‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les immeublesChapitre 31 sur 359 · Archives d'Anjou, par Marchegcay, t. II, p · texte numérisé non relu

Archives d'Anjou, par Marchegcay, t. II, p

Carta de Fortelicia Andegavis. — De emenda ef satisfactione damfnorum et deperditorum a rege francorum ïn œdificatione castelli murorum el fossatorurm.

Carta episcopi andegavensis, decanique et capituli beati Mauricit. — Guillelmus Dei gratia Andegavensis episcopus, decanus totunique capitulum beati Maurici Andegavensis, omnibus ad quos littere iste pervenerint, salutem in Domino. — Noveritis quod, cum K'arissimus dominus noster Ludovicus, illustris rex Francorum, propier deffensionem et clausuram Andegavis, fecisset dirui duas ecclesias ad nos pertinentes et quasdam domos capellanorum et clericorum nostrorum nec non et quorumdam laicorum in quibus census annuos habetamus ; ef nos, propier hec et propter lapides et calcem et mullam aliam materiam ad opus fabrice nostre ecclesie prebaratam, quam ménistri domini regis ad refectionem murorum civilalis Andegavis ceperant, supplicaremus dicto domino regi nostro et K'arissime domine nostre B. illustri regine Francorum, matris 1psius, qualinus super lantis dampnis, que estimabamus a@ valorem mille quingentarum librarum et amplius, nobis et ecclesie nostre satisfacere dignarentur : ipsi tandem, aû emendationem predictorum, nnningintas libras obtulerunt. Licet autem summa ista longe insufficiens esset ad predicta dampna congrue restauranda, nos tamen, ob reverentiam el amorem predicti domini regis ef domine regine matris ejus, voluntati ifsorum adquievimus humiliter et benigne : suscipientes in nobis honus satisfaciendi nec non omnibus personis ad ecclestam nostram spectanlibus..… ita tamen quod non teneremur ad restaurandas predictas duas ecclesias.… Aclum anno gratie MCCXXXII, in festo beati Maurilit.

Je trouve dans le manuscrit N° 1384 de la bibliothèque de Carpentras la copie des quittances, données au roi par les chapitres et les abbayes ou couvents, dont une partie des terrains ou des maisons avaient été pris pour construire l'enceinte et creuser les fossés. Le chapitre de Saint-Laud reçut 20 livres et cent soixante sols. — Celui de Saint- Martin, 40 livres. — L'abbaye de Saint- Aubin, 600 livres. — Le prieur de Saint-Gilles du Verger, 2olivres. — Le prieur et les frères de Saint-Jean l’évangeliste, 60 livres. — L'abbaye du Ronceray, 5soo livres. — Les Religieuses de Hanelou, 100 livres. — L'abbaye de Toussaint, 50 livres. — L'abbé de Saint-Georges en Loire, 60 sols. — L'abbaye de Saint- Serge, 150 livres.

2. Bib. de l'Évêché. Cérémonial de Lehoreau, t. 1, p. 571. € Le lieu où l’on bâtit la chapelle des évêques (transept «€ nord) était autrefois une basse cour autrement un herbergement de l'Évêché. Guillaume de Beaumont donna cette « partie de son palais épiscopal pour la bâtir. > Voici la transaction, tirée du Cartulaire du Chapitre :

Guillelmus, Dei gratia Andegavensis episcopus, omnibus ad quos presens scriptum pervenerit ælernam in Deo salutem. Noverttis nos consensu capituli Andegavensis dedisse et concessisse ad opus fabrice Andegavensis ecclesie tanium de herbergamento episcopatus, quod protenditur versus dictum herbergamentum in eadem longitudine et latitudine quanta est aliud membrum quod protenditur versus dormitorium, ila tamen quod fabrica ecclesiæ tencbitur facere nobis scalam ctintroitum sufficientem ad palalium nostrum et retinere et fulsire domos qu@ în herbergamento nostro, salvo opere Dredicte ecclesie, sine dirupiione poterunt remanere et quo salvo opere retineri poterunt commode et fulsiri… Anno domini 1230:

28 onograpbie De la cathédrale D'Angers.

(bien qu'ils fussent encore en très bon état) en 1506 par l’évêque François de Rohan (:).

Après le déblaiement du terrain, on put élever les murs et les piliers du transept nord. La diflérence de niveau de la corniche à modillons au-dessus du tombeau de Jean de Rély, indique bien le mur provisoire, élevé avant le commencement des travaux. Il en est de même dans l'autre transept.

Quant à l'escalier, pris dans la masse du dernier pilier de la nef pour monter des galeries à la charpente, il fut emporté presque en entier. En faisant le parement ouest du transept, on s'aperçut que la cage de cet escalier s'avançait encore plus dans le vide que celle de l’autre transept, il fallut le supprimer. À peine en reste-t-il aujourd’hui quelques marches à sa partie supérieure au-dessus de la voñle ; il est assez curieux qu'on les ait laissées en place.

Dans la prévision de l'architecte, les bâtiments de l'évêché devaient s'élever en appentis jusqu'un bas des fenêtres du côté est (°), aussi construisit-il toute cette partie de l'édifice et la moitié de la hauteur des contreforts en schiste grossier et non en pierres appareillées. Semblable économie se remarque dans les couloirs de circulation, ménagés autour des piliers pour passer d’une galerie à l’autre.

Guidé par l'expérience, le maître de l'œuvre perfectionna le tracé de la rosace. Il donna moins de longueur aux rayons des arcatures et les étrésillonna par une série de quatrefeuilles soigneusement appareillés. Violet-le-Duc explique fort bien que les colonnettes formant rayons, quand elles sont très longues, sont une cause de dislocation dans le réseau et comment lés architectes arrivèrent au tracé, dont je viens de parler, pour les roses d'un très grand diamètre (:). Le pignon de ce transept ne pouvant guère être vu, est percé d’une seule baie fort simple, pour aérer la charpente. Un escalier, pris dans l'épaisseur du rampant, suit la pente de la toiture et permet de passer d'une galerie à l'autre.

Les trois voûtes couvrant la croisée et les transepts sont très surélevées à leur clef, suivant le système de l'architecture Plantagenet : Au-dessus se dresse un combie (‘) formant avec celui de la nef (prolongé) et celui de la partie antérieure du chœur une croix, au centre de laquelle fut élevé le campanile, dont j'ai déjà parlé. Là se trouvait

1. Archives de Maine et Loire. Série G. N° 264. Déclaration faite par le chapitre contre François de Rohan, le 11 juillet 1533. Art. 18. //em et pour monter en la grant salle du dit palais lorsque le dit de Rohan fut evesque, y avait une eschalle de pierre, que le dit de Rohan a fait abattre et auprès et joignant le corps de maïson par lui commencé(loficialité) il a fait commencer ung escallier, qui est hors de terre de vingt ung pieds ou environ, lequel est besoing de paracher four monter ès grans chambres hautes estant sur la salle du palaïs.

Il avait aussi démoli la porterie : Art. 8. {em sur la porte duquel pallais y avait ung logis où il y avait de belles chambres pour loger le portier, que Le dit de Rohan a fait démolir ensemble ung escalier de pierre qui était au bout d'iceluy qu'il na fait reddifier ni reffaire. Art. 10. Llem sera prouvé que les dits éscalier, portail et chambres tels qu'ils étaient n'étaient subjects à ruyne et démolition, ains eussent encore duré voyre deux cens ans, tellement qu'il n'était nécessaire ny utile de les abattre, aïns a été une démolition volontaire et faite à plaisir par le dit Rohan.

2. L'une d’elles fut même obstruée jusqu’au commencement du XVI: siècle sur une hauteur d'environ deux mètres par une construction : il est facile de s’en rendre compte par l’examen du vitrail et aussi par les traces laissées sur les murs par les soliveaux et les toitures. Quand on démolit, il y a vingt ans environ, les masures accolées aux murs, on découvrit des restes de frises ornementales et d'appareil peints au XIV* siècle, aujourd’hui disparus et qui témoignent de l’âge vénérable de ces bâtiments, affectés au logement personnel de l’évêque et de ses gens.

Page 1