RECONSTRUCTION VERS LA FIN DU XII° SIÈCLE
La saillie considérable du clocher Nord et du premier gros contrefort de la nef sur le mur extérieur de l'église, dont on arasa les petits contreforts de 1030, rendait au maître de l'œuvre sa tâche assez ingrate. Il se tira fort adroitement de la difficulté en établissant dans cet étroit espace une nef /aférale, divisée en quatre petites travées, sur plan carré ('), dont les voûtes à nervures et à jolies clefs de voûte (°) sont portées sur le mur de l'église et en face sur un léger parpaing, soutenu par deux grands arcs brisés, surbaissés. Une colonne isolée recoit la retombée des arcs et en même temps un pied droit, d'où se détachent les nervures toriques des voûtes d’une assez large nef à trois travées rappelant celles de la chapelle de l'hôpital Saint-Jean d'Angers (*). Des fûts de colonne d’une extraordinaire légèreté aujourd'hui détruits, recevaient les chapiteaux des petites voûtes, suspendus en l'air maintenant, et taillés dans la pierre, qui forme la clef des grands arcs brisés. Dans un rapport à Mgr Angebault du 5 janvier 1850, le chanoine Joubert demandait avec raison leur rétablissement (*).
Ceci fait, l'architecte divisa en trois travées l'espace destiné à la nef de la nouvelle église paroissiale et la termina vers le cloître par un mur droit, percé äe deux fenêtres en plein cintre, détruites aujourd’hui, et au-dessus de la voûte amorti par un pignon, décoré d'une jolie baie pour aérer les charpentes. Chacune des travées était éclairée vers le Sud par des fenêtres géminées, dont le cintre se voit encore dans la muraille, près de la voûte, au-dessus des arceaux, ouverts plus tard pour l'agrandissement de l'église.
Des trois travées de la nef principale, deux existent encore avec leurs nervures toriques et leurs clefs de voûte sculptées ; la 3° a été démolie.