Ibidem. Conclusions capitulaires de 1786 à 1790, p
110 onograpbie De la cathédrale d'Angers.
M. Bretaut, procureur de la fabrique, fit transporter dans la chapelle Sainte-Anne un caionard de fer à quatre pieds, où étaient 16 sacs de titres et de papiers, sur lequel le district apposa les scellés ('). L’autel fut démoli et la chapelle dévastée.
Les vitres furent réparées en 1806, mais on ne rendit la chapelle au culte qu'en 1821. Jusque-là elle servit de dépôt pour le catafalque et divers autres objets mobiliers (°).
Une circonstance imprévue en causa la restauration.
Mgr Montault n'ayant pu obtenir du gouvernement l'approbation du plan d’un autel, destiné au transept Sud et comprenant dans sa décoration un grand Christ en zinc, coulé d'après un modèle du sculpteur David et deux statues en pierre du même artiste, fit déposer ces objets d'art sous un hangar, bâti tout exprès dans la cour de l'Évêché. Peu de temps après, il se décida à les placer dans l’ancienne chapelle Sainte-Anne, après l'avoir fait restaurer, Dieu sait de quelle manière.
Murs et voûtes. jadis décorés de peintures, furent grattés et enduits. Ce qui pouvait rester des vitraux fut enlevé : les fenêtres, tout en verre blanc, donnèrent une telle clarté, qu'on fut obligé d'y adapter des tringles de fer pour y suspendre des rideaux de ccton rouce. Au milieu d'un pavage en pierre blanche et noire s'épanouit une mirifique rose des vents, en marbre de couleur. La porte d'entrée reçut alors une grille de fer, d’un dessin pseudo-gothique, ornée de colonnettes munies de leur base et de leur chapiteau, rosettes, fleurs de lis, emblèmes dans le tympan, du prix de 1623 livres. Un lambris vulgaire en chêne à moulures classiques, maïs peint en acajou avec plinthe couleur de #arbre, ta pissa toute la partie inférieure et servit de prétexte pour mutiler les moulures prismatiques des colonnes et le glacis des fenêtres. Enfin, tout au fond, après avoir bouché la fenêtre et enduit le mur, on dressa la croix de chêne pour supporter le Christ, peint couleur de arbre blanc, comme les deux statues de la Vierge et de saint Jean. Tout cet ensemble repose sur un autel en marbre noir et blanc, accompagné de deux piédestaux, ornés de maigres moulures comme un comptoir de magasin. Ajoutez à cela un tabernacle, des gradins, une sainte table en fer, et le ciel très orageux avec paysage, peint par Tonnens. Si vous examinez ce triste travail, vous aurez peine à croire que cette lamentable restauration coûta 6700 fr, à Mor Montault.
En 1839, M. le chanoine Maussion fit ériger un monument de marbre noir à la mémoire de son oncle. Voir tome II, p. 185. On le plaça d’abord au fond de la chapelle, en face de l'autel, puis en 1850 contre les deux fenêtres, où il se trouve encore.
L'année 1905 vit l'architecte de l’État entreprendre une seconde restauration plus judicieuse. Au feu l'ignoble boiserie acajou, c'est tout ce qu’elle méritait. Avec quel soin minutieux furent réparés les glacis des fenêtres, les moulures et les bases des meneaux; on ne peut qu'applaudir à ce travail. L’enduit du côté de la cathédrale a été renouvelé. Pendant cette opération, on mit à nu les vestiges des contreforts du XIE: siècle, arasés au moment de la construction de la chapelle, et deux pierres sculptées grossièrement et provenant d’un édifice antérieur. On put constater aussi que les bases des colonnes disposées
I. Archives de Maine et Loire. Vente publique des meubles de la Psallette et de l’église paroissiale, le 19 mai 1791- 2. Registre de la Fabrique. En 1806, on fit une clef pour la chapelle Sainte-Anne, pour l'usage du suisse, qui y 4 SOn vestiaire.