‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 112 sur 212 · Arch. de M.-et-L. G. 378, p · texte numérisé non relu

Arch. de M.-et-L. G. 378, p

rait la chapelle de Saint-Maurille, perdue par le manque de surveillance du sacriste Nicolas d’Ebronio, sera refaite et replacée en son lieu et place, « ad expensa dicti sacristæ secundum pondus et figuras aliarum ymaginum ibidem infixarum. » — Dans la même réunion il est décidé qu’on fera la visite des coffres et des armoires, et que des pièces d’étoffe qu’elles renferment on fera des ornements pour l'autel et les ministres de l’église, « prout visum fuerit expedire. »

Sur un livre de Comptes sont notées toutes les dépenses faites par les marguilliers au service de l’église. En 1378, « il est donné au voiturier qui apporte des chapes de Paris un salaire de XX 1. » — « Item au varlet d’un chasublier, pour avoir orné le devant desdites chapes, lequel chasublier demandait 11 1. pour avoir baillé d’autre drap d’orfroys pour plus largement élargir lesd. chapes, et auquel il fut accordé que leur varlet en aurait pour leur peine et pour tout XX s. » — « Item pour les dépenses frays en souper chez Macé le Maire, après avoir apaisé la noise et le débat qui estoit de la façon desdites chappes, en tout XXXII s. parisis qui valent XL sous tournois (*). »

Pour faire face à des dépenses de toutes sortes, il fallait continuellement de l'argent. Heureusement la Fabrique, avec le temps, vit augmenter ses revenus. En plus de ce que rapportaient les fondations primitives, la location des maisons, des terres, des vignes, des prés qu’elle reçut, la location des bancs, les quêtes, les troncs des autels, elle touche les »utations des chanoines, ce qui s'appelle encore les annates ou le droit de départ, l’ensemble de leur droit de sceaux et les amendes (?).

Les amendes ou les #ulctes sont dues à la Fabrique d’après un vieil usage. On les regardait comme une sorte d’aumône ou de restitution faite à l’église, comme il apparaît dans la réponse de M. Jouin et autres avocats à M. Joseph Houdebine, député à Paris au sujet des Corbelliers qui prétendaient que les chanoines n’avaient pas le droit de les appliquer à l'Hôpital. Les chanoines, pour la prise de possession de leur prébende, payaient à la Fabrique un droit de sceau. Ils lui abandonnaient les gros fruits pendant leur rigoureuse. — Les Corbelliers et maires-chapelains lui devaient aussi une somme quand ils prenaient les draps de leur office. — Les Chanoines qui résignaient leur prébende, pour garder leur maison canoniale, payaient à la Fabrique 100 I. une fois pour toutes, s’ils avaient vingt-cinq ans de réception et cinquante ans d'âge. — (Ce statut fut renouvelé en 1645 (°).

Malgré de beaux revenus, la Fabrique avait besoin qu’on lui vienne en aide. De bonne heure, chaque évêque dut donner à la cathédrale, au début de son épiscopat, une chapelle, c'est-à-dire tous les ornements aux couleurs liturgiques et les vases sacrés nécessaires à dire la messe ; chaque chanoine, après sa nomination, une chape ou son équivalent en

argent. Et tout cela ne suffisait pas à parer aux dépenses. Sans cesse les marguilliers se :

plaignent « parce que toute la recepte, tant ordinaire que extraordinaire, ne montait par

chacun an qu’à la somme de 800 à 1000 I. et la wise, chaque année, montait à la somme de |,

1050 et plus, car, de jour et de nuit, en ladite église de St-Maurice y a grant et prolixe service auquel se consomme grant quantité de cire revenant à gros frais. Et puis, sans

cesse il faut faire des #ises pour les chapes de drap, velours et soye, et ornements qu’il !

convient achapter et entretenir, et aussi pour l’entretennement des tapis, reliquaires et

autres joyaux, pareillement pour la réfection et la reparacion des orgues tant grandes que :

petites, et pour les cloches et clochers et autres décorements de l’église, pour travaux,

1 Bibl. m. d'Angers. M°'* 654, p. 120.

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