‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les immeublesChapitre 38 sur 359 · NN TR TN TN TN TN IN NI · texte numérisé non relu

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1E Parvis (‘), vulgairement le Placitre, était jadis un cimetière, au RS | milieu duquel s'élevait une croix de pierre, la croix de Simple (°), construite sans doute au XITI® siècle, par Garin de Simple (:).

Pierre Dudouet, bourgeois d'Angers, obtint du chapitre, le 16 novembre 1437, la permission de la reconstruire, d'y joindre une chaire à prêcher et de préparer sa tombe tout à côté, à la condition qu'elle ne dépassât pas le niveau du pavé (‘). Après sa mort, survenue en 1440, les enfants de chœur auxquels il avait légué 6 sols de rente, chantaient chaque année, le jour des Morts, un Sxbvenite sur sa tombe (5). |

L'aspect de la place, à part la croix de pierre et la chaire, était alors sensiblement le même qu'aujourd'hui. Le chanoine Guillaume Fournier la transforma complètement. Il donna, le 27 novembre 1467, deux cents écus d'or pour construire un parvis de pierre avec des Sièges lout autour, à la condition d'être enterré près de la croix. Une des extrémités de sa tombe devait être sous la chaire à prêcher, l'autre portée sur deux piliers (f). Ce projet n'eut pas l'agrément du chapitre et Guillaume Fournier prit un autre parti le 29 novembre 1467 (’).

Contre le mur d'enceinte et le portail du parvis, face à la porte de la cathédrale, il fit construire un édicule appelé du temps de Lehoreau «/a chapelle du placitre > (dont Bruneau de Tartifume nous a fort heureusement laissé le dessin), comprenant une chaire

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1. Voir dans le Dictionnaire raisonné d'architecture, par Viollet-le-Duc, t. VII, p. 50 et suivantes, un article intéressant sur les Parvis.

2. Simplé est une petite commune de la Mayenne, autrefois de l’Anjou. En 1226, l’évêque et le chapitre d'Angers cédèrent à l’abbaye de la Roë plusieurs églises, celle de Simplé en particulier. — Archives de la Mayenne, série H, n° 164, fol. 235.

3. Bibliothèque d'Angers. Ms. n° 653, p. 332. Le doyen Henri le Baacle, visitant les maisons canoniales en 1279, cite celle du chanoine Garin de Simplé.

4. Notice de la ville d'Angers, par Thorode, réimprimée avec notes de M. l’abbé Longin, p. 104. Concessum fuit Petro Dudoet, burgensi andegavensi, quod ipse possit reedificare unam pulchram et notabilem crucem, cum notabili Crucifixo, loco ubi est Crux de Simplé, seu alibi, ante ecclesiam, ubi advisabitur per capitulum, se adjuvando de lapidibus, qui sunt de præsenti et edificari facere unam pulchram et notabilem cathedram de lapidibus duris ad predicandum ante dictam ecclesiam, et quod possit ante dictam crucem sine elevatione inhumari.. Registre commencé en 1427, p. 66, détruit aujourd’hui. Thorode et M. Port après lui, attribuant à Pierre Dudouet la construction d’une chapelle, se trompent l’un et l’autre.

5. Bibliothèque d'Angers. Ms. n° 656, t. I. Parvis et Ms. n° 658, p. 33.

6. Cérémonial de Lehoreau, \iv. IV, p. 256. « Le manuscrit du chapitre met cette construction au 27 novembre 1467 : il en est de même du Ms. n° 669, p. 37 de la Bibliothèque d'Angers, mais Thorode cite la conclusion, comme étant du 27 novembre 1467 : € Venerabilis et circumspectus Guillelmus Fournier. exposuit quod ipse dat dictæ ecclesiæ summam ducentorum scutorum auri, pro constructione unius parvimenti, gallice parvis, in conspectu dictæ ecclesiæ, prout per dominos de capitulo advisabitur, fiendum. Hoc medio petens, ut, juxta crucem, quæ in medio dicti #arvimenti apponetur, sit ejus sepultura. Una pars sepulturæ erit subtus cathedram ibidem existentem et a parte anteriori sustinebitur altera pars dictæ tumbæ cum duabus pilis lapideis.. Vofice de La ville d'Angers, p. 105.

7. D'après une conclusion du 29 novembre 1467, Guillaume Fournier fit bâtir la chapelle et le parvis et donna 20 sols de rente pour un Sybvenite, à chanter au retour de la procession du jour des morts.

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à prêcher et un caveau pour sa sépulture. Ces travaux, exécutés en 1469, furent complétés par un pavage et des bancs en pierre dure, maçonnés en 1481 ('). :

Dans l'intervalle, le dimanche d’après le 25 octobre 1473, le chapitre fit réconcilier le parvis, profané par des laïques € x{ de cetero decentius et reverentius CHAAUUEIM TE: etiam forsan quod multi hujus ecclesie in eodem inhumari ordinabunt (°). Outre qu'il servait de cimetière, un marché s'y tenait tous les samedis: les officiers de la ville ayant voulu l'empêcher en 1473 (:), le chapitre l’y maintint maloré eux.

&« Messire Guillaume Fournier fut enterré entre deux voultes de la chapelle du Placitre, qu'il fit faire autrefois, le 29 octobre 1490 (‘).

Le dessin du parvis de Sainte-Radegonde, de Poitiers, contemporain du nôtre, reproduit par Viollet-le-Duc (‘), permet de se faire une idée de l’ensemble. Quant à la Chapelle du Placitre, c'était plutôt une chaire à prescher couverte ». Michel Déan nomme ainsi cet édicule dans son testament du 1°" janvier 1494 (°).

Elle était ouverte du côté de la cathédrale seulement et fermée des trois autres par des murs, ornés de fresques, représentant les scènes de la Passion, attribuées sans grande vraisemblance au roi René (7). On y voyait encore, en 1623, un crucifiement au fond, les armoiries de Guillaume Fournier et quelques inscriptions à demi effacées (°).

Le fondateur s'était proposé de faire prêcher la Passion au peuple par un des Religieux Jacobins d'Angers. On lit à ce sujet dans l’obituaire de leur couvent (°): S'en suzt que cellut le queul prechera pour la Passion le vendredy benoit, davant saint Maurice dangers dira au peuple qu'il leur plaise en l'onneur et révérence de la benoite Passion représentée aujourd'hut dire un pater noster et ave maria pour lame d'un nostre bienfaicteur, de ses parents et amys trespassés, qui a donné à nostre couvent vingt sols de rente par chacun an, et quant y sera mort veult que soyt nommé maistre Guillaume, jadis pénitencier de saint Morice d'Angiers. »

Le 16 octobre 1501, Marin le Poitevin, prêtre, demeurant à Contigné, fut dégradé dans le placitre de Saint-Maurice pour crime de sorcellerie ("°).

Nous voyons la chapelle du placitre figurer dans le marché passé le 1° août 159% entre le chapitre et un couvreur, nommé Claude Penault (‘).

Louvet rapporte dans son /ourna/ que le dimanche de Pâques, 21 mars 1598, Henry LV,

1. Cérémonial de Lehoreau, \iv. IV, p. 256. Il mentionne les sièges en pierre tout autour. Je lis dans un compre És fabrique de 1481, dont les premières lignes ont été coupées, que le 26 mars Suart, maçon, reçut cinquante écus d'or du chapitre € /am in muris, quam sedibus ac etiam pro carelando.… >

2. Notice de la ville d'Angers, par Thorode, réimpression, p. 106.

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