‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les immeublesChapitre 162 sur 359 · RE RE EE EE ORNE · texte numérisé non relu

RE RE EE EE ORNE

‘INCERTITUDE règne dans l'esprit des anciens auteurs sur l’origine et la date de la chapelle Saint-Jean, située le long de la nef à l'angle du cloître : elle existe encure.

Brossier avoue son ignorance à ce sujet (‘).

D'après Grandet « Ce petit édifice fut bâti sous Louis XI (1461- € 1483) par l'architecte de la chapelle de Notre-Dame de Béhuard ». Voilà encore une assertion inexacte,

Sa construction est assurément antérieure au règne de Louis XI : en effet, en 1437 les premiers volumes, formant le noyau de la bibliothèque du chapitre étaient conservés dans la chapelle Saint-/ean, en attendant l'achèvement du local, destiné à les recevoir définitivement. (Voir volume III, p. 267). Depuis combien d'années ? nous n’en savons rien.

Cette chapelle remonte plutôt aux dernières années du XIV® siècle et dut être commencée de 1386 à 1390. Jean Haucepié, trésorier de l’Église, déclare formellement dans son testament du 3 avril 1386 vouloir être enterré dans la chapelle, qu'il a le projet de faire construire, avec l'assentiment du chapitre (*). Ce ne peut être que celle-là.

Elle comprend deux travées, voûtées à nervures saillantes. Une des clefs de voûte porte les armes de Chateaubriand (:), l'autre une rosace de feuillages. On dut faire disparaître les petits contreforts du XI£ siècle pour la régularité de la chapelle, mais leur partie supérieure fut épargnée : on l’aperçoit encore entre la voûte et la toiture.

Deux éperons, surmontés jadis de pinacles, s’appuyent sur les murs. Une assez large fenêtre à meneaux, sur le vitrail de laquelle se voyait un ecclésiastique, que ses armoiries (d'argent, à la bande d'azur, chargée de trois merlettes d'or) désignent comme étant Jean du Mesnil, chanoine nommé le 20 mars 1500 à la prébende de Beauveau, éclairait la travée voisine de l'autel, tandis qu'on ne voyait dans l’autre qu'une petite ouverture carrée, s’il faut s’en rapporter au dessin tracé par Ballain en 1718. On y entrait par une porte, ouvrant dans la nef, masquée aujourd'hui par le banc d'œuvre. M. Denais affirme que son entrée principale était dans le cloître (+). Je ne puis l'admettre. En effet, s’il y avait

1. Revue d'Anjou, 1855, t. II, p. 254. — La cathédrale d'Angers, par Brossier.

2. Archives de Maine et Loire. Série G. n° 341. Testament du 3 avril 1386.

Eligo sepulturam meam in capella, quam de novo ordinavi construi, prout domini mei de capitulo mihi concesserunt..…. Item volo, dispono, ordino et propono capellam meam /ore construendam et edifiicandam prout domini nostri decanus et capitulum mihi concesserunt.

3. Faut-il en conclure ou même supposer que cette chapelle fut construite aux frais de François de Chateaubriand, doyen de Saint-Maurice en 1516, + en 153:, uniquement à cause de cela ? Je ne le crois pas. Jean de Chateaubriand, reçu chanoine le 15 mars 1531 (Vol. II, p. 248), peut avoir eu un grand-oncle du même nom, vivant vers 1400, qui aurait fait sculpter ses armes sur la clef de voûte. En outre, le fondateur de la chapelle a pu avoir des obligations particulières à un Chateaubriand et mettre ses armes à la clef de voûte, comme Hugues Fresneau mit à celle de la chapelle Sainte-Anne, les armes de Hardouin de Bueil, son bienfaiteur et son évêque.

114 gBonograpbie de la cathédrale d'Angers.

eu une entrée du côté du cloître, Mgr Le Peletier n'aurait pas demandé au chapitre le 14 mars 1704 d'ouvrir à ses frais une porte pour entrer plus commodément dans la S/ace de messieurs, c'est-à-dire dans le banc du chapitre, quand il assistait au sermon ; tout d'abord le chapitre le laissa faire, mais, préoccupé de /a sûreté de l'église, il la fit condamner le 13 janvier 1713 (*). C'est sans doute, celle d'à présent, qu'on a ouverte de nouveau au XVIIIe siècle pour le logement du suisse, après avoir muré celle de la nef.

Le pavage de la chapelle fut réparé en 1500, comme en témoigne le passage suivant d'un compte de 1499 à 1500 (°) : € pro quinque dietis ad removendum ligna et lapides de € capella B. Joannis, in claustris, juxta portam Capellæ Militum (transept sud) et repara- € tione pavimenti dictæ capellæ, XI s. VIII d. »

.€ Il y a dans cette chapelle, dit Grandet (:), d'excellents tableaux de Poussin (?) € apportés d'Italie, par Jean de la Barre, trésorier, dont l’un représente un CAris{ portant € sa croix, avec la sainte Vierge et saint Jean. Le Christ a été biffé et ratissé à coups de € couteau par un curieux à qui on ne voulut pas le vendre. Il en avait offert vainement « mille florins et une copie (*). L'autre représente un Saint Maur présentant Jean de la € Barre à Jésus-Christ (:). Ce dernier y a été mis depuis peu et était (auparavant) à celui « des autels de la chapelle des Évêques le plus proche du chœur. Voir t. II, p. 24. Le « chiffre 1636, qui est au-dessus de l'autel y a été mis, quand elle fut blanchie et mise à € parpaing. }

Lorsque en 1770 (*), le chapitre remplaça le grand bedeau par un suisse (cette mode s'introduisait dans les grandes églises), il décida de convertir la chapelle Saint-Jean en habitation pour ce nouvel employé. La belle fenêtre gothique fut supprimée : on établit un plancher coupant en deux la hauteur de l'édifice, non sans mutiler les nervures des voûtes et les culs de lampe des retombées, puis on ouvrit quatre vulgaires fenêtres, deux au rez-de-chaussée et deux au premier étage. Actuellement, le vestiaire des enfants de chœur occupe la partie inférieure ; en dessus, se trouve la salle du chapitre.

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