‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 38 sur 212 · L'Anjou Historique. T. 1, p · texte numérisé non relu

L'Anjou Historique. T. 1, p

4. En exécution de l'arrêt du 6 août 1761, les Jésuites établis par Henri IV au collège de la Flèche, durent se retirer lis furent remplacés par des prêtres séculiers. Le Principal recevait 1500 livres, les professeurs ce théologie et de philosophie 1020 livres, les autres Régents 809 livres et ceux des basses classes 600 à 700 livres.

5. Archives de Maine-et-Loire. Série G, N° 271, p. 350. Députation du chapitre pour saluer Mgr Collet, évêque d'Adras, qui doit arriver en cette ville pour faire les fonctions épiscopales pour M. le R. Évèque d'Angers, inirme. (6 avril 1772).

6. Angers et le Dépurtemcntute- Maine et Loire, par Blordier-Langlois de 1787 à 1830. T. I, p. 171.

58 onograpbie de la cathédrale d'Angers.

Vendée) était dans un état lamentable. €Je me suis promené dix jours au milieu des € ruines et des décombres, écrit le Préfet au Ministre ; je ne suis pas encore revenu de « l'impression douloureuse, que m'a causée l'aspect affligeant de tant de désastres (')...»

Son frère, qui devait être nommé évêque d'Angers le 10 avril 1802. vint le visiter : une partie des églises étaient encore fermées ou livrées à des usages profanes (sans parler de toutes celles en ruines). La Cathédrale elle-même avait été menacée. N'avait-on pas proposé d'abattre les deux transcpts et la croisée de l'église pour ménager un accés à l'ancien évéché, afin d'y loger le préfet? La nef et les clochers auraient été séparés du chœur. On aurait fini par tout abattre. Le futur évéque représenta à son frère la valeur artistique du monument et lui montra l'absurdité d'un tel projet. Il fut abandonné (°) : malheureusement la belle église abbatiale de Saint-Aubin paya la rançon de la cathédrale et fut démolie en plusieurs campaynes, pour la commodité de l'entrée à la préfecture actuelie.

Au moment d'entreprendre ses tournées pastorales, Mgr Montault écrivit à ses curés : € Vous allons à vous dans un esprit de paix et de charité. Le soin d'opérer ou de main- € uir l'heureuse wnion des esprits ct des cœurs sera l'un des principaux objets de notre vistle.... }

La tâche était ardue : une partie du pays, ravagé par les colonnes infernales dans leur guerre d'extermination contre les Vendéens, soulevés pour défendre leur religion, présentait un amis de ruines. La plus grande difficulté était la réconciliation des prêtres jureurs et de ceux qui, au péril de leur vice, avaient refusé le serment. 11 lui fallut surtout par ses bons procédés désarmer l'antipathie, presque irréductible et bien excusable assurément des membres du clergé les plus dévoués à la religion contre lui-même, ancien évêque constitutionnel de la Vienne. Par son humilité et sa charité, il finit par en triompher (5).

— Mer Paysant, après dix-huit mois d'épiscopat, mourut subitement, au milieu d'une tournée de confirmation.

— Dans chacune des paroisses, où Mur Anvebault donnait la confirmation, il rappelait aux fidèles leur obligation de bien élever leurs enfants. Il se faisait publiquement rendre compte de l'état de la paroisse et donnait les avis qu'il jugeait utiles. Dans l'après-midi. il visitait les autorités et les notables, les malades et les pauvres, les œuvres paroissiales ct les écoles. Enfin, il établit l'usage du compte-rendu de sa réception sur le livre des actes de la Fabrique ; on le lisait aux invités à la fin du dîner et en chaire le dimanche suivant (+).

Aucun épiscopat ne fut aussi fécond en fondations de communautés relirieuses, en constructions et réparations d'églises ().

Rapports du Préfet.

Vie de Mer Montault-Desilles, par J. Dumont, p. 112 et 113. Vie de Mgr Montault-Desilles, par J. Dumont, p. 141 et 142. lie de Mr Angebault, par l'abbé Gillet, 1899, p. 102.

5. L':Injou Historique, 1905-1906, p. 215. De 1543 à 1863 quatre-vingt-deux églises furent reconstruites : quatrevingt-quinze furent restaurées. Cet élan se prolongea encore une vingtaine d'années, si bien que les anciens édifices religieux si nombreux et si remarquables, dont le diocèse était couvert avant la Révolution ont presque tous disparu ou sont en ruines. Les églises abbatiales de Saint-Aubin et de Saint-Nicolas d'Angers, de Saint-Florent et de Saint-Maur, sont surtout à regretter.

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Les successeurs de Mer Angebault ont suivi son exemple. Les Visites pastorales très régulièrement accomplies ont été fréquemment et sont encore pour eux une consolation, un encouragement et pour la religion un véritable. triomphe. 11 m'est impossible d'en entreprendre l'analyse, faute de place. Le récit en est donné dans la Semaine Rélivicuse.

Les Ordinations.

La perte de la plupart des registres de l'Évéché, brülés à la Révolution, nous prive de renseiwnements suivis sur les Ordinations. Elles se faisaient rarement à la cathédrale plus souvent à Saint-Aubin, à Saint-Serge, à Saint-Nicolas, dans les églises des Jacobins ou des Augustins, dans une chapelle de Saint-Michel, située dans les cloîtres du chapitre de St-Laud, ou dans celle du Séminaire, quelquefois même en dchors d'Angers.

— Dodon, évêque d'Anvers (837-880), élève au sacerdoce dans la cathédrale d'Angers Gauzlin, qu'Ursmard, archevêque de Tours, avait élu, comme abbé de Saint-Maur, en 845 (').

— Au mois d'avril 1199, arrivait à Angers l'évêque de Lincoln, saint Hugues d'Avallon pour défendre près de Richard Cœur de Lion les droits de son église. Il fut reçu dans une dépendance de l'Abbaye de Saint-Nicolas. C'est là que les religieux de la Haiïe des Bons- Hommes (dont l’enclos joignait celui de Saint-Nicolas) vinrent prier l'évêque de Lincoln de venir douner des ordres au prieuré à quelques-uns d'entr'eux. L'Ordisation eut lieu dans l'église de la Haie, la veille de la Passion (°).

— Les grands vicaires de M. de Beauveau demandent permission au chapitre de faire tenir des Ordres en l'église par l'évêque d'Orange, 27 février 1449 (?).

— Le samedi des Quatre-Temps de septembre 1467, une nombreuse o7dinalion est faite dans l'église des Frères Prêcheurs ou Jacobins € fer Johannene episcopum Cistrensem, sede vacante » ; elle comprenait 24 tonsurés, 23 acolytes, 50 sous-diacres et 40 prêtres (+).

Le même évêque donne la tonsure au mois de novembre à cinq candidats 2x Æcclesia de Bella Valley (Beauveau) € andewavensis diocesis (°). »

Les 27 et 28 décembre de la même année, l'ordina/ion eut lieu à Saint-Serge: « Ordines generales celebrati per KR. predictum dominum Jo. Episcopum Cistrensem apud « monasterium Sanctorum Servii et Bachi...» 15 tonsurés, 29 acolytes, 44 sous-diacres, et 15 prêtres (‘).

— Les coadjuteurs remplaçaient souvent l'évêque dans cette fonction.

De 1520 à 1534, l’ordination est faite dans l'église des Augustins d'Angers €per Johannem Rouanensen episcopum, de licentia Francisci (de Rohan) archicpiscopi lugdunensis» : en 1589 € per Mathurinum chiscopum Rouanensem, de licentia Johannis (Olivier) hiscopi Andegavensis (°).

— Gabriel Bouvery, évêque d'Angers, abbé de Saint-Nicolas, confère les ordres sacrés dans son abbaye en 1533 ;en 1567, il confie ce coin à l'évêque de Rouanne : la cérémonie

Æistoire de L'église et du diocèse d'Angers, par l'abbé Tresvaux. I, p. 93. La Haie aux Bons- Hommes, par l'abbé Houdebine, 1899, p. 57. Bibliothèque d'Angers. Ms. N° 658, p. 65.

+ Archives de Maïne-et- Loire. Série G, N° 10, p. 6.

Ibidem, p. 46°.

+ Ibidem, p. 50.

- Archives de Maine.et- Leire. Série G, N° 11,

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se passe 2% capella sancti Aichaelis in claustro sancti Laudi ('). L'existence de cet édifice m'était inconnue : il faisait partie d'une maison canoniale. Bruneau de Tartifusne en dit quelques mots (*): « En sortant de la dicte église (de Saint-Laud) on peut voir dans la € maison d'un bénéficier une chapelle toute peinte et enrichie des armes. qui s'en suivent. &au vitrail, qui est derrière l'autel se voyent les armes d'Anjou : au vitrail à gauche de la « chapelle, il y a des blasons, la plupart effacés. »

— Je relève encore une ordination, célébrée à l'abbaye de Saint Nicolas par Gabriel Bouvery en 1567 et deux autres en 1576 et 1580 per Petrum Rouannensem epriscopum in capella sancti Michaelis (?).»

— Le 20 septembre 1586, Nicolas Langelier, évêque de Saint-Brieuc, est prié par l'évêque d'Angers (Guillaume Ruzé) de conférer les ordres dans la ckapclle des Frères Précheurs d'Angers (*).

— Voici comment Gervais Chollet, prêtre, né à Château-Gontier le 9 novembre 1630, raconte dans sa biographie, son élévation aux différents ordres (°) :

À sept ans et quelques jours, le 6 décembre 1646, on me fit prendre /4 /onsure, M. Claude de Rueil (évêque d'Angers) m'ayant trouvé assez capable selon mon âge et initié au latin. L'année suivante, je fus pourvu de la chapelle des Gillettes, que j'échangeui avec M. le Peletier de Grignon, chanoine de Saint-Maurice, pour celles des Filles-Dieu, qui était des gaignages du chœur de la cathédrale : j'en pris possession en 1652. Après mon cours de Philosophie, je partis le 1“ août 1660 pour Rome, où je restai deux ans. Au retour, je repris mes études de Théologie ; je fus fait aco/yte le 3 juin 1662 (sous Mgr Arnauld), — sous-diacre le 23 septembre —. diacre, le 22 décembre 1663, enfin prêtre le 29 mars 1664. Avant de prendre les Ordres, je fus vers la fin de 1662 passer trois mois au Séminaire, qui pour lors était dans le faubourg Saint-Jacques.

Mer Henri Arnauld choisit l'église du chapitre de Saint-Maurille pour y tenir les ordres le 25 mars 1662 (‘). Pendant quatorze ou quinze ans, Gervais Chollet, cité plus haut, assista souvent dans ses fonctions épiscopales ce grand évêque ; il nous apprend comment, à mesure que sa vue baissait, jusqu'au moment où il devint aveugle, dix-huit mois avant sa mort, il lui écrivait en caractères de #/us en plus gros les livres nécessaires pour faire ses offices et les fréquentes ordinations, qu'il tenait régulièrement à tous les Quatre- Temps (’).

Rien de particulier à noter sur les Ordinations, faites par ses successeurs, ici au là, suivant la plus grande commodité de chacun d'eux.

Aujourd'hui, c'est généralement à la cathédrale ou à la chapelle du séminaire qu'ont licu les Ordinations, Mgr Freppel s'imposait les plus grandes fatigues pour exercer son mandat de Député de Brest sans sacrifier ses fonctions épiscopales : l'Ordination de la

. Archives de Maine et Lorre. Série G, N° 11.

. Bibliothèque d'Angers. Ms. N° 871,t. IE, p. 34 et suivantes.

. Archives de Maiuc-et- Loire. Série G, N° 11.

. dbidem.

. Archives de Maine ct: Loire. Série E. N° 2014, p. 1. Mémoires Bibliographiques. . Archives de Maine-ct Loire. Série 6, N° 1109. p. 228.

. Archives de Maine-et-Loire. Série E, N° 2014, p. 27.

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veille de Noël 1891 lui fut fatale : il ne put achever la cérémonie, terrassé par une congestion, à laquelle il succomba quelques heures après.

Les Synodes.

Le Musée Dobrée, à Nantes, possède un Pontifical Angevin aux armes d'Hélie II d'Angoulême, deux fois abbé de Saint-Serge, de 1 387 à 13809 et de 1412 à 1418. Une des miniatures, fol. 17°, représente l'ouverture du Synode. L'Évêque d'Angers, en chape, mitre en tête et la crosse à la main, bénit les prêtres, qui vont y assister ; ceux-ci sont en surplis et portent l'étole au cou ; ils ont en main le € Quaternus Synoda/is », dont il sera mention ci-après,

M' Léopold Delisle écrit dans son compte-rendu du catalogue du Musée Dobrée : € En € fait d'Actes Synodaux, je ne connais rien de comparable à la série des Statuts du diocèse «d'Angers » N° 35 à 52 (‘). Ils avaient été recueillis par M' Grille, à la vente duquel M' Dobrée en fit l'acquisition en 1851 (*) : mais Mer Henri Arnauld les avait publiés en 1680. Ils forment un épais in-quarto de 778 pages, avec un Appendice de 121 pages, imprimés à Angers, chez Olivier Avril.

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