‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les immeublesChapitre 114 sur 359 · Chapitre vi. — Les Œiochers · texte numérisé non relu

Chapitre vi. — Les Œiochers

«le sommet jusqu'à la hauteur de 36 pieds et de lier toutes les pierres avec des liens «et des ancres de fer, vu le danger imminent. Elle a 194 pieds de hauteur. »

Cet architecte proposait de gratter et de piquer à la boucharde tous Les parements vus des pierres de laille de la façade et des clochers.

Le ministère, très mécontent de l'application de ce procédé aux parties hautes de la cathédrale dans tout son pourtour, fit répondre le 6 juin 1829: € Nous sommes d'avis « de défendre de piquer à la boucharde, ragréer ni reblanchir aucun des parements ni des € pierres qui sont bonnes, mais de faire enlever celles qui sont salpêtrées, d’arracher les « morceaux de celles qui sont cassées et de les remplacer par des nouvelles en les € badigeonnant pour raccorder les couleurs ».

On discutait encore sur les projets, les devis et les échafaudages ("), quand tout à coup éclata l'incendie de 1831.

Dans l'intervalle, l’architecte Binet avait remplacé M. François.

Le devis, dressé après la chute de la foudre, comprenait des reprises en contrebas des flèches, la reconstruction de celle du Sud sur une hauteur de 4 mètres, la restauration des balustrades et le rétablissement du dôme. L'’entrepreneur Coudret devint adjudicataire des travaux le 23 avril 1835. À peine eut-on dressé l'échafaudage de la flèche du Sud, qu'on reconnut son état déplorable : l'architecte fut autorisé à la démolir : on y passa les mois de juin, de juillet et d'août. On s'aperçut alors de l'irrégularité des huit pans du socle de la flèche : ils furent rectifiés. Par précaution, un cercle de fer fut noyé dans la maçonnerie avant de remonter la nouvelle flèche, que l'architecte proposa de faire en tout semblable à celle du Nord. Le conseil des bâtiments s'y opposa et exigea la reproduction exacte de celle qui venait d’être démolie « pour que les deux flèches, qui ont la même « forme et presque la même hauteur, puissent cependant changer de caractère et offrir € à l'œil une dissemblance, type du genre gothique ». L'intention était excellente, mais la différence était purement accidentelle. Elle résultait, comme on l'a vu, d'un défaut de construction, réparé par Pierre Louvigné, auquel, il est vrai, on permit de faire la partie supérieure plus ornementée. Mais, avant cette restauration, les flèches étaient semblables.

Le conseil des bâtiments eût bien dû veiller à la reproduction des guerriers en pierre du XVI siècle (placés après 1533) autour des f//eftes et ne pas les laisser remplacer par une copie quelconque des 12 apôtres de l’autre flèche. Il eût fallu rétablir aussi les quatre croix de cuivre doré sur les clochetons d'angle. La pyramide fut allongée de quelques mètres : elle est aujourd'hui de même hauteur que l'autre (°).

Le samedi 28 juin 1838, une croix de fer beaucoup moins grande que l’ancienne fut placée sur la /Zche du midi, entièrement reconstruite, y compris la galerie et la corniche (3). |

Une commission, réunie sur l'initiative de l'architecte, conclut le 2 septembre 1838,

1. Archives de Maine et Loire. Travaux de la cathédrale. — Les uns proposaient un échafaudage suspendu et prenant au travers des baïes de l'étage du beffroi des deux tours pour s'élever jusqu’à la pointe des flèches : les autres s’efforçaient de démontrer la nécessité d’un immense échafaudage, montant du fond. Ces derniers eurent gain de cause.

2. Le dessin de Bodin exécuté avant 1831 accuse encore la différence de hauteur des flèches et la croix à double traverse sur la tour centrale.

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