‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 84 sur 212 · BL II · texte numérisé non relu

BL II

PLAN PAR TERRE DE LA SALLE DU TAU OU DES FÊTAGES, ALL'ÉVÊCHÉ D'ANGERS, avec indication des divisions actuelles,

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Œbapitre iii. — Les Maisons Canoniales. 109

ancien, comme en témoignent les dents de scie qui le décorent. — i/aison Saint-Nicolas. Une belle inscription sur pierre d’ardoise, y rappelle son érection par Nicolas René Rousseau de Pantigny, chanoine d'Angers. HANC ET VICINAM - CAPEL LANIÆ Sti - NICOLAI DOMVM - À - FVNDAMENTIS INSTAVRAVIT - AN 1764.

NICOLAVS - RENATVS ROVSSEAV DE PANTIGNY - CANONICVS ECCLESIÆ ANDEGAVENSIS :,

Rue du Volier, 40. Maison de la Tour (aujourd’hui Hôtel Du Bouchet), possède une petite chapelle canoniale, fort curieuse, avec voûte à caissons, comme au temps de la Renaissance. — Impasse des Jacobins, maison canoniale de Saint-Nicolas — (aujourd’hui maison d'habitation des Instituteurs libres qui desservent l’école paroissiale de Saint- Maurice). — Dans la cour, à gauche en entrant, se trouve, sous un parterre, la sépulture de Peltier, l’évêque constitutionnel de Maine-et-Loire, décédé, tout près de là, dans la maison de la Fonte, en 1795. Au bout de l'impasse, maison canoniale de Saint-René. « La Confrérie de Saint-René, à qui appartenait cette habitation, rebâtie somptueusement au XVII° siècle, fut érigée, le 16 novembre 1509. Les bulles coûtèrent à Rome six cents | ducats. Elle réunit en ses beaux temps quinze mille confrères. En 1519, la reine Claude de France, femme de François I“, vint en pèlerinage dans sa chapelle. En 1582, Henri III y commanda une neuvaine. Le souvenir même en était perdu au XVIII: siècle (*).— En face, rue des Jacobins, maison de Saint-Martin ou de la Fonte. — On l’appelait ainsi parce qu’on y fondait les cloches de la cathédrale. L'atelier, où l’on préparait les moules | et où l’on faisait la coulée du bronze, est très intéressant. Il a la forme polygonale et se trouve couvert d’une pyramide avec clocheton à jour, au sommet, pour l’évacuation de la fumée. I1 rappelle les anciennes cuisines des abbayes, des évêchés et des châteaux des XIT° et XITT° siècles. — On coula un canon à la Fonte, en 1592. — La maison fut rebâtie en 1704, puis en 1777. Le Chapitre de Saint-Maurice l’arrentait à viage en s’y réservant toujours le droit d’v fondre ses cloches ().

Rue Saint-Évroult, vicus S" Ebrulfi. — A l’entrée de cette rue, en venant du Château, se trouvait la chapelle-cure de Saint-Évroult, qui était à la nomination de la théologale de Saint-Jacques, et le Chapitre en était le collateur. La paroisse s’étendait dans le vicus et hors de la Cité. Les revenus en étaient si minces qu’on disait de la cure : Cext sous de Perte et bien servie. — Une partie de la nef de l’église existe encore, avec l’abside dont la voûte paraît être du XII° siècle. La clef porte les armes du Chapitre. Le reste de l’édifice est du XVIT° siècle, le tout coupé de murs et de planchers, sert de cuisine et de grenier. — La maison voisine, « vers Sud, » dépendait de la chapelle de Froid-Foyer, et, au XI° siècle, servait de cellier au Ronceray. — La maison de Æ/aute Mule appartenait à l’abbaye de Fontevrault. Elle servait aux jeunes moines de Saint-Jean de l'Habit, qui venaient à Angers pour suivre les cours de l’École épiscopale, et plus tard ceux de l’Université. C’est l’une des maisons les plus curieuses de la Cité. On y admire la jolie porte d’entrée Renaissance, avec, entre deux petites niches qui contenaient autrefois des bustes,

1. Répert. arch. de l'Anjou, 1860, p. 30. — Pibl. m. d'Angers. M°° 666, 1764. 2. Péan de la Tuileric. Descript. de la ville d'Angers. 3. Péan de la Tuil,, op. cit, p. 100-101.

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110 SBonograpbie de la cathédrale v'Angers.

la grande niche encadrée de pilastres et surmontée d’un entablement à médaillons, qui abritait la statue d’une mule, et, au-dessus encore, une autre niche où se trouvait une statue de la Sainte Vierge, sous un fronton à médaillons. — Derrière cette porte, qui a grand air, s'ouvre une cour entourée autrefois sur trois de ses côtés d’un cloître aux arcades sévères. Au fond, précédé d’un péristyle monumental, s’élève le joli logis dont la façade postérieure, remarquable par ses grandes fenêtres et ses lucarnes à meneaux surmontés d’attiques très élégantes, donne sur un jardinet qui domine le rempart gallo-romain et les maisons de la rue Toussaint, qui lui sont adossées. — A l’intérieur, bien des choses curieuses sont à voir : les doubles caves, les beaux appartements du rez-de-chaussée, ceux de l’étage, avec leurs lambris Louis XV et Louis XVI. Malheureusement, bien des choses de valeur ont disparu de la vieille maison, par exemple la chapelle consacrée le 12 juillet 1544 (*). et le beau plafond peint transporté par les Lacombe au château de Louzil, à Bouchemaine. — La Haute Mule a été l’occasion de bien des chicanes entre Messieurs du Chapitre de Saint-Maurice et Madame l’Abbesse de Fontevrault, qui finit par la vendre, en 1553, à Remi Leclerc, seigneur et baron de Sautré et autres lieux. Depuis, elle est passée entre les mains de bien des familles, celles des Goddes de Varenne, des Bruneau, des d’Armaillé, des Moreau, des Fresneau, des de la Perraudière et des Lacombe.— A la maison de Haute Mule attient du côté du château, celle de Saint-Barthélemi ou du Poil rouge. Un joli plafond y montre les armes des Leclerc de Juigné, soutenues par deux sirènes avec listel portant la devise Plus haut que les tempêtes. De charmants encadrements représentent un Sacrifice à Bacchus, et la Cour d’Amphitrite, XVII* siècle (?). — De l’autre côté, la maison canoniale de Sainte-Marguerite « dont la chapelle conserve à son foyer les armes : ducales des Colbert. Cette chapelle, dont la voûte est du XVI° siècle, a été coupée par un mur de l’hôtel voisin, où se rencontrent deux fenêtres à ogives géminées du XIIT° siècle. — Dans cet hôtel, qui fut un instant le logis de la Psallette, et porte la date 1672, un escalier mène au rempart et à un petit pavillon « flanqué de deux pilastres avec galerie simulée et fuselée. »

Rue de la Vieille Chartre. — Maison prope carceres, où logeait l’un des Bedeaux. Tout près se trouvait la vieille prison installée dans les deux tours de la porte qui s’ouvrait dans le rempart de la Cité. Tout récemment, M. le chanoine Pinier a exploré le sous-sol de ces vieilles tours. Une brochure fort intéressante, qui a pour titre l& Vieille Chartre d'Angers, nous donne le résultat de ses découvertes très importantes pour l'Histoire ancienne de notre ville. — Place Saint-Maurice. — La Maison Saint-Maurice portait sur sa façade les armes d’Auger de Brie : « d'argent à 4 faces de. au lyon de gueules sur le tout. » Auger de Brie avait fait construire en ce logis une galerie, peut-être dans le genre de celle de la maison des Bikards, sa voisine

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