DES PERSONNES DE L'ÉGLISE D'ANGERS
A quelle date faut-il faire remonter l'organisation du personnel? Le 3° concile provincial de Tours, assemblé à Vannes en 465 pour le sacre de saint Fe nous donne la réponse. Il y fut décidé que désormais € ous Les clercs, habitant dans l'enceinte de La même € cité, seront obligés d'assister à l'office de l'église cathédrale, surtout aux Matines.… » 1 n'y avait alors ni chanoines,ni prébendes fondées pour les nourrir ; les prêtres et les clercs de chaque ville y suppléaient suivant l’ordre des évêques.
1. Archives d'Anjou, par Marchegay, T. I, p. 190. 2. Bibliothèque d'Angers. Ms. N° 671. Section 2, p. 12.
2 aponographie De la cathédraie d'Angers.
C'est donc vers l'année 465, que le clergé de la cathédrale se forma avec un chant et des cérémonies régulières € Zutra procinciam nostram, sacrorum ordo et psallendi una sit consuctudo.… » Auparavant, il n'y avait ni chapitre, ni manse commune entre l'Évêque et son clervé.
Grandet fait remonter la vie commune dans l'église d'Angers aux années qui suivirent le 3 concile d'Orléans, tenu en 538. Cette communauté de biens entre l'évêque et le clergé dura plusieurs siècles : elle était encore en vigueur sous Charlemagne et Charles-lc- Chauve.
Plusieurs conciles, celui de Tours, en 813, celui d'Aix-la-Chapelle en 816, prescrivirent encore la vie commune pour les chanoines, ainsi désignés dans les chartes d'Angers : € Fratres Deo et sancto Maurilio militantes — Congregalio canonicorum, — Congregalio sancté Mauritii ().»
Rien de particulier pour la cathédrale d'Angers avant le don, fait entre 882 et 886 par l'évêque Rainon de trente emplacements € areas » pour y bâtir des maisons distinctes (°). Les dignitaires s'y retirérent d'abord du temps de Marbode (*). En 1077, il est probable qu'ils logcaient séparément, tandis que les chanoines vivaient encore en commun au commencement du XIIe siècle, dans les édifices, rangés autour du cloître, au sud de l'église (salle du Chapitre, chauffoir, dortoir, réfectoire, cuisine, caves, greniers pour Îles provisions, communs, etc.) (1).
Nous avons vu en effet un doyen, Guillaume de Saumur, donner entre les années 1116 et 1120 la somme de 2938 sous pour la construction d'un dortoir et d'un réfectoire nouveaux (5).
Peu à peu, chaque chanoine s'établit dans une maison particulière, dépendant de sa prébende et en portant le nom : un oratoire est ménagé dans toutes les demeures canoniales (*). Aussi le dortoir est bientôt complètement délaissé et sur son emplacement, s'élèvent la maison du sacriste et celle de Saint-Jacques (), tandis que le réfectoire est conservé avec la cuisine, non pour un usage journalier, mais pour les fétages institués certains jours de l'année, comme nous le verrons plus loin.
En outre, les fondations successives d'un grand nombre de Chapelles ou Bénéfices,
assurent des logements aux membres du clervé de second rang, si bien que la cité entière
se couvre d'édifices, resserrés entre des rues étroites et appuyés sur les murs d'enceinte. tous occupés par des chanoines ou des ecclésiastiques.
Les choses restèrent en cet état jusqu'en 1791 et années suivantes. Alors, toutes les maisons sont confisquées nationalement : les unes sont vendues à l'encan, les autres sont démolies pour créer la nouvelle rue d'accès à la cathédrale, la place Saint-Maurice,et pour élaruir la montée.
Cartulaire Noir de la Cathédrale d'Angers, par le chanoine Urseau. Chartes N° NII, XVIT et XXI. . Ibidem, p. 40. N° XVI.
Ibidem, p. 105, N° XLIN.
Monographie de La Cathédrale d'Angers. T. 1 (Les /mmeubles), p. 119 et suivantes.
Ibidem, p. 128.
Jbidem, p. 137.
Ibidem, p. 127.
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fpercu général sur l'ensemble du personnel.
UELQUES extraits, qui suivent, permettront de connaître le nombre des membres du clergé de l'église d'Angers à différentes époques et les changements opérés successivement.
On lit, dans les Réclamations du Chapitre contre l'évêque François de Rohan, en date du 11 juillet 1533 ('):
« L'église dangiers est une belle, grande et notable éolise, de fondation Rovale et éetise € Cathédrale du diocèse dangiers, laguelle est composée de huyt dignités, trente chanoines, « deux soubs-chantres, huvt maitres chappelains et corbeilliers, huyt à neuf vingt chappelains, € douse serviteurs, vingt drappeliers et six enfans de cucur, lesquels actuellement jour ct € auict font oraison et prières et seruyce divin audedans de la dite éotlise.….»
La défense du Chapitre contre l'évêque Gabriel Bouvery, pour les fêtages, en 1563, donne l'énumération suivante (°) :
« Ung doyen et sept autres dienités, trente chanoines, huit enfants de chœur, deux maitres € d'un de musique, l'aullre de grandmoire (grammaire), unse psalleurs musiciens, un € maire-corbellier, trois aultres corbeillers, quatre maïres-chappelains, deux diacres ct deux & soubzsdiacres, ung bailleur de lecsons, une huissier du chapitre, deux bedeaux, ung sacris- € lain, ung organiste, ung gardeur de reliques, cent ou six vinets chappelains ordinaires ét € Les clercs des chanoines qui vulgairement s'appellent choraux (à choro) ».
Donnons maintenant la parole à Mr de Miroménil, intendant de la généralité de Tours, en 1699 (3):
« Angers est le second évéché de l'église métropolitaine de Tours (*), sous la primatie de Lyon.
€ Le CHAPITRE es{ composé de huit dienités: le Doyen, l'Archiacre d'Angers, le Trésorier, « le Chantre, l'Archidiacre d'Outre-Loire, l'Archidiacre d'Outre-Maine, le Maitre-école € autrement nommé le Chevecter et le Pénitencier ; de trente canonicats, dont il y en a un € uni à la Pénitencerie, un à la Psallette et vingt-huit effectifs, l'un desquels est au € Théologal. :
« Les canonicats ne valent que Soo livres présentement par chaque année.
€ LE Bas-CHŒUR esf composé de deux Sous-Chantres, ung grand Corbellier, trois autres € Corbelliers, quatre Maïres-Chapelains, deux diacres, deux sous-diacres, deux bedeaux.
« Les gagistes sont : un maitre de musique, dix enfants de chœur, un organiste, neuf € musiciens, un sacristain, un sous-sacrislain cé deux petits bedeaux.
En 1789, voici quel était l'état du clergé de la cathédrale: € Trente prébendes, auxquelles il faut ajouter huit dienités, formaient ce qu'on appelle € Haut-Chœur.
1. Archives de Maine-et-Loire. Série G. N° 264, p. 25. J'ai déjà donné ce passage dans le T. III (/e Mobilier), p. 25. 2. Archives de Maine-et-Loire. Série G. N° 332, fol, 102.