LES CLOITRES
Le mot « cloaistre » est souvent employé dans les actes anciens, comme synonyme de Cité. Ainsi, dans la lettre de François Î autorisant les chanoines d'Angers à fermer la Cité pendant la nuit (:), je lis : « Les chanoines ont de toute ancienneté demeuré autour « d'icelle église, où ils ont leurs maisons en façon de c/oatstre... et encore sont les portaulx € dudit coaïstre en nature, et ne fault que les portes, lesquelles par démolition et discon- € tinuation de les fermer, sont tombées et ruynées et n’y en a plus : dont plusieurs grands € inconvénients sont advenus et insolences ont été faictes és personnes des dits suppliants € et autres habitants dudit cloarstre, que l'on appelle, la Cité... » |
Je lis dans le récit de l’envahissement de la Cité par les Huguenots, en 1562 : « Civita- € dem seu claustrum Mauricianum, deinde ecclesiam invaserunt... (+) >
Dans ce chapitre, je m'en tiendrai au sens ordinaire et restreint du mot C/oître (galerie à jour portée par des piliers).
Le chapitre d'Angers eut de tout temps des Cloîtres : Claustra el ædes canonicorum, sub nostræ potestatis dominatione viventium }, dit l'évêque Raïnon, qui vivait en 892 (°). Je rappellerai toutefois que la cour actuelle du cloître a été relevée de 3"80 : les premiers Cloîtres devaient être sensiblement au niveau de l'église du VIII siècle, dont on a retrouvé les murs en 1763, c'est-à-dire, près de quatre mètres plus bas qu'aujourd'hui.
En l'an 954, écrit Louvet (*), Rainon (lisez Renaud IT), qui n'était pas encore évêque, fit bâtir les Coffres joignant « l'église saint Maurice d'Angers et des maisons pour le € chapitre, comme appert en un livre escript à la main au chapitre de l'église d'Angers. » Ce manuscrit n'existe plus ; impossible donc de le consulter. En tout cas, la reconstruction de la cathédrale par Hubert de Vendôme (beaucoup plus large que la précédente église) entraîna la démolition des anciens Cloîtres et leur réfection au XIe siècle. Nous les voyons profanés en 1116 par un meurtre (’): « Contigit anno ab incarnatione Domini MCX VI € ut Salomon, filius Salomonis, propter mortem Hervæi Rotundelli consanguinei sui, dolore
1. Délibération de la Fabrique. 7 octobre 1805. Cette maison marchandée à l'entrepreneur le 27 septembre 1804 coûta 3,330 francs.
2. Cette porte ne fut pas ouverte en 1860. Les chanoines en firent percer une autre au travers du tombeau de Jean Dumas, dont il fallut déplacer le sarcophage. A cette occasion, une nouvelle épitaphe sur marbre noir servit de seuil à la nouvelle porte. Voir t. II, p. 197.
3. Archives de la Mairie d'Angers. Série BB. N° 17, fol. 150.
4. Archives de Maine et Loire. Série G, N° 916, p. 155*° an. 1562. Délibération du chapitre de Saint-Laud.
S. Privilèges, t. I, p. 97.