Revue de l'Art chrétien, 1905, p
2. Le Palais épiscopal d'Angers, par L. de Farcy et P. Pinier. Fevue d'Anjou, 1895, p. 31.
Œbapitre i. — Œonstruction de la cathédrale. 7
verts en 1902. Les autres substructions appartiennent à deux époques moins anciennes.
Examinons la pile À, large de 1",30 du côté de la nef. Son angle, à gauche, est soigneusement arrondi. Briques et tuffeaux ont été taillés en quart de cercle, comme pour empêcher de se heurter, dans un passage étroit, contre un angle trop vif. Deux ressauts de o",70 amènent au côté de la pile, portant l'arc séparant la nef de la croisée. L'épaisseur de la pile, du côté du chœur, est de 1,35. Même disposition pour la pile B.
La croisée était alors couverte d’un simple plancher, comme à Saint-Serge et à Saint- Martin d'Angers. On a tout Jieu de croire qu’au-dessus des arcs doubleaux, portés par les piliers A, B, U, V s'élevait une maçonnerie, formant une sorte de lanterne, éclairée de deux fenêtres sur chaque face et plus élevée que le reste de l'église.
L'ancienne nef de 10 mètres de large fut conservée provisoirement : toutefois, l'angle extérieur arrond: des piles À et B indique le projet d'établir des nefs latérales pour élargir l'édifice. Elles ne furent construites très probablement qu'au XI° siècle.
Après l'achèvement de la croisée, des transepts et de l’abside, le pavage de l’ancienne nef fut relevé au niveau de celui de la croisée, (soit à 1,20 plus bas que celui d'aujourd'hui) : c'est alors qu’on renversa le mur C sur une partie de sa hauteur.
Détruisons avant de poursuivre, deux légendes.
1. On a prétendu que la cathédrale przm1itive (?) avait occupé l'emplacement de la chapelle curiale, construite vers la fin du XII° siècle et qui remplaçait elle-même une chapelle de Saint-Maurice f/us ancienne. Aucun document ne le prouve.
2. Rangeard est dans l'erreur quand il écrit en 1757 dans l'A/nanach d'Anjou (*) : € On voit encore dans l'angle de la nef et de la chapelle des Évêques (transept nord) des « ruines, qui paraissent d'une chapelle antique : elles donnent lieu de croire que ce fut là € l'ancienne cathédrale... >» Assurément, non: C'était l'officialité &« Auditoria curie nostræ » construite par Guillaume de Beaumont ou l'un de ses successeurs, mentionnée dans le testament de l'évêque Jean de Rély (°) et en grande partie démolie en 1506 par François de Rohan (:).
Citons, à la fin de ce paragraphe une particularité curieuse :
Hiret en 1618 termine ainsi la copie d'un titre relatif à la consécration de l’église abbatiale de Saint-Nicolas d'Angers faite l'an 1020 par l'évêque Hubert de Vendôme (*) : €... Alec autem decreta Robertus atque Lambertus, duo uterinr: fratres atque canonici Sancti Mauricii sculpendo in 1psius Ecclesie pariete, ut diu servata essent, depinxerunt.y Une inscription, gravée sur la muraille de notre cathédrale rappelait donc à la postérité les privilèges de l'église de Saint-Nicolas ().