Voirt. III, p. 3 et
224 SBonograpbie De la cathédrale d'Angers.
« celle des cheveux et des vêtements de la sainte Vierge. On les porta toutes trois à la € sacristie, puis quelque temps après dans la salle du chapitre (‘).
€ L'autel de saint René fut détruit SANS ÉPARGNER LES BAS RELIEFS SCULPTÉS DU € RETABLE (°).
« Le samedi 10 janvier 1699, on descendit la châsse de saiñt Maurille : on eut beau- € coup de peine à la faire entrer dans la sacristie à cause de son extrême hauteur, à rai- € son de son soubassement, qui l’élevait d'aumoins 2 pieds et demi, qu’on coupa quelque « temps après (3).
€ La translation de la châsse entratna le changement de la Custode, qui etait attachée € à une POTENCE DE VERMEIL TRÈS PRÉCIEUSE ({). Mor Lepeletier lui substitua une crosse € de cuivre argentée, terminée en corne d'abondance, d'où pendait la suspension du S. Sa- «€ crement }.
Déplorable vandalisme, que Lehoreau excuse charitablement en écrivant, que l'évêque voulut ainsi donner lieu aux ouvriers d'Angers de travatller au grand autel... n'était-ce pas plutôt pour se procurer des ressources ?
« Le samedi on descendit la Prandelle et ses lamperons d'argent, \e TOUT FUT VENDU (:): € la tombe de bronze de Guillaume de Beaumont est enlevée du chœur, replacée le € 6 mars suivant } et LIVRÉE AU FONDEUR en 1748 sous prétexte que par son relief elle incommodait dans le chœur (°).
« Le lundi 12 janvier 1699 on ouvrit le tombeau de Nicolas Gellent, dont la plaque de « cuivre gravé fut replacée le 3 mars suivant dans le chœur» pour ÊTRE VENDUE elle aussi à son tour (?).
« Le mercredi 14 janvier 1699, on descendit le petit buffet d'orgue ; on démolit aussi « les deux autels, placés sous le jubé. Tous les susdits jours on travailla à démolir le « grand autel et le 14 janvier, on combla de vidanges la fosse qui se trouvait en dessous. « Celle-ci avait été faite à cause de l'humidité, car il y avait autrefois deux piscines, dont € l'eau tombait dans la dite fosse sous le grand autel.
« Le jeudi 15 janvier, on ôta le petit jubé de l'orgue, où chantaient les musiciens aux « grandes fêtes, et aussi la lanterne, où étaient les soufflets, qui était en bois très bien « travaillé.
€ On défit à plusieurs fois le jubé: on acheva de le démolir le vendredi 16 de ce € mois». QUE DEVINRENT LE GRAND CRUCIFIX D'ARGENT ET LES SIX STATUES DE BOIS SCULPTÉ ET DORÉ DU JUBÉ ? On le devine. L'un fut vendu et les autres mises au rebut.
« Le samedi 17 janvier on défit le trône épiscopal ; on commence à dessassembler les € chaises du chœur (°). | . Voirt. [1I, p. 173, 176 et 179.
. Voirt. II, p. 18.
. Voirt. III, p. 169.
. Voirt. III, p. 211.
. Voirt. III, p. 300.
. Voirt. II, p. 148.
. Voirt. [I, p. 153.
. Voirt. II, plan du chœur mis à la Romaine.
ON Ou À CG D 4
Dévastations. 225
« Le lundi 19, on ôte l'autel de la sainte Vierge, (dont la statue en bosse et la niche « sont un peu plus tard transportées dans la chapelle de Job,) ainsi que la châsse de bois « et la balustrade, placées sur la fosse de Louis I...
«€ Le même jour on démolit l'autel de marbre qui touchait le reliquaire : il était très € petit mais d'un travail exquis. Mer Lepeletier se servit de partie du marbre de cet € autel pour bâtir celui de Notre Dame >. ET LES BAS-RELIEFS EN MARBRE BLANC ? jetés à la voirie, parce qu'ils étaient gothiques (:).
€ Le mardi 20 janvier, on démolit le lieu où était l’urne de Cana. CETTE FENÊTRE € ÉTAIT RICHE EN ARCHITECTURE, AYANT AU MOINS VINGT PIEDS DE HAUT D. Destruction absolument inutile : il semble qu'à cette époque, on éprouvait une jouissance, quand on brisait des sculptures gothiques. Ce monument, orné sans doute d’un grand pignon, plaqué le long du mur, autour de l’enfoncement destiné à contenir l’urne de Cana, avait été élevé aux frais du roi René et ne gênait en aucune façon le chapitre pour l’aménagement du nouveau chœur... n'importe, il fut sacrifié.
« Le vendredi 23 janvier on transporta le baptistère, donné par le roi René avec la cruche « de Cana le 19 septembre 1450 >». C'est alors que DISPARUT LE SOUBASSEMENT, ORNÉ DE QUATRE FEUILLES SCULPTÉES DANS LE MARBRE (‘). pour être remplacé par la base en marbre, si grossièrement taillée, que nous voyons encore aujourd'hui. Quelle triste amélioration !
« Le mardi 26 janvier on démolit le tombeau de Raoul de Machecoul. Son tombeau € consistait en une dalle de pierre sur laquelle était gravée la figure d'un évêque. On ne € jugea pas à propos de la conserver.
« Le jeudi 29 janvier, on démolit le tombeau de Foulques de Mathefelon, qu'on réta- « blit le jeudi 30 septembre 1700 derrière les stalles de l’autre côté du chœur ».
Une remarque s'impose ici : sous le tombeau de Foulques de Mathefelon (:), on ne trouva qu'un roc très dur, sans aucune apparence de fosse. Il en fut de même pour Raoul de Machecoul (+). Où reposent leurs ossements ? peut-être les découvrira-t-on un jour ou l'autre. On peut supposer, que leurs tombeaux ont été placés le long du mur du chœur pour ne pas gêner la circulation en avant du grand autel ancien.
« Le mardi 10 février 1699, on démolit l'escalier de pierre, qui conduisait de l'église € en la grande salle > pour le reconstruire de telle sorte qu'il avance beaucoup moins dans l'église. € Autrefois, il joignait le tombeau de Mgr Claude de Rueil et la tombe de « Mgr Henri Arnaud, qui présentement en est éloignée de plusieurs pieds ».
« Le jeudi 12 février, on commença les fondements du fer à cheval, sur lequel est « posée la grille devant le grand autel. Mgr l'Évêque en mit la première pierre en com- € mençant proche l'autel de saint Nicolas, en la chapelle des Évêques ; il n’y a point « d'inscription sur cette pierre, qu'il posa sans aucune cérémonie.
« Le samedi 14 février 1699 on commença les fondations de l'autel de marbre, proche « le dégré de l'Évêché (:).
i, Voir Monografie, t. 11, p. 10.