‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 130 sur 212 · Le 1° Roi d'armes fut le S' de Houssaye · texte numérisé non relu

Le 1° Roi d'armes fut le S' de Houssaye

166 monographie de la Œatbédrale d'Angirs.

Aïrivés au Chœur, chevaliers et écuyers s’en allaient à leurs sièges, où étaient leurs carreaux, « par ordre » ; — le Sénateur, seul à l’honneur, prenait place au plus digne lieu, devant un dosseret couvert d’un drap brodé aux armes de saint Maurice et aux siennes, entre le chancelier, le trésorier, le greffier d’une part; le roi d’armes, le poursuivant d’autre part, ces derniers « sur pied, » pour recevoir les ordres du Sénateur. — [Les Chevaliers et Écüyers restaient debout jusqu’à ce que le Sénateur eût fait son oraisôon devant le maître-autel sur le carreau que le poursuivant lui apportait. — Ils assistaient aux vêpres. L’eñcens était porté à l’évêque qui présidait, au sénateur, aux chevaliers et écuÿers. Cela fait, à la fin de l'office, les chevaliers et écuyers sé levaient, pendant que le Sénateur allait prier devant le maître-autel, et, son oraison finie, ils le ramenaient à son Hôtel, dans le même ordre qu’à l’aller, les plus anciens de création marchant les premiers. — Ils soupaient chez le Sénateur, qui présidait au haut bout de la table, seul, « servi à couvert » par le roi d’armes et le poursuivant, qui « allaient au devant de la viande » avec leurs cottes d'armes. Les Chevaliers et écuyers ne quittaient leurs manteaux pour manger « qu après avoir prins l’eau et dit le Benedicite. » Ils les reprenaient après les grâces.’

Le lendemain, jour de la Saint-Maurice, les Chevaliers du Croissant retournaient à la cathédrale pour la grand’messe, dans l’ordre et la tenue de la veille, quand ils se rendaient aux vêpres. À l’offerte, le poursuivant baillait au greffier « les cierges ardents de cire blanche, du poids de 3 livres, que devaient porter les Chevaliers et Écuyers, cierges ornés d’un écusson à leurs armes et d’un petit rollet à leur nom et surnom ; le cierge aussi du Sénateur, du poids de 6 1. au haut duquel était attaché « un blason des armes de S' Maurice, » et au-dessous le blason de ses armes particulières. Le Greffier les donnait aux Chevaliers, aux Écuyers, au Sénateur, qui les donnaient, à l’autel, à l’officiant, « avec une pièce d’or de valeur, » le Sénateur, le premier : les autres, à leur rang de création. — A leur tour, le Chancelier, le vice-Chancelier, le Trésorier, le Greffer, le Roi d'armes, le Poursuivant « apportans leurs cierges à leurs armes et munis du petit rolet. » — La messe dite, les Chevaliers et écuvers revenaient de la cathédrale à la maison du Sénateur pour le diner où tout se passait comme au up de la veille. « Les deux repas se faisaient aux despens de la fondation de l'Ordre (').»

Après le dîner, les Chevaliers « nr en Conclave » pour délibérer sur ce qu'il y avait à faire « au bien et honneur de l’Ordre », — « pour eslire le lieu plus convenable pour tenir le Chapitre général et faire la feste de S' Maurice, l’année suivante. » Puis, « on enjoignait au derrain estant en siège à bas, qu’il issit dudit Chapitre ÿ et attende hors jusqu’à ce qu’on l'appelle. Quand il était parti, le Sénateur demandait à chacun des assistants, « s’ils avaient ouy, veu ne sceu de leur frère et compaignon esleu choses qui sont contre l'honneur et l’estat de noblesse. » Si quelqu’un avait à faire quelque reproche, « le Sénateur ou trois bienveillans et amys du nouveau Chevalier, au nom de l'Ordre, lui faisaient leurs remontrances, l’admonestaicnt charitablement et exhortaient à améliorer sa vie. » — Cela fait, on élisait le nouveau Sénateur, qui prêtait serment devant l’ancien ; on rédigeait ses lettres d’investiture et autres documents nécessaires. Le Poursuivant gardait à l’intérieur la porte de la salle, où se tenait le Conclave.

En sortant de leur réunion, les Chevaliers du Croissant retournaient à la cathédrale pour les deuxièmes vêpres de la Saint-Maurice et les vêpres des morts. A la fin de l'office. ils reconduisaient le Sénateur à son logis.

Le lendemain, les Chevaliers, revêtus de robes noires, « longues. allant jusqu’aux pieds. fourrées d’agneau noir, avec ou sans colet, sans manteau, la tête coiffée de chaperons noirs,»

1. De la ÉSlombigre: Le Vrai Théâtre d'Honneur et de. “Chevalerie, p. 18

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retournaient à la cathédrale pour assister à une « haute messe de requiem, » chantée à l'intention de chacun des écuyers et chevaliers trépassés depuis la fondation de l’Ordre. A l’offerte, chacun venait offrir « ce qui était de son plaisir. » — A cette messe on apportait « les escus des trépassés sur un drap noir de 3 aunes de long et les tymbres desdites armes, lesquels draps, escus et tymbres devaient être attachés haut en l’Église, contre le mur pour perpétuelle mémoire desdits Chevaliers et Écuyers trépassés. » — Après l’offerte, il y avait « une petite collation des bienfaits, honneurs et vaillance de celui ou de ceulx décédés celuy an. »

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