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Œbapitre vi. — Les Œiochers. 03
On reprit la tour depuis la naissance des cintres des grandes baïes, qui sont au-dessous du cadran de l'horloge ; les corniches, les trompes et la voûte furent refaites à neuf. Malhéureusement, l'architecte remplaça les anciennes colonnes de la lanterne par de pauvres pilastres ; il ne fit que quatre grandes croisées au lieu de huit, il changea la forme de la coupole et ne rétablit pas les deux galeries à balustres, qui couronnaient la corniche et entouraient la base du lanternon. Au dire de tous ceux qui les avaient vues, elles étaient pourtant d'un très joli eflet. Mais elles n’existaient plus en 183t. Privée de cette riche décoration, l’ancienne coupole devait paraître assez misérable, parce que M. de Montalivet en parlait avec mépris. La nouvelle coupole a coûté 24744 I., d'après un compte arrêté par M. Binet le 20 septembre 1841.
Autrefois les galeries des trois clochers étaient séparées les unes des autres ; M. Binet proposa en 1839 de les réunir par des plafonds en pierre pour établir la communication entre la coupole et les flèches. « Ces passages, disait-il, sont indispensables pour empêcher les sonneurs de détériorer les galeries en passant par-dessus pour aller aux flèches, ce qui en outre peut être dangereux. »
Une belle balustrade découpée à jour régnait au-dessus des statues de saint Maurice et de ses compagnons au niveau du beffroi. Elle fut démolie en 1740 et remplacée par un simple mur de tuffeau gris. M. Binet lui substitua un appui en tuffeau, orné de mesquins pilastres. Il serait utile de le faire disparaître et d'y replacer une belle galerie à jour en pierre dure, comme celle qui y fut mise au XVI° siècle.
On profita de ces travaux pour démolir ce qui restait d'un escalier en pierre. On voit encore sur le flanc de la flèche du Sud une porte, à laquelle aboutissait cet escalier. I] était, dit M. Binet dans un rapport du 4 novembre 1843, de l'effet le plus désagréable en ce qu'il rattachait d'un côté (et sur une certaine hauteur) la flèche et le dôme et détruisait la symétrie. Un escalier en bois (à l'intérieur de la flèche Sud, à partir du niveau de la porte, dont j'ai parlé) permettait de monter à la balustrade extérieure et à l'horloge. À vrai dire, j'imagine que cet escalier, nécessaire depuis la démolition des deux f//ettes des flèches, après l'incendie de 1533, montait jadis jusqu'au niveau de l'horloge. L'orage de 1617 en brisa une partie et au lieu de le restaurer dans toute sa hauteur, on se contenta du moyen terme, existant encore en 1843, c'est-à-dire d'une partie inférieure en pierre dans le même emplacement et donnant accès au-dessus des grosses cloches de la tour du Sud et d'une partie sxpérieure en bois, aménagée dans l'angle de l’intérieur de la flèche, à partir du 2° étage du beffroi.
Aujourd'hui que les cloches placées dans la tour ‘du Sud, sont moins considérables, on a prolongé l'escalier intérieur en bois, jusqu'au niveau du pavage entre la flèche et la tour centrale ; c’est quand même une imprudence, dont je faillis être victime en 1906, parce que la quatrième cloche, quand elle est en branle, s'avance dans l'escalier et m’enleva mon chapeau; sans lui j'avais la tête fendue par le bord de la cloche.
94 gonograpbie de la catbévraie d'Angers.
Le petit clocher du transept ou du Dbaranier (!).
Presque toutes nos cathédrales, celle d'Amiens, de Chartres (*), de Paris (3), de Reims et de Rouen entre autres, avaient un campanile en bois, couvert de plomb et terminé par une flèche aiguë au-dessus de la croisée ou du chœur. Il renfermait une ou plusieurs petites cloches, destinées à des usages particuliers ou bien à donner le signal pour la sonnerie des grosses cloches. La cathédrale d'Angers en avait un du même genre audessus de la croisée. Le maître de l'œuvre, qui construisit de 1230 à 1236 la voûte de la croisée, en avait prévu l'érection, puisqu'il y avait ménagé un oculus, destiné au passage des cloches. |
Ce campanile fut renversé par le vent le 23 juin 1452 (>) et rétabli en 1463 pour 320 livres 10 s. (*).
Le marché de la charpente de ce clocher nous est parvenu ; le voici (°) :
« C'est Le devis du clocher qui doibt être fait sur le milieu de leglise dangiers au lieu de celut qui y souloit estre et sera couvert de plomb, sur lequel devis venerable homme maistre HuGuEs FRESNEAU, chanoine de ladite église ad ce commis de messieurs du chapitre dicelle a composé et faict marché avec PERRINET VERRIER €6/ PIERRE CiLLART, charpentiers, de faire bien honorablement et proftablement la charpenterie dudit clocher en la forme et manière que s'ensuit :
Premier. — Sur la cune, qui est de présent, y aura une plate forme qui sortira de demy pied par dehors de ladite cune tout autour et sur icelle plate forme sera faicte une autre cune de la haulteur de trois près et demy, garnie de clères-voyes el de huit estaches et en chacune desdites estaches y aura une fleur de Lys ou autre ouvraige honnête au plaisir de MLESSELpnEUTS
Îtem és acoudouers qui s'assembleront avec les estaches y aura en chacun acoudouer entre deux fleurs de lis deux archets (‘) ou ce qui sera advisé par ledit maistre Hugues.
1. Îl portait ce nom (dont je donne ici le sens à l’article sur la Sonnerie, t. I1, p. 96), dès le XV* siècle.
2. Description de la Cathédrale de Chartres, par l'abbé Bulteau, 1850, p. 81.
Avant 1793, il existait, sur le faîte du grand comble, deux petits clochers. Le premier était construit au centre du transept, il contenait une grue pour monter les matériaux et une crécelle pour les offices de la Semaine-Sainte. Le second clocher s'élevait au-dessus du lutrin, on l’appelait le clocher des ones ou babillardes, parce qu’on y avait placé les six commandes. C'étaient des clochettes destinées à avertir les sonneurs du moment où ils devaient mettie en branle les grosses cloches durant le service divin. Elles servaient aussi à appeler aux offices les chantres et les enfants de chœur.
Les antiquités de la ville de Paris, par Claude Malingre, 1640, p. 6. Dans le petit clocher, sur la croisée de l’église, sont six petites cloches non compris la cloche de bois, laquelle on ne sonne que depuis l’après dînée du Jeudy Absolu jusques aux matines de la vigile de Pâques.
Le Magasin pittoresque a donné le dessin de l'ancienne flèche de Notre-Dame, d’après un croquis fait par feu M. Garneray. Ce clocher, de la seconde moitié du XI11° siècle, serait un excellent type à reproduire.
3. Histoire d'Anjou, par Barthélemy Roger, p. 347. Bourdigné dit : € Le XXIII° jour de juin y fist si grans ventzet tonnerre que le clocher de plomb de l’église de Sainct-Maurice et celluy de l’abbaye de Sainct-Aulbin tombèrent et dommagèrent fort lesdictes églises. > (Histoire d'Anjou, f° 160", nouv. éd., t. II, p. 201).
4. Notice de la ville d'Angers, par Thorode, avec notes de l'abbé Longin, p. 91. Compte de Fabrique de 1462 et suiv., fol. 14° et 20. Tradidit praesens borsarius ad reedificationem pinnaculi de plumbo nuper in ecclesia edificato 1931.45. — Æ/ fuit inceptum opus in anno 1463 et finitum anno 1464. — Summa totalis misiæ pro diclo pinnaculo, 320 L. 105.