Bulletin monumental de l Anjou, 1860-1862, p. 6o
108 Sonograpbie de la cathédrale d'Angers.
Saint Mathieu. Credo in Spiritum sanctum,
Saint Jacques. Sanctam Ecclesiam, catholicam, Sanctorum communionem, Saint Simon. Remissionem peccatorum,
Saint Thadée. Carnis resurrectionem,
Saint Mathias. Et vitam æternam. Amen.
Ces fresques, de la main ou non du roi René, furent couvertes de badigeon en 1783 par Borani; le grattage (*) opéré sous Mgr Montault les a malheureusement détruites à tout jamais. Je tenais à en conserver le souvenir et à rappeler en même temps que le roi René avait fait peindre sur les murs de la chapelle Saint-Bernardin, aux Cordeliers d'Angers, des anges tenant les instruments de la Passion, avec des phylactères, portant des inscriptions en vers français (*). Il y avait, encore dans la chapelle de Sainte-Anne, d’après l'abbé Baugé, curé de Candé, un beau saint Christophe peint sur le mur en face de l'autel,
Hugues Fresneau, décédé en 1472, fut enterré sous une tombe, joignant l'autel ; je donne son épitaphe (:).
Plusieurs autres personnages ont été inhumés dans cette chapelle: je citerai Yves Ausquier, chanoine, k le 6 septembre 1484 (+). — Viard, 4 en 1488 (5). — Georges Blazet, chanoine, le 9 juin 1498 (°). — Guy Arthaud, archidiacre d’Outre-Loire, # en 1688 (*). — Joachim de Gentian, chanoine honoraire, le 5 janvier 1699 (*). — Jean Courault du Prétiat, chanoine honoraire, 4 le 21 août 1711 (°).
Aujourd'hui il ne reste aucune trace de ces différentes sépultures.
Le chapitre fit fermer le 18 juin 1474 une petite ruelle située entre l'évêché et le pignon Est de la chapelle (°°).
C'est par là que les fidèles accédaient autrefois à une porte ouverte au XII°*siècle sous un des petits contreforts et dans l’axe de la rue Saint-Laud. Rien ne serait plus utile que de la rétablir aujourd'hui : un escalier de quelques marches permettrait d'entrer à l’église sans remonter toute la rue de l’Évêché, pour arriver à la grande porte.
Pendant la restauration du pavage de la chapelle, en 1495 ("), on fixa le long des
1. Ce sujet était fort goûté au XV° siècle ; en voici deux exemples choisis entre beaucoup d’autres :
€ Ung tapiz de haulte lice, du Creco, fait d'ymages d'Appôtres et de prophètes, à or et fil d'Arras, ou quel tappiz est € escript ès rolleaux, que tiennent les diz apôtres {ouf le Credo et propheties ès rolles, que tiennent les dis prophètes » appartenant a Charles le Téméraire. (Les Ducs de Bourgogne, par M. de Laborde. Preuves, t. 1, n. 4301.)
La chape de Pie 11, à Pienza, nous montre entre les scènes de la vie de la Vierge et les Passions des saints les douse Apôtres assis, tenant chacun un phylactère, portant un article du Symbole. (La Broderie du XV° siècle jusqu’à nos jours, par L. de Farcy, planche 45.)
2. Bibliothèque d'Angers. Ms. n° 871, p. 403. — De ces anges peints, il me paraît à propos de rapprocher ceux qui figurent sur une tapisserie du château de Verger, actuellement à la cathédrale d'Angers (t. 111, p. 129).
. Voirlet. Il, p. 240.
. Statuts de PÉglise d'Angers, p. 150.
. Bibliothèque d'Angers, Ms. n° 658, p. 160.
. Ibidem.
. Voirlet. II, p. 223.
. Ibidem, p. 258.
. Bibliothèque de l'Évêché. Crémonial de Lehoreau,t. VI, p. 40.
. Bibliothèque d'Angers. Ms. n° 656. t. I. Anne.
. Fabrique. Compte de 1495. « Pro uno quaterno quarelli pro reparando capellam Beatæ Annæ.}
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Œbapitre viii. — Chapelle Sainte-Anne, aujourd'hui dvu Christ. 109
murs des coffres de bois, pour y conserver certains livres, appartenant au chapitre (*).
Après la conversion en une somme d'argent (375 I.) des fêtages de chaque année par l'évêque, ce fut dans la chapelle Sainte-Anne, que le receveur de la grande bourse distribua leur part aux membres du clergé.
Elle servit aussi du 1% au 16 septembre 1583 aux réunions du concile de Tours, transféré à Angers (°).
Pendant la célèbre mission du Père Honoré de Cannes, capucin, on y fit le catéchisme aux filles (3).
Lorsque les moines de Saint-Aubin venaient à la cathédrale pour la Sainte-Maurille, ils entraient dans la chapelle Sainte-Anne y prendre des chapes, qu'ils avaient eu soin d'y faire apporter. Ils se rangeaient ensuite dans la nef sur une ligne du côté gauche pendant le Preciosa de Primes. Leur chantre entonnait l’antienne Pretiosus Confessor, puis tous ensemble entraient au chœur et y occupaient les stalles du côté gauche, tandis que le clergé de la cathédrale occupait le côté droit. A la fin de la grand’messe, ils quittaient leur chape dans la chapelle Sainte-Anne et revenaient à Saint-Aubin (+).
Le lundi 31 mars 1700, vers six heures du soir, les portes de l’église étant fermées, Mgr Michel le Peletier, précédé de deux acolytes et accompagné de plusieurs ecclésiastiques, porta de son palais dans la chapelle Sainte-Anne les reliques destinées à la consécration des trois autels, qui eut lieu le lendemain (:). Voir tome II, pp. 6 et 26. L'assemblée de la Confrérie des Bourgeois se réunit dans cette chapelle jusqu’au 7 février 1791 ().
Pendant la restauration de la salle du chapitre, en 1766, les chanoines y tinrent leurs séances ordinaires (?).
On imagina le 25 juin 1783, alors que la cathédrale était livrée au badigeonneur Borani, d'enlever du transept Sud les armoiries, peintes sur bois, des Chevaliers du Croissant et de les ajuster tant bien que mal dans la chapelle Sainte-Anne (‘), au grand mécontentement des membres de la Noblesse, qui, le 20 mars 1789, portèrent leurs réclamations à MM'S du Chapitre. Ceux-ci s'empressèrent d'y faire droit : les blasons, restaurés, furent remis à leur ancienne place (°).
Enfin, arriva la Révolution : le 19 mai 1791, pendant qu'on vendait les autels, les bancs, les stalles et autres objets appartenant à l’église paroissiale de Saint-Maurice,
1. Fabrique. Inventaire de 1505. « Libri existentes in capella Beatæ Annæ in quoddam pulpito ab utroque latere. » — Voirlet. III, p. 277.
2. Bibliothèque de l'Évêché. Cérémonsal de Lehoreau, t. 1, p. 557. Le 4 septembre 1583, se fit une procession générale aux Cordeliers, sous la présidence de Simon de Maille, archevêque de Tours, Nicolas Langlois, évêque de Saint- Brieuc, Aimar Hennequin, évêque de Rennes, Charles de Lescoüet, évêque de Quimper, Louis de la Haye, évêque de Vannes et Guillaume Ruzé, évêque d'Angers, celui-ci portant la vraie croix de saint Laud, y assistèrent.