Bibliothèque d'Angers, Ms. n° 894. t. VI, p
8. En pavant la salle le 6 juin 1766, on trouva deux grandes pierres de rairie et en dessous quelques ossements. Sur l’une des tombes étaient écrits ces mots : € Hic jacet Mathæus de Villa Avis, quondam Andegavensis thesaurarius cujus anima requiescat in pace. > Il vivait en 1255.
122 gBonographie de la cathédrale d'Angers.
d'un simple plancher, recouvert de nattes ('); en 1766 seulement la salle fut pavée en pierre de rairie et badigeonnée (°).
Un compte du 14 juillet 1473 nous apprend que les battants de la porte coûtèrent 5 livres, 5 sols (*). Le mobilier de la salle du chapitre étant décrit dans le VolumelIIl, P. 316, je n'y reviendrai pas.
Dans une délibération de l’année 1572, le fabriqueur est chargé de faire arracher le lierre, qui ombrageait une des fenêtres (*): c’est que celle-ci, comme celles de la sacristie avaient jour dans le jardin de la maison canoniale de Saint-Jacques, séparée du côté de l’est du cimetière de Saint-Maurice (°) par le mur de Îa cité, démoli en 1791.
Brossier, secrétaire du chapitre, écrit en 1766 : « Le lieu, où se tient le chapitre, était autrefois une czapelle ; on ignore le temps, où elle a été bâtie. > Cette hypothèse ne me semble pas plus justifiée que celle, dont j'ai signalé l’inanité à la page 7.
La salle du chapitre était une dépendance nécessaire de la cathédrale et n’a jamais servi à une autre destination : voici les circonstances de sa disparition.
Le 21 mars 1791 (*), la suppression de l’église paroissiale de Sainte-Croix, située au chevet de la cathédrale, ayant été démandée à la Municipalité pour ouvrir une rue d'accès à Saint-Maurice, les travaux commencèrent le 28 avril. On dut renverser le mur de la Cité, joignant l'extrémité de la sacristie. Aussitôt l'abbé de Radix, sacriste du ci-devant chapitre et gardien des ornements et vases sacrés de la cathédrale et de ceux de Saint- Aubin déposés dans la salle du chapitre, avertit le Directoire du danger auquel ces objets sont exposés par suite de la suppression du mur de la Cité. Il obtient de faire coucher chez lui (dans la maison du sacriste) deux hommes aux frais de la Municipalité pour veiller sur le trésor et la sacristie.
Les démolisseurs poursuivent leur œuvre. Le 6 août 1791 (*) «les marguilliers de la { paroisse Saint-Maurice exposent que la démolition des maisons voisines de l'église « (celle du sacriste et de Saint-Jacques) ont mis à découvert les deux endroits (Sacristie « et Salle du Chapitre) où sont renfermés les vases sacrés, ornements et effets les plus { précieux, que cette démolition a occasionné des déchirements dans les murs extérieurs « du Chapitre... et demandent à la Municipalité de faire réparer les fractures et enlever « les décombres, qui sont au bas des fenêtres et pourraient faciliter aux gens mal inten- € tionnés de s'’introduire dans l’église... » Réclamation vaine. Le 14 avril 1792 (°), un arrêté du Département autorise, la démolition de la Salle du Chapitre ou Chartrier.
Était-il utile de la renverser et de faire table rase des Cloitres et toutes les autres dépendances de Féglise? Assurément non. Si la rue nouvelle avait eu du côté de la cathédrale le même alignement que de l’autre côté, j'entends jusqu'à l'entrée de la place EE —
1. Compte de 1463. € Cuidam rafeur gallicé, qui natavit Capitulum, summam XXX 5.» ….
2. Bibliothèque d'Angers, Ms. n° 656, t. I, du Supplément, p. 79. Le chapitre sera carrelé en pierres de rairie. On ôtera le plancher qui y est ; après quoi, on le fera blanchir..16 mai 1766.