Monographie, t. III, p
5. Nouvelles Archives de l'Art français, 1878, p. 166. Documents recueillis et annotés par M. Guiffrey.
6. Bibliothèque de l'École des Chartes, 1901, pp. 208, 219 et 221.
90 aonograpbie de la cathédrale d'Angers.
Boissière une confrérie de la Sainte-Croix, dont il se déclara le chef (:); enfin, non content de toutes ces marques de dévotion, il voulut pour assurer à ses successeurs à perpétuité la paisible possession de ce trésor, transférer à Angers l'abbaye de la Boissière sous le nom d'Abbaye de Sainte-Croix d'Angers. Plusieurs pages de son testament (*) sont consacrées à l'exposé de ce projet, qui ne fut pas réalisé.
La Vraie-Croix, transférée dans la nouvelle chapelle du château d'Angers, y resta sur l'autel dans un tabernacle de bois, richement sculpté, placé au-dessous de la c/ef de voûte, dont parle M. Grille et dont je donne une reproduction, jusqu'en 1456, qu’elle fut rendue définitivement aux religieux de la Boissière, qui la gardèrent jusqu'à la Révolution.
On la conserve actuellement aux [ncurables de Baugé.
Ceci posé, l'explication de la sculpture de la clef de voûte ci-dessus donnée et de la croix de fer à double traverse du clocher en charpente, situé entre les deux flèches de pierre de la cathédrale, est facile. C'est un témoignage de vénération, ajouté à tant d'autres, par Louis Ier, pour l’insigne relique, en l'honneur de laquelle il avait fondé l'Ordre de la Croix, dans sa chapelle.
Cet ordre disparut promptement : de même, la confrérie de la Sainte-Croix. De tout cet élan de piété, durant un siècle, il ne resta rien que la Croix de fer à double traverse et le nom de Croix d'Anjou, bientôt transformé en celui de Croix de Lorraine.
Je ne soutiendrai pas que Louis I*r ait donné à la Vraie-Croix de la Boissière le nom de Croix d'Anjou. Il l'appelle dans son inventaire : La Croix double, semblable, en façon et couleur, à la Vraie-Croix, dont il a commencé et pris l'Ordre, » — dans son testament, il déclare que l’abbaye de la Boissière, transportée à Angers, prendra le nom d'Abbaye de Sainte-Croix d'Angers... »
Son fils, Louis II, dans une lettre écrite le 18 juin 1407, au sujet de la confrérie de la Vraie-Croix, n'emploie pas davantage le terme de « Croix d'Anjou (°). >»
C'est seulement dans trois documents du dernier quart du XV® siècle, que je trouve le nom de Croix d'Anjou, formellement appliqué à la croix à double traverse : peut-être était-il d'un usage courant dans le langage ordinaire auparavant ?
Le premier (en septembre 1480) donne quelques détails sur le drap mortuaire, commandé par Jeanne de Laval pour les obsèques du roi René à Aix (*).
€ À Arnoullet, brodeur, quarante-trois florins, quatre gros pour quatre grans escus- € cons faiz aux armes de feu Monseigneur et une Double Croix, mys sur le drap de « parement.
€ À Arnoullet, brodeur, six florins, huit gros, pour le reste de paiement des ITII € escusons et une Croix d'Anjou, qu'il a faiz pour mettre sur le drap de feu « Monseigneur.
Double Croix et Croix d'Anjou, sont évidemment ici un seul et même objet.
Le procès-verbal des funérailles du roi René (26 octobre 1481) me fournit le second (°) :
a is == — — — — — nn ———— — en —__— ————— —
. Mofice historique sur la Vraie Croix de Baugé, par l'abbé Barrau, 1874, p. 68. . En date du 26 septembre 1383.
. Notice historique sur la Vraie Croix de Baugé, par l'abbé Barrau, 1874. p. 69. . Archive- des Bouches-du-Rône. Série B, n° 2510, fol. 66 verso et 77 verso.
. Le Roi René, par Lecoy de la Marche, t. I], p. 389.