‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les immeublesChapitre 116 sur 359 · RÉFUTATION D'UNE LÉGENDE · texte numérisé non relu

RÉFUTATION D'UNE LÉGENDE

« Chacune des deux flèches, dit M. Barbier de Montault ('), avait son #om” propre et en « conséquence la statue de son titulaire mise en évidence à la partie supérieure. Ce 4 détail a été négligé naturellement dans la restauration des flèches, quand il était si impor- « tant de le conserver pour attester que réellement la cathédrale n'était pas dédiée

°« exclusivement au chef de la légion thébaine. »

Cette légende, rééditée par M. Denais dans sa Monographie (*), n'a pas d'autre fondement qu'un dessin (des plus fantaisistes) de la façade de Saint-Maurice (Estampes de la Bibliothèque nationale, N° 5). L'auteur de ce dessin a en effet figuré les statues de la Vierge et de saint Maurice dans les deux lucarnes de la façade de chacune des flèches, mais elles n'ont jamais existé que dans son imagination. Peut-être a-t-il voulu ainsi rappeler les noms des titulaires de la cathédrale, par analogie avec les livres liturgiques, qui portaient aux XVII et XVIII" siècles la reproduction des statues d'argent de la Vierge et de saint Maurice, jadis placées sur le maître-autel (*). Grandet, dans sa Votre. Dame Angevine, n'eût pas manqué de signaler ces statues, si elles avaient réellement existé. De plus, au lieu de voir dans les anciens documents les deux flèches désignées ainsi : devers le Palais épiscopal ou devers les Jacobins, on y trouverait au moins wse fois les noms de clocher de la Vierge, clocher de saint Maurice. Je le répète, le dessin de la Bibliothèque nationale n’a aucune valeur archéologique : il ne mérite aucune confiance : c’est une œuvre de fantaisie tout simplement, dont il n'y a pas lieu de tenir compte, pas plus que de la plupart des gravures, exécutées à Paris pour les livres liturgiques du diocèse et dans lesquels la galerie est toujours supprimée, et le premier étage (fenêtre et arcatures) confondu avec le portail et le rez-de-chaussée, qui devient ainsi hors de toute proportion.

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