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À Rectorerie de Saint-Maurice, c’est-à-dire la Cure, fut fondée le 10 juillet 1040 (‘). Le maître-autel de la cathédrale cessa d’être paroissial, d'après Rangeard, au XIe siècle. Eusèbe Brunon en transféra le service dans la nef, à Z'autel du Crucifix, consacré en 1051.
La charte, citée par Thorode, nous apprend que Guérin, camérier de cet évêque, en possédait le titre et le bénéfice ; il le céda au trésorier, qui le donna au chapitre, dont les droits, après contestations,
furent solennellement reconnus dans cette charte, l’an 1099 (*). D'où venait le nom d'autel du crucifix ? Probablement d'un crucifix sculpté et posé sur une /rabes, à l'extrémité de la principale des nefs, construites par Hubert de Vendôme. (Voir t. II, le plan de l’empla-
cement des autels, p. 16.)
On lisait autrefois dans le Cartulaire Noir, fol. 41°: Notitia de ÆA/{arr Crucifixi… Odo thesaurarius calumniatus est canonicis altare quod situm est infra chorum et parochiam, ad eumadem Crucifixum pertinentem... Kalendas Julii anno Domini 1099 (3).
Voici comment la paroisse fut donnée au chapitre, d'après le Ms. n. 886, t. I, p. 273, de la bibliothèque d'Angers : € Geoffroy de Mayenne n'estant encore que thrésorier de « l'église d'Angers, avoit donné au chapitre l'hostel (autel) du Crucifx, c'est-à-dire la € paroisse de saint Maurice, qu'il avoit acheté et les paroïssiens, qui en dépendaient, et ce « don fut confirmé par Geoffroy de Tours, lors Evesque, et depuis le dit Geoffroy de « Mayenne estant parvenu à l'évesché confirma d'abondant le don qui l'avoit fait aupara- { vant, mais Eudes ayant succédé au dit Geoffroy en la dignité de trésorier, contesta ce « don, et puis, s'étant départi de sa prétention les chanoïnes lui accordèrent de jouir de la « ditte paroisse pendant qu'il seroit trésorier, à la charge de payer tous les ans sept livres « dix sols aux dits chanoines et une livre de cire à chacun jour de pentecoste et fut con- « venu que Eudes estant promu à une plus grande dignité ou décédant, le bail de la dite € paroisse cesseroit et qu'elle retourneroit au chapitre. Il fut aussi accordé que toutes les « chandelles qui proviendroient du revenu du Crucifix, c'est-à-dire comme je crois qui € seraient mises devant le Crucifix depuis ce jour de la férie d'Angers (feria Andegavensis « Notre-Dame angevine) jusques au Caresme seroient baillées au cellerier pour l'entretien « du luminaire du reffectoir, excepté celles qui seroient nécessaires pour la célébration « des messes. Il fut encore convenu que des doubles (de dupplicibus, dit le titre) que « devoit le trésorier on ferait faire des cierges pour le jour de la Chandeleur, ensuite que « quatre cierges pèseraient une livre, qu’un commis de la part des chanoines verroit faire € et peser, et que les dits chanoines les auroient pendant la grand messe et les présente- € roient à l’offerte après laquelle ils les reprendraient. Il fut ensuite convenu que les
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1. Bibliothèque d'Angers, Ms. n. 892, p. 175"°. 2. Ibidem, Ms. n. 894, p. 26.
3 Notice de la ville d Angers, par Thorode, avec notes de l’abbé Longin, p. 160.
08 gponograpbie De la cathédrale d'Angers.
« prestres que le trésorier introduirait pour chanter, promettraient au doyen et chapitre « qu'ils acquitteroient fidellement de leur charge, qu'ils convieroient les malades qu'ils € visiteroient, de faire du bien au chapitre. Ce que dessus fut fait au chapitre de saint € Maurice le vingt-neuf juin 1099, Indiction sept. Geoffroy Lévesque, Geoffroy doyen, € Guillaume archidiacre, Garnier archidiacre, Guillaume de St-Laud, Guillaume la « Mouche, Guillaume de Chemillé et autres présents.
€ Ce titre nous apprend en quel temps le chapitre a commencé de jouir de la paroisse € de saint Maurice de laquelle, à ce que j'ay ouy dire à M. René Bruneau, bachelier en « théologie et curé d'’icelle il y a plus de 30 ans en 1654, autrefois les chanoines de la € cathédrale faisaient le service et les fonctions alternativement comme curez mais pour « leur décharge ils y ont un vzcaire perpétuel (‘), qui vient encore aujourd’hui en plusieurs € occasions aux chapitres généraux où il est convoqué et appelé le chapelain du Crucifix € et est employé en cette qualité sur les piquets et participe aux distributions et gaignages « de la cathédrale. Je ne sais ce que cet acte veut dire par la férie d'Angers, si il n'entend € le jour de la Nativité de Nostre Dame que l'on apelle assé communément l'Angevine, € parce que les Angevins ont été les premiers à la solenniser. }
Le curé, appelé « Persona Crucifixi beati Mauritiiy en 1271, & vicarius capelle sancti Maurici: > en 1368 (°), et plus souvent £ector capelle curatæe où Capellanus Crucifixt était nommé par le chapitre, révocable pour cause de longue +osenee (5) et soumis à une dépendance complète (*).
Une église voisine et distincte de la cathédrale d'Hubert de Vendôme, et par conséquent antérieure à celle d'aujourd'hui a-t-elle jamais existé ? Oui, car elle est mentionnée dans un acte de 1077 : Actum in capella S. Mauritii, 11 kal. 1077 ().
D'autre part, cette ancienne chapelle ne pouvait être guère antérieure à 1030, si on admet que la cathédrale du VITIe siècle ne s’étendait pas, comme je le crois, au delà de l'alignement de la rue de l'évêché et de la rue Saint-Evroult. Il n’y avait pas alors à l'Ouest du cloître de terrain disponible pour y construire une chapelle.
Peut-être la cave ou crypte (dont j'aurai l’occasion de parler un peu plus loin), faisaitelle partie de cette ancienne église paroissiale et aura-t-elle été respectée, dans celle qui lui a succédé (‘) à moins encore que cet édifice n’ait été la chapelle de Saint-Maurice elle-