s’entretuassent, eton lui donna une grande épée.
re TABLEAU. (Fond bleu.)
Saint Jean écoute les quatre animaux, qui sont rangés au ciel dans cet ordre : homme, aigle, lion et veau. La parole qu'ils lui adressent est exprimée, selon l'usage traditionnel, par un rouleau déployé. Le cavalier, monté sur le cheval noir, a pour attribut une balance, car, en temps de famine, le pain se pèse.
Cu. VI. — v. 5. Quand il eut levé le troisième sceau, j'entendis le troisième animal, le veau, qui dit : Viens et vois. Et je vis un cheval noir (la famine), et celui qui le montait avait en main une balance.
6. Et j'entendis une voix comme du milieu des quatre animaux qui dit: Le litron de blé se vend un denier, et les trois litrons d'orge un denier. Ne gâtez point le vin et l'huile.
12° TABLEAU. (Fond rouge.)
L'aigle, du haut du ciel, appelle saint Jean, celui-ci voit la mort, squelette hideux, enveloppé d'un suaire, le glaive levé pour exterminer, et parcourant la terre, monté sur un cheval pâle. L'enfer suit, c'est un donjon crénelé où brûlent les damnés, que les démons y apportent. Au fond de l’abime, s'ouvre une large gueule de monstre, image ordinaire de l'enfer au moyen âge.
CH. VI — v. 7. Lorsqu'il (l'Agneau) eut levé le quatrième sceau, j'entendis la voix du quatrième animal (l'aigle) qui dit : Viens et vois.
8. Et je vis un cheval pâle, et celui qui était monté dessus s'appelait la mort, et l'enfer le suivait ; et on lui donna puissance sur les quatre parties de la terre, pour faire mourir les hommes par l'épée, par la famine, par la mortalité et par les bêtes sauvages.
13° TABLEAU. (fond bleu.)
Saint Jean montre la vision suivante, écrite dans son Apocalypse. Sous l'autel, sept élus agenouillés supplient Dieu de les venger. Un ange descend du ciel et les revêt
1. Saint Jean regarde le lion, entouré de nuages et tenant un phylactère avec ces mots: VENI ET VIDE. Un ange, descend du ciel et remet l’épée à un roi, monté sur le cheval roux.
Les tapisseries. | 105
de robes blanches. Sur l'autel, couvert d'une nappe blanche, qui retombe de chaque côté, est posé un calice avec son purificatoire; le parement antérieur se compose d'une étoffe losangée et croisetée, ornée d'un frontal frangé en passementerie, auquel pendent deux orfrois ou fanons marqués d'une croix et frangés.
CH. VI. — v. 9. A l'ouverture du cinquième sceau, je vis sous l'autel les âmes de ceux qui ont donné leur vie pour la parole de Dieu et pour lui rendre témoignage.
10. Ils jetaient un grand cri en disant : Seigneur, qui êtes saint et véritable, jusqu’à quand différerez-vous à faire justice et à venger notre sang de ceux qui habitent la terre ?
11. Et on leur donna à chacun une robe blanche. I] leur fut dit qu'ils attendissent encore un peu de temps, jusqu'à ce que le nombre de ceux qui servaient Dieu comme eux fût accompli, et celui de leurs frères qui devaient souffrir la mort aussi bien qu'eux.
I] n'existe plus (*).
Cu. VI. — v. 12. Et je vis, lorsque le sixième sceau fut ouvert, il se fit un grand tremblement de terre ; le soleil devint noir comme un cilice et la lune devint comme du sang.
13. Et les étoiles tombèrent du ciel sur la terre comme lorsque le figuier, agité par un grand vent, laisse tomber ses figues vertes.
Il n'existe plus (°).
CH. VI. — v. 15. Les rois de la terre, les princes et les tribuns, et les riches, et les puissants, et tous les hommes libres ou esclaves, se cachèrent dans les cavernes et dans les rochers des montagnes.
16. Et ils dirent aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous, et dérobez-nous à la face de celui qui est assis sur le trône et à la colère de l’Agneau.
17. Parce que le grand jour de leur colère est arrivé ; et qui pourra subsister ?
Autrefois régnait une /erre fleurie sous toute l'étendue de la tapisserie, mais aujourd'hui il ne reste pas assez de fragments de cette /erre pour en garnir la première pièce.