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Œbapitre i. — Œonstruttion De la cathédrale. Be.
Quoi qu'il en soit, donnons un instant la parole à Brossier (') : & On trouva (en 1763) en « creusant les fondations du caveau des chanoines, des piliers, qui donnent à penser que « c'était là le bout de l'église avant que le chœur et les deux chapelles des évêques et des « chevaliers, fussent faits ; ils paraissent encore au bout dudit caveau. » Ce sont les deux piliers À et B, découverts en 1902. Voir le plan des fouilles.
Thorode, secrétaire du chapitre et successeur de Brossier, écrit de son côté (°): « L'ancienne église, ruinée de vétusté, lors de la construction de cette nef en 1030 (?), € est sans doute celle, dont on a retrouvé les murs en 1763, lorsque Île chapitre a fait con- € struire sous la nef l’enfeu des chanoines (:). Cet édifice n'avait guère que trente pieds de € largeur et formait un carré long, qui se bornait à l'orzent au même endroit, où je crois « que finissait le bâtiment de 1030, c'est-à-dire au chancel, d'aujourd'hui. On a conservé le € mur qui bornait la dite première église (?) à l’orzent et termine à présent le caveau. Ce « mur et les deux murs côtiers avaient leurs Joints tracés de rates rouges, ce qui dénote « qu'ils étaient entièrement aw-dessus du pavé de l'ancienne église et comme ces murs « sont à xeuf ou dix pieds de profondeur sous le pavage, il s’en suit que le rez de chaussée « de cette église était pour le moins de neuf à dix pieds plus bas que celui de l’église « actuelle. » Plusieurs observations sont ici nécessaires :
1. Thorode parle de la construction de /4 nef en 1030. Il y en eut /ro4s, consacrées en 1030 par Hubert de Vendôme : les deux murs des nefs latérales furent seuls conservés au XII: siècle : ils servent de clôture à la nef unique actuelle.
2. Les murs du caveau moderne n'étant séparés que par une distance de 6",32, ont été construits en dedans des murs côliers, jointés de rouge, mentionnés par Thorode.
3. L'extrémité ortentale seule a été trouvée. Thorode ne parle pas du mur de la façade. J'imagine qu'il est enfoui, un peu au delà de l'escalier du caveau, dans le massif de maçonnerie de plus de deux mètres d'épaisseur, qui sert de clôture à l'enfeu du côté occidental. |
4. Ce que dit Thorode de l'ancien niveau à seuf ou dix pieds en contrebas du pavage actuel est confirmé par une note de M. Grille. Celui-ci parle même de plus de quinze pieds de terre rapportée (‘).
Un pareil exhaussement n’a rien d'extraordinaire. Il a êté constaté dans un grand nombre de cathédrales (Chartres, Orléans, Vannes, etc). M. Henri Brocard écrit dans un Mémoire sur la fondation de la cathédrale de Langres (°): « En 1768, on trouva en creusant les fondations du portail, une borne milliaire restée debout, à sep{ mètres de profondeur. »
Le pavage de la célèbre église de US Martin de Tours fut relevé de deux niètres environ (5). Enfin, l'an 1240 on retrouvait à 22 pieds sous terre les restes de la basilique
1. Bibliothèque d'Angers. Ms. N° 656, t. I. Supplément Notice de la ville & Anvers, par Thorode, publiée par l’abbé Longin, p. 61.
3. Archives de Maine et Loire. Travaux de la cathédrale. Visite du caveau en 1804. Dimensions : 15”,59 de long, — 6",32 de large et 2”,70 sous clef.
4. Bibliothèque d'Angers, Ms. Grille. Carton N° 129. Angers 4.
5. Réunion des Sociétés Savantes des Départements, 1881, p. 146.
6. Dictionnaire géographique et historique du Département Indre et Loire, t. VI, p. 246. La voûte de Saint-Martin (de Tours) avait dans le principe 78 pieds de hauteur, mais depuis l’exhaussement successif du sol, les piliers se trouvaient enterrés de 6 pieds au-dessous du carrelage, ce qui les rendait plus lourds, en diminuant leurs proportions.
6 gponograpbie de la cathédrale D'Angers.
en bois élevée à Tongres par saint Servais (:). Il serait facile d'en citer d’autres exemples. Revenons aux murs côtiers D, E du plan. Thorode en avait aperçu en 1763 le parement intérieur, jointé de rouge; en 1879, j'en examinai la séructure extérieure. I]ls se composent d'assises de tuffeau, hautes de 0",25 à 0",30, séparées par un triple rang de briques, semblables à celles des piles A et B. Longues de 0",35, larges de 0”",225, épaisses de 0",04, ces briques sont séparées par des joints d’excellent mortier de 0",03. On en voit de semblables dans les piles de la croisée à Saint-Martin et à Saint-Serge d'Angers. Il n'est pas téméraire de faire remonter au VII* ou au VIITI° siècle de pareilles constructions.
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